Commission d’enquête : l’instauration du passe vaccinal ne repose sur aucun critère scientifique

Commission d’enquête : l’instauration du passe vaccinal ne repose sur aucun critère scientifique


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Bienvenue en France, le pays où on vote des lois et on y réfléchit après ! A la demande de Bruno Retailleau – le roi des tweetos – la commission de affaires sociales organise une mission d’information «Adéquation du passe vaccinal évolution de l’épidémie de covid-19 ». La présidente a beau se défendre de vouloir simplement vérifier l’utilité de cet outil sans refaire le débat sur la loi, toutes les questions posées auraient dû avoir trouvé une réponse au moment du vote (surtout la question principale : pourquoi on vote). Et oui, les parlementaires ne peuvent pas obéir aveuglément et être cohérents à la fois, et ça ne sert à rien de faire semblant.  

Mercredi 2 février était auditionnés Jérôme Salomon, Jérôme Marchand-Arvier et Pr Jean-François Delfraissy. Jeudi 3 février, c’était au tour du Pr Arnaud Fonatanet, de M. Simon Cauchemez et Mme Vittoria Colliza

Pourquoi le passe vaccinal a-t-il été instauré ?

Les parlementaires commencent par interroger Messieurs Jérôme Salomon et Jérôme Marchand-Arvier afin de savoir à quel moment la décision de changer le passe sanitaire en passe vaccinal a été prise et sur quelle base.

S’en suit un entretien contradictoire, ou aucun critère clair n’a pu être dégagé de cet échange, peut-être mis à part l’obsession de la vaccination.

En effet, la mise en place du passe dépend alternativement du nombre de vaccinés, du nombres de patients occupant les lits de réanimation, du nombre de contaminations – sans qu’aucun seuil ne soit évoqué – ou des mesures sanitaires pratiquées par nos voisins européens.

Le directeur général de la santé et le directeur général adjoint de l’AP-HP rappellent un fort taux d’incidence de l’épidémie – 560 000 cas ont été recensés lundi dernier – mais se félicitent également de l’effet incitatif du passe sanitaire, puis vaccinal, à la vaccination.  Suite à l’annonce présidentielle de cet été, 3,8 millions de personnes ont réalisé leur primo vaccination, et aujourd’hui dans le cadre du vote de la loi instaurant le passe vaccinal, il y a 500 000 nouvelles primovaccinations.

Et comme le passe vaccinal a créé une efficacité d’amblée et que ces mesures sont possibles à mettre en œuvre on peut maintenant les lever (logique)  « C’est précisément parce que le législateur a voté le passe vaccinal que cela permet au gouvernement, vu du contexte épidémique qui s’améliore doucement, de reconsidérer une partie des mesures de contrainte (jauges, télétravail, se nourrir dans le train, l’accès aux boites de nuits) – parce qu’il y a eu l’entrée en vigueur de ce passe, on peut lever ces premières mesures ».

Le Sénateur René-Paul Savary demande à quelle date le gouvernement a reçu les données produites par l’institut Pasteur pour appuyeur sa décision.  Jérôme Marchand-Arvier répond qu’il communique avec l’institut tous les lundis. Problème, cependant, le premier Ministre a présenté le projet du passe vaccinal le 17 décembre, le projet de loi a été déposé le 27 décembre, et aucune modélisation n’a été mise en ligne entre le mois d’octobre et le mois de décembre. Le gouvernement aurait-il émis un projet de loi sans étude d’impact ?

Jérôme Marchand-Arvier défend qu’il y avait une modélisation dans l’avis du conseil scientifique du 8 décembre dernier, mais les projections ne sont les pas le seuls éléments dans la prise de décision de toute façon, les autres contraintes sanitaires prises par les pays européens sont également un facteur.

En parlant des décisions de nos voisins, la Sénatrice Michèle Meunier  s’interroge sur la levée du passe sanitaire au Danemark ou au Royaume-Uni, est-il utile de garder le nôtre dans ce contexte ?

Jérôme Salomon lui répond « c’est étrange de raisonner comme ça » concernant le benchmark international, l’Europe est touchée par le variant Omicron de façon asynchrone. Les vagues précédentes se propageaient d’est en ouest, avec Omicron c’est plutôt ouest-est. Quelqu’un pourrait-il envoyer une carte à M. Salomon pour qu’il situe l’Espagne et le Danemark ?

Ce qui est sûr c’est que Jérôme Salomon, en plus de ne pas être très doué en géographie, se sert de l’Union européenne quand ça l’arrange (à l’instar de ses amis de la majorité).

Aucun critère pour le mettre en place, aucun critère pour l’enlever

Les sénateurs comprennent bien que le passe vaccinal ne s’est pas décidé sur un critère sanitaire particulier, mais plus sur l’envie de rendre la vaccination obligatoire tout en se déchargeant de son contrôle sur les citoyens eux-mêmes. A défaut de ne pas avoir imposé des seuils pour instaurer le passe, peut-être pourrait-on y réfléchir pour le lever ?

Jérôme Salomon prévient tout de suite, il envisagerait d’arrêter ce dispositif lorsque la pression hospitalière sera redescendue, tout en veillant à sa réversibilité en cas de nécessité.

Les deux intervenants n’ont pas d’idée précise sur les différents plateaux de saturation du nombre de personnes vaccinées, du taux de circulation du virus ou de la situation hospitalière.

Le directeur général de la santé  précise « plus la couverture vaccinale est haute, mieux c’est. Le niveau de couverture vaccinale est lié à l’épidémicité du virus – si on compare à la rougeole, le R est très élevé, donc la couverture vaccinale doit être maximale, vu qu’Omicron est très contagieux, c’est la même stratégie ».

Le professeur Delfraissy quant à lui ne peut pas répondre sur le critère déterminant pour lever le passe vaccinal. La situation hospitalière serait sans doute « le nerf de la guerre » et l’on devrait prendre en compte l’occupation des lits en soins intensifs et en réanimation, l’évolution des hospitalisations classiques, le nombre de contaminations, les déprogrammations d’interventions (même s’il avoue ne pas savoir comment les chiffrer exactement – intéressant à l’heure où l’on rend les non vaccinés responsables d’un fait qu’on n’arrive pas à quantifier ) et aussi, l’acceptabilité de toutes ces mesures par la population.

Les gens acceptent, mais jusqu’à quand ? (les bonnes questions arrivent toujours en fin d’entretien)

Les modélisations sur l'efficacité du passe sont contre-productives

Assez naïvement, on pourrait espérer que les modélisations épidémiques issues de l’institut pasteur et de l’INSERM viennent à l’appui de l’inefficacité de la mise en place du passe sanitaire/vaccinal et à faire émerger des indicateurs encourageants qui prouveraient l’inutilité des mesures.

Mais quand on voit les outils dont ils se servent – c’est plus qu’inquiétant – on peut abandonner l’idée.

Il y a tout d’abord l’étude Comcor, lancée en octobre 2020. A l’automne, les modélisations ont indiqué une reprise de la circulation du virus. L’étude a révélé une augmentation des risques de contamination dans les bars, dans les trains et dans les boîtes de nuits, mais pas dans les restaurants.  Cette « donnée scientifique » se détermine de la manière suivante : on recense les personnes qui sont déclarées positives au Covid dans SIDEP, elles reçoivent un mail d’invitation à participer à une étude afin de connaitre les lieux qu’elles ont fréquenté dans  les 10 derniers jours et on compare leur réponse avec celles d’un groupe témoin choisi par IPSOS pour vérifier s’il y a  des lieux plus fréquentés par les personnes infectées …

M.Fontanet n’a pas connaissance d’une autre méthode pour s’assurer de l’efficacité d’un passe et c’est d’ailleurs cet outil qui sera utilisé pour mesurer le bienfondé du passe vaccinal …

Simon Cauchemez explique lui qu’il est dans l’incapacité de déterminer la sortie du passe vaccinal. Au printemps 2021, il avait essayé de fixer le niveau de couverture vaccinale suffisant pour tout « relâcher » et atteindre un seuil maximal de 1000 hospitalisations quotidienne pour covid.  Il faudrait certainement faire « tourner ce modèle » pour voir si l’on doit encore vacciner des non-vaccinés …

Un sous-variant d’Omicron vient d’être détecté, plus contagieux, le délire continue.

Le passe vaccinal n’a rien de scientifique, nous vous avions prévenu.


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