Comment les USA auraient pu ne jamais exister  – et demeurer anglais – par Nicolas Bonnal

Comment les USA auraient pu ne jamais exister – et demeurer anglais – par Nicolas Bonnal


Partager cet article

Aujourd'hui, Nicolas Bonnal nous rappelle que "l'histoire virtuelle" est un genre utile. Que se serait-il passé sans la Guerre d'Indépendance américaine? Son point de vue est engagé et entier: le monde aurait pu se passer des Etats-Unis. Cela fera sans doute réagir. Mais le discous sur "la nation indispensable", que tiennent volontiers les leaders américains, ne produit-il pas, inévitablement, le discours inverse?

Un article d’Adam Gopnik dans The New Yorker avait mis en rage en 2017 les énergumènes de Prisonplanet.com. Il ne faisait pourtant que reprendre à sa manière gauchiste les arguments des libertariens et de quelques traditionalistes sur une question importante : l’existence-même des USA, pays qui tyrannise et menace la planète par sa technologie, son dollar et ses armées toujours en guerre.

Nous aurions pu être le Canada. We could have been Canada.

Le monde sans les Etats-Unis

On n’avait donc pas besoin de faire une guerre d’indépendance cruelle et dangereuse contre l’Angleterre. L’Amérique aurait été moins peuplée, serait restée un dominion tranquille comme le Canada et l’Australie, et l’Angleterre aurait continué de trôner pragmatiquement sur le monde. L’Allemagne n’aurait bien sûr pas osé la défier, et nous n’aurions pas connu les horreurs mondiales de nos guerres germano-britanniques.

Gopnik ajoute qu’on aurait aboli l’esclavage sans passer par cette folle et sanglante guerre de Sécession. C’est une évidence : l’Angleterre a aboli pacifiquement dans la foulée de sa révolution industrielle l’esclavage dans toutes ses colonies. Je pense aussi qu’il y aurait eu une immigration anglo-irlandaise dans ce grand pays, et cela aurait été mieux. Je suis arrivé à cette conclusion en lisant Poe, Melville, Kipling, Grant, Stoddard, Ross et quelques dizaines d’autres.

L’Amérique du Nord sans Lincoln

Thomas di Lorenzo dans son livre sur Lincoln a révélé le personnage que c’était. Un radical, un whig, comme ceux qui voulaient la révolution de 1776 aux relents Illuminati. J’ai souligné dans un texte précédent que Lincoln dénonce d’un côté la barbarie de la populace américaine (crimes racistes, lynchages, pendaisons ; comparez au Canada) et cette adoration de la loi qui confine aujourd’hui au totalitarisme, avec 42 % de la population carcérale mondiale.

La nation indispensable de Biden-Obama (qui vient de palper 3.2 millions pour pérorer en jet sur l’effet de serre) n’aurait pas détruit ou défiguré la moitié du monde et l’Asie, et n’aurait pas hypocritement géré la question noire après l’esclavage (un million de jeunes noirs tués en trente ans là-bas), n’aurait pas détruit la culture européenne et même mondiale par sa sous-culture déracinée. Elle ne serait pas en train de nous préparer à une guerre d’extermination contre la Russie pour satisfaire son ego.

Une Louisiane française, une Caligornie espagnole, un Alaska russe?

Oui, je pense aussi que l’on pouvait se passer de l’Amérique et que la France aurait pu garder la Louisiane, l’Espagne la Californie et la Russie l’Alaska. La destruction de la planète par l’Américanisme depuis deux-cent-quarante ans maintenant est certainement la plus grande catastrophe eschatologique de l’histoire du monde. Ajoutez que si nous n’avions pas aidé cette anti-nation à chasser les gentlemen Anglais, nous n’aurions pas connu la révolution et son cortège de catastrophes. Il est vrai qu’il y en a que cela motive. Je n’ai jamais pu supporter La Fayette.

Sources :

« We could have been Canada » – The New Yorker – 15 mai 2017

Samuel Johnson – The patriot (1774)

Nicolas Bonnal – La culture comme arme de destruction massive (Amazon_Kindle)

https://www.newyorker.com/magazine/2017/05/15/we-could-have-been-canada


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Origines de l'Homme : le mythe du berceau unique africain s'effondre, par Elise Rochefort

Origines de l'Homme : le mythe du berceau unique africain s'effondre, par Elise Rochefort

Oubliez tout ce que vous pensiez savoir sur l'arbre généalogique de l'humanité. Vous vous souvenez de cette image scolaire, presque rassurante, d'une petite population d'ancêtres en Afrique de l'Est qui, un beau jour, décide de conquérir le monde? Eh bien, ce récit linéaire et "propre" est en train de voler en éclats sous le poids de données génétiques et de fossiles que personne n'attendait. On nous a longtemps vendu le modèle "Out of Africa" comme une vérité absolue. Mais les recherches publi


Rédaction

Rédaction

Bac 2026 : l'orthographe redevient obligatoire… après avoir été sacrifiée

Bac 2026 : l'orthographe redevient obligatoire… après avoir été sacrifiée

Dans sa circulaire de rentrée publiée le 7 mai 2026 au Bulletin officiel, le ministre Édouard Geffray place « le langage et le raisonnement scientifique » au cœur de la mission des enseignants. Fini les « textes à trous » en primaire : place au geste scripteur et aux phrases complètes. Au baccalauréat, la qualité rédactionnelle sera scrutée dans toutes les épreuves, y compris scientifiques. « Les élèves qui rendent des copies mal rédigées ne peuvent pas avoir le bac. Ce serait leur mentir sur le


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

L'humeur de Veerle Daens - la baudruche Lisnard se dégonfle face à la Sécu

L'humeur de Veerle Daens - la baudruche Lisnard se dégonfle face à la Sécu

Ah, Lisnard, ce libéral en campagne qui, il y a encore quelques semaines, tonnait contre le « système de mabouls » de la Sécu, promettant de démanteler la bureaucratie sanitaire et de rendre aux Français la propriété de leur revenu — et donc de leur santé. On se souvient de ses déclarations du 5 mai 2026 : « Quand un pays est surendetté et surfiscalisé, c’est qu’on paye plus d’impôts qu’ailleurs, qu’on a plus de dettes qu’ailleurs et déjà plus de dépenses publiques qu’ailleurs ». Un discours ca


CDS

CDS

Une épidémie d'hantavirus est-elle nécessaire au développement de son vaccin ?

Une épidémie d'hantavirus est-elle nécessaire au développement de son vaccin ?

En mai 2026, l'éclosion de hantavirus à bord du navire MV Hondius a jeté une lumière crue sur un système de financement vaccinal paradoxal : celui-ci ne se déverrouille vraiment qu'une fois l'épidémie "réalisée". Cette chronique explore un dilemme rarement formulé explicitement dans le débat public, mais qui structure silencieusement nos choix collectifs en matière de santé mondiale. Le virus Andes pose un défi classique pour l'industrie biotechnologique : maladie rare, haute létalité (30-40 %)


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe