L’affrontement est désormais frontal. Dimanche 11 janvier, Jerome Powell, président de la Réserve fédérale (Fed), a annoncé avoir reçu une citation à comparaître. Ce n'est pas une simple procédure administrative, mais le point d'orgue d'une stratégie de déstabilisation orchestrée par la Maison-Blanche. Donald Trump entend briser l'autonomie de l'institution pour imposer son agenda économique.

Aux États-Unis, une confrontation inédite oppose Donald Trump à la Réserve fédérale. En s’attaquant frontalement à Jerome Powell, le président américain teste les limites de l’indépendance monétaire, pilier historique de la stabilité économique face aux ambitions politiques de court terme.
Une attaque frontale contre l’autonomie de la Fed
Dimanche 11 janvier, Jerome Powell , bête noire de Donald Trump, annonce avoir reçu une citation à comparaître. Officiellement, l’enquête du ministère de la Justice porte sur le coût des travaux de rénovation du siège de la Fed à Washington. Officieusement, Powell parle d’un « prétexte ».

Selon lui, la véritable motivation est ailleurs : son refus d’obéir aux injonctions présidentielles exigeant des baisses massives de taux. Pour la première fois, le patron de la banque centrale évoque explicitement une instrumentalisation politique de la justice fédérale.
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Un consensus inédit pour défendre Powell
La réaction ne s’est pas fait attendre. Tous les anciens présidents de la Fed encore en vie — Alan Greenspan, Ben Bernanke et Janet Yellen — ont publié un communiqué commun dénonçant une tentative « sans précédent » visant à « saper l’indépendance » de l’institution monétaire.

John Williams, président de la Fed de New York, a rappelé une vérité historique simple : lorsque la politique monétaire devient un outil électoral, l’issue est presque toujours la même — instabilité, perte de confiance et inflation durable. Même à l’étranger, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a salué Jerome Powell comme un « modèle d’intégrité ».
Trump, l’inflation assumée comme stratégie économique
Donald Trump ne s’en cache guère. Son objectif est clair : affaiblir le dollar pour concurrencer le yuan, doper les exportations américaines et restreindre les importations. Une stratégie mercantiliste assumée, incompatible avec une banque centrale indépendante.

Avec un horizon politique limité à quatre ans, Trump peut tolérer — voire rechercher — une inflation plus élevée. Celle-ci agit comme un impôt invisible, allégeant le poids de la dette publique tout en stimulant artificiellement l’activité à court terme. La Fed devient alors un obstacle à contourner, voire à neutraliser.
Des fissures chez les républicains
Fait notable, la fronde ne vient pas uniquement des cercles technocratiques. Des sénateurs républicains, comme Lisa Murkowski et Thom Tillis, ont publiquement désavoué la Maison Blanche. Ils menacent de bloquer toute nomination à la tête de la Fed tant que la pression judiciaire persiste.
Donald Trump souhaite installer une « colombe » à la direction de la banque centrale — autrement dit, un gouverneur prêt à sacrifier la stabilité monétaire sur l’autel de la croissance politique.

Ce conflit dépasse la simple querelle de personnes. Si Jerome Powell tombe, c'est l'illusion de l'indépendance monétaire qui s'effondre avec lui. Le marché a, pour l'instant, choisi de croire à la résistance des institutions.





