Il existe une illusion tenace dans nos démocraties fatiguées : celle que le fanatisme serait l'apanage des fous ou des ignorants. Pourtant, si l'on se penche sur les travaux d'Arie Kruglanski et les modèles de personnalité contemporains, on découvre une réalité bien plus chirurgicale. Les leaders populistes ne sont pas simplement des tribuns ; ce sont des ingénieurs de la "Signifiance". Ils ne cherchent pas à convaincre des esprits, ils cherchent à remplir des vides.

Voici comment ces maîtres de la psychologie politique repèrent leurs fans et, surtout, comment ils les verrouillent dans une loyauté que la raison ne peut plus atteindre (rappelons ici que le principe du libertarisme est d'appeler chacun à combler son propre vide sans compter sur un leader "vertical" pour le faire à sa place).

Le "Radar" à partisans : repérer la faille
Pour comprendre comment un leader populiste identifie son public, il faut oublier le CV pour regarder le tempérament. Kruglanski nous explique que le moteur n'est pas l'idéologie, mais la quête de signifiance. Les leaders populistes possèdent un radar instinctif pour détecter une configuration psychologique précise, que les psychologues traduisent souvent par des scores spécifiques dans le modèle OCEAN.

Leur cible idéale présente un profil de "vrai croyant" :


