À peine les derniers documents Epstein dévoilés, La France Insoumise monte au créneau pour réclamer une commission d’enquête parlementaire « transpartisane ». Le discours est bien rodé: lutte contre le silence, recherche de la vérité sur les réseaux pédocriminels et les possibles ingérences politiques. Un noble objectif, en apparence. Sauf que les députés mélenchonistes tentent surtout de transformer l’Assemblée en tribunal médiatique, une énième opération de communication pour des parlementaires en mal de visibilité.

Antoine Léaument et Danièle Obono reviennent à la charge. Profitant de la déclassification de documents américains, les élus de La France Insoumise (LFI) exigent une commission d’enquête transpartisane sur le réseau criminel de Jeffrey Epstein.
La justice n'a pas attendu les Insoumis
L’argument de LFI repose sur une contre-vérité : le prétendu silence des médias et de l’État. C’est pourtant la presse qui a documenté les liens de la famille Lang et c’est la justice qui instruit les dossiers depuis 2019. Prétendre que « personne n’en parle » alors que le sujet sature l’espace public est une manipulation grossière.

Même les alliés écologistes le rappellent : une commission parlementaire ne peut interférer avec une information judiciaire en cours. En voulant doubler les juges, LFI ne cherche pas la vérité, mais le spectacle.
L'inefficacité chronique du Parlement
Depuis dix ans, les commissions d’enquête se multiplient sans résultats tangibles. Elles servent de tremplin à des députés peu connus pour exister devant les caméras. On attend encore de connaître le moindre bénéfice concret pour les contribuables de ces réunions budgétivores. Ce n'est pas de la politique, c'est de la mise en scène étatique.

Ce qui frappe, c’est l’opportunisme de la méthode. Quand il s’agit de personnalités hors de leur bord, LFI exige lumière et bruit médiatique. Mais qu’un scandale, même de moindre ampleur, touche leurs alliés syndicaux ou associatifs, le réflexe est inverse : appel à la retenue des médias, dénonciation du « lynchage » et du « traitement médiatique excessif ». Cette instrumentalisation de la transparence à géométrie variable corrompt le débat public. Elle transforme la recherche de vérité en outil de combat politique sélectif.

La demande de commission d’enquête sur l’affaire Epstein ressemble davantage à un coup politique qu’à une avancée pour les victimes. La justice travaille. Les médias enquêtent. Le Parlement, lui, ferait mieux de prouver l’utilité réelle de ses commissions passées avant d’en réclamer de nouvelles.


