Une rumeur récurrente prétend que ce serait Ehud Barak, alors patron du MOSSAD, qui aurait recruté et formé Jeffrey Epstein, ce qui n'est ni prouvé ni évident. En revanche, la proximité récente entre Epstein et Barak est détaillée ici par Elise Rochefort, et jusque dans des détails troublants...

L'ouverture monumentale des archives du Département de la Justice des États-Unis, orchestrée entre décembre 2025 et février 2026 en application de la loi sur la transparence des dossiers Epstein (Epstein Files Transparency Act), a jeté une lumière crue sur les arcanes de la diplomatie parallèle et de la finance stratégique mondiale.


Au cœur de cette déclassification massive, qui totalise plus de trois millions de pages de documents, de courriels, de photographies et d'enregistrements audio, la figure de l'ancien Premier ministre et ministre de la Défense israélien Ehud Barak occupe une place singulière. L'analyse de ces dossiers révèle une relation dont la profondeur et la fréquence dépassent largement les cadres diplomatiques conventionnels, s'inscrivant dans une synergie d'intérêts financiers, technologiques et géopolitiques qui a persisté bien au-delà de la condamnation pénale initiale de Jeffrey Epstein en 2008.

Genèse et structure temporelle d'une association stratégique
L'ancrage historique de la relation entre Ehud Barak et Jeffrey Epstein remonterait à l'année 2003, une période où Barak, après avoir quitté ses fonctions de chef de gouvernement, cherchait à consolider son influence dans les sphères privées internationales. Selon les témoignages de Barak lui-même (ce qui souligne la fragilité de cette version, car les relations entre les deux hommes pourraient être bien plus anciennes), la rencontre initiale a été facilitée par Shimon Peres, alors figure centrale de la diplomatie israélienne, lors d'un événement rassemblant des dignitaires américains. Cette introduction, effectuée sous les auspices d'un homme d'État respecté, a servi de socle de légitimité à une association qui allait se densifier de manière spectaculaire au cours de la décennie suivante.

Les documents déclassifiés en 2026 montrent en tout cas que la fréquence des interactions s'est considérablement accrue à partir de 2013, coïncidant avec la fin du mandat de Barak en tant que ministre de la Défense d'Israël. Alors que les premières estimations faisaient état d'une trentaine de rencontres, les analyses récentes des agendas privés d'Epstein et des registres de communication révèlent plus de soixante instances de rencontres face à face entre septembre 2010 et mars 2019. Cette récurrence, atteignant parfois un rythme mensuel, suggère une coordination quasi permanente sur des dossiers de haute importance.

Cartographie des interactions documentées
L'examen des dossiers permet d'établir une chronologie précise des échanges, mettant en évidence la diversité géographique et thématique des rencontres. Les lieux de rendez-vous principaux incluaient les résidences d'Epstein à Manhattan et à Palm Beach, mais s'étendaient également à des cadres plus confidentiels comme l'île privée de Little St. James dans les îles Vierges américaines ou des appartements à Paris et Boston.
L'analyse de cette chronologie indique que Barak a maintenu un contact étroit avec Epstein même pendant les périodes les plus critiques de la carrière de ce dernier, intégrant le financier dans son réseau de conseillers les plus intimes. Cette persistance, malgré le statut de délinquant sexuel enregistré d'Epstein, constitue l'un des points de friction majeurs soulevés par les commissions d'enquête et l'opinion publique en 2026.

Logistique résidentielle et arrangements confidentiels à Manhattan
Un aspect particulièrement détaillé dans les dossiers déclassifiés du Département de la Justice concerne l'utilisation régulière par Ehud Barak des infrastructures résidentielles appartenant à Jeffrey Epstein à New York. Contrairement à une simple relation de courtoisie, les preuves documentaires révèlent un arrangement quasi permanent permettant à Barak et à son épouse d'occuper les propriétés d'Epstein lors de leurs déplacements fréquents aux États-Unis.

L'appartement du 301 East 66th Street
L'épicentre de cette coopération logistique se situait dans un immeuble appartenant à Epstein à Manhattan. Les courriels échangés entre Nili Priel, l'épouse de Barak, et le personnel d'Epstein illustrent une familiarité déconcertante avec les lieux. En mai 2017, une correspondance montre Nili Priel informant Epstein que le couple quitterait temporairement l'appartement pour se rendre à l'Université de Harvard, tout en demandant que le service de nettoyage soit organisé pendant leur absence.

Les détails techniques révèlent également une attention particulière portée au confort de l'ancien Premier ministre. L'assistante personnelle d'Epstein, Lesley Groff, était chargée de coordonner les arrangements pratiques, allant du remplacement d'un boîtier de câble par un système Apple TV jusqu'à la gestion des plans de voyage détaillés. Ces services de conciergerie de luxe suggèrent qu'Epstein agissait non seulement comme un partenaire financier, mais aussi comme un facilitateur logistique essentiel pour les opérations de Barak sur le sol américain.

La visibilité publique et les dispositifs de sécurité
Malgré ces arrangements discrets, certaines visites ont filtré dans la presse avant même la déclassification totale des dossiers. En 2016, Barak a été photographié par le Daily Mail entrant dans le manoir d'Epstein à New York, le visage partiellement dissimulé par un bonnet de fourrure volumineux. Dans les dossiers de 2026, l'analyse de ces photographies est complétée par des rapports de sécurité indiquant que Barak était systématiquement accompagné de gardes de sécurité israéliens lors de ses visites. Cette présence sécuritaire officielle pose une question fondamentale : dans quelle mesure les services de sécurité de l'État israélien étaient-ils informés de la nature exacte des relations entre l'ancien Premier ministre et un individu déjà condamné pour crimes sexuels?







