Après la démission de Starmer, faut-il acheter de la livre sterling ?

Après la démission de Starmer, faut-il acheter de la livre sterling ?

Starmer démissionne, Burnham favori, la livre à peine émue. Taux réel positif mais interrègne budgétaire : faut-il acheter de la livre sterling ? Analyse.

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Par Vincent Clairmont

Keir Starmer a annoncé ce lundi qu'il quittait Downing Street. Septième Premier ministre britannique en dix ans, et déjà un huitième en germe : son successeur probable, Andy Burnham, devra encore se faire désigner par son parti. L'épargnant qui suit la livre s'attendait peut-être à un choc. Il n'a presque rien vu. La livre tient autour de 1,32 dollar et 1,15 euro, les emprunts d'État à dix ans rôdent vers 4,80 %, sans secousse. Ce quasi-silence est la première chose à comprendre — avant même de répondre à la question.

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Ce que dit le calme du marché

Quand une monnaie ne bouge pas à l'annonce d'une démission, elle dit quelque chose de précis : le marché avait déjà escompté le départ, et il l'accueille comme un soulagement, non comme un verdict. La hausse imperceptible de la livre n'est pas un satisfecit donné à Andy Burnham. C'est la fin d'une incertitude qui durait depuis les élections locales désastreuses de mai et la poussée de Reform UK. Le marché solde une inquiétude ancienne ; il ne se prononce pas sur la suivante.

Il faut mesurer le contraste avec 2022, que tout détenteur de livres garde en mémoire. Cette année-là, une velléité budgétaire mal calibrée avait fait décrocher la dette et la monnaie en quelques jours. Ici, rien de tel : une transition ordonnée, un favori qui prend soin de répéter qu'il respectera les règles budgétaires, un marché obligataire qui reste sage. La différence n'est pas mince. Un effondrement vient des finances publiques, pas des organigrammes. Pour l'instant, ce sont les organigrammes qui changent.

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Ce qui n'a pas changé

Sous le bruit politique, les fondamentaux du dossier sont, à cette heure, exactement ceux d'avant la démission. Le taux directeur tient à 3,75 %, maintenu le 18 juin par sept voix contre deux — les deux dissidents réclamant une hausse, non une baisse. L'inflation est revenue à 2,8 %, sous les attentes. L'écart entre le taux servi et l'érosion des prix reste positif d'environ un point. La livre continue donc de payer son détenteur au-delà de l'inflation, ce qui demeure rare parmi les

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