Ascension des « sceptiques » dans l’administration Trump:  un coup fatal pour l’omerta covidiste?

Ascension des « sceptiques » dans l’administration Trump: un coup fatal pour l’omerta covidiste?


Partager cet article

Connu pour leur « scepticisme » à l’égard des vaccins et leurs opinions médicales controversées, farouchement opposé au confinement et aux mesures sanitaires  durant le  COVID. Nommés par Donald Trump, des figures comme Jay Bhattacharya et Marty Makary incarnent ce virage radical, alimentant un débat polarisé sur la gestion des crises sanitaires. Avec leur nomination, Trump continue à envoyer  un sacré coup de pouce à tous ceux qui furent accusés de « complotisme » durant le COVID.

Fort d’une carrière académique prolifique, Bhattacharya est connu pour ses prises de position critiques sur les confinements pendant la pandémie de COVID-19. En octobre 2023, le professeur Jay Bhattacharya de Stanford organisait une conférence pour repenser la réponse pandémique, critiquant les mesures « draconiennes » adoptées. Aujourd’hui, lui et d’autres sceptiques, comme Marty Makary de Johns Hopkins, sont nommés à la tête des National Institutes of Health (NIH) et de la Food and Drug Administration (FDA). Leur approche, prônant une moindre restriction des libertés individuelles et s’inspirant du modèle suédois, marque un tournant dans la politique sanitaire américaine.

Un débat entre science et liberté

« La discussion s’est transformée en guerre culturelle », résume Philip Zelikow, de l’Institution Hoover. D’un côté, les partisans des confinements et des mandats sanitaires, accusés d’avoir négligé les impacts socio-économiques. De l’autre, les défenseurs des libertés individuelles, critiqués pour avoir minimisé les risques. Frances Lee, politologue à Princeton, plaide pour une enquête nationale afin d’évaluer scientifiquement l’efficacité des mesures.

Les erreurs sont reconnues même par l’establishment. Francis Collins, ancien directeur du NIH, admet avoir sous-estimé les conséquences des confinements :

« Nous avons accordé une valeur infinie à la sauvegarde de vies, sans voir comment cela détruisait l’économie et la scolarité des enfants. »

Pourtant, les mandats américains, plus stricts qu’ailleurs, n’ont pas empêché un taux de mortalité parmi les plus élevés au monde.

Conséquences des restrictions COVID

La gestion de la pandémie a érodé la confiance du public. Les revirements constants (masques, durée des confinements, efficacité des vaccins) ont alimenté le scepticisme. Jennifer Nuzzo, experte en santé publique, souligne que « même des questions techniques sont devenues idéologiques ». La droite relance la théorie de la fuite de laboratoire de Wuhan, tandis que le sénateur Ron Johnson (Républicain) promet d’enquêter sur les « dissimulations » liées aux vaccins.

Monica Gandhi, médecin à San Francisco, décrit comment les confinements ont frappé les plus pauvres :

« Les riches pouvaient rester chez eux ; les autres devaient choisir entre travailler et surveiller leurs enfants. »

Les écoles américaines, fermées plus longtemps qu’en Europe, ont laissé des millions d’élèves en décrochage.

Face à la menace de nouvelles pandémies (grippe aviaire H5N1, etc.), les États-Unis doivent réconcilier science et pragmatisme. Joshua Weitz, biologiste, rappelle que le COVID-19 a exposé des vulnérabilités structurelles : pauvreté, obésité, accès inégal aux soins. « Le virus avait toutes les cartes en main », résume-t-il.

Pour Paul Offit, expert en vaccins, les confinements ont malgré tout sauvé des vies, comme en témoigne la disparition temporaire d’autres virus (grippe, VRS). Mais John Ioannidis, critique des mesures, insiste :

« Nous avons sacrifié l’avenir des enfants et des plus démunis. »

L’ascension des figures comme Robert Francis Kennedy Junior, Jay Bhattacharya ,Marty Makary dans l’administration Trump symbolise une refonte majeure de la politique sanitaire américaine. La question demeure : cette nouvelle orientation permettra-t-elle de mieux gérer les crises sanitaires à venir ou plongera-t-elle le pays dans une gestion plus chaotique et idéologisée de la santé publique ?


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Comment Macron fait surveiller le Net pour lutter contre les ingérences étrangères... par Elise Rochefort

Comment Macron fait surveiller le Net pour lutter contre les ingérences étrangères... par Elise Rochefort

Ce matin, Emmanuel Macron tient un conseil de défense, dont l'un des points à l'ordre du jour porte sur la "lutte contre les ingérences étrangères" à l'approche des élections municipales. Mais concrètement, comment s'organise cette surveillance du Net ? Le jour même où il annonçait l'introduction du passe sanitaire, le 13 juillet 2021, Emmanuel Macron signait le décret créant l'agence Viginum, chargée principalement de lutter contre les ingérences étrangères. Cette coïncidence peut évidemment ê


Rédaction

Rédaction

Pourquoi la Russie tarde-t-elle autant à gagner la guerre en Ukraine? par Thibault de Varenne

Pourquoi la Russie tarde-t-elle autant à gagner la guerre en Ukraine? par Thibault de Varenne

Depuis quatre ans, une certaine cohorte de « poutinolâtres », installée confortablement dans ses certitudes de salon franco-français, nous promet de façon ininterrompue une victoire russe imminente. À les écouter, l’armée ukrainienne ne serait qu’un château de cartes prêt à s’effondrer sous le souffle du « génie stratégique » du Kremlin. Pourtant, quatre ans plus tard, cette victoire se fait toujours attendre. Ce décalage abyssal entre le fantasme et le réel ne démontre pas seulement la minceur


Rédaction

Rédaction

Macron vient-il réellement de brader LMB Aerospace aux Américains ?

Macron vient-il réellement de brader LMB Aerospace aux Américains ?

C’est un refrain que la France entonne avec une régularité de métronome. Hier Alstom, Technip ou Photonis ; aujourd’hui LMB Aerospace. À chaque fois, la même sidération de façade, le même théâtre d’ombres parlementaire et, au final, la même signature au bas du contrat de cession. Alors que le dossier a été bouclé dans un silence de cathédrale en décembre 2025, la question revient, lancinante : la France de Macron vient-elle, une fois de plus, de brader sa souveraineté aux États-Unis ? Nous a


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

Hausses de l'or et du franc suisse : que manque-t-il pour qu'un krach survienne ?

Hausses de l'or et du franc suisse : que manque-t-il pour qu'un krach survienne ?

Nous vivons un mois de janvier 2026 qui fera date dans les manuels d’histoire financière, si tant est qu’il reste encore des historiens pour documenter l’effondrement de notre paradigme monétaire. La situation est d’une clarté aveuglante pour qui refuse de porter les œillères de la presse subventionnée : nous sommes entrés dans la phase de « l’évacuation ». Pendant que les plateaux de télévision s’extasient sur la résistance héroïque du S&P 500 flirtant avec les 7 000 points, les deux seuls the


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe