C’est un spectacle dont on ne se lasse pas, une sorte de tragédie grecque rejouée chaque saison par des acteurs de boulevard qui auraient oublié leur texte. Après vingt-quatre ans de règne ininterrompu de la gauche — une ère Delanoë-Hidalgo qui a transformé la Ville Lumière en un champ de ruines budgétaires, un enfer de circulation et un laboratoire du Grand N’importe Quoi architectural — on aurait pu croire à un sursaut.

On aurait pu imaginer une opposition structurée, unie par le bon sens et la volonté de sauver ce qu’il reste de la capitale.
Que nenni. Fidèle à sa réputation historique, la droite parisienne a décidé de confirmer l’adage : elle est bel et bien la plus bête du monde. Elle ne se contente pas de perdre ; elle organise méthodiquement son suicide collectif.
Voici donc nos quatre "Dalton" de l’échec, quatre candidatures claudicantes qui, par leur simple existence, garantissent à Anne Hidalgo (ou à son successeur désigné) un bail renouvelé jusqu’à la fin des temps.
1. Rachida Dati : la compromission en bandoulière
On commence par la tête d'affiche, celle qui croit que le ministère de la Culture est une rampe de lancement alors que c’est un boulet. Rachida Dati, c’est le macronisme en version "paillettes et prétoire". Entre ses démêlés judiciaires — ces fameuses "casseroles" financières qui tintent à chaque pas dans les couloirs de l’Hôtel de Ville — et son ralliement à une macronie agonisante, elle incarne cette droite qui préfère les dorures ministérielles à la clarté idéologique. Elle veut conquérir Paris, mais elle est déjà conquise par le système qu’elle prétend combattre.

2. Pierre-Yves Bournazel : le "saboteur" de centre-droit
Puis vient Bournazel, l’homme d’Édouard Philippe. S’il y avait un prix pour la persévérance dans la division, il l’emporterait haut la main. Soutenu par l’ancien Premier ministre au menton altier, il semble investi d’une mission divine : s’assurer que personne à droite ne puisse jamais atteindre le second tour. C'est la candidature "petit bras" par excellence, celle qui grignote les marges pour mieux servir la soupe au centre-gauche.
3. Thierry Mariani : l'ombre de Federbuch
À sa droite, Thierry Mariani s'avance. On connaît la chanson : un discours musclé, une stature de vieux briscard, mais un potentiel électoral qui plafonne plus bas que le plafond de la ligne 14 en travaux. Il semble condamné à réitérer l'exploit de Serge Federbuch : faire du bruit sur les réseaux sociaux pour finir avec un score qui ne permettrait même pas de remplir un bus de tourisme. Une candidature de témoignage dans une ville qui a besoin d'une alternative de gouvernement.

4. Sarah Knafo : La châtelaine du Navigo
Enfin, pour compléter le tableau, voici Sarah Knafo. La candidate de l'élite "reconquérante" semble de plus en plus confinée aux salons feutrés des beaux quartiers. On l'imagine volontiers disserter sur le destin de la France entre deux coupes de champagne, mais demandez-lui le prix de l'abonnement Navigo ou le nom d'un quartier au-delà du périphérique, et le silence se fait pesant. C’est la droite qui regarde Paris depuis un balcon du 16e arrondissement, déconnectée d'une réalité populaire qu'elle prétend pourtant défendre.
Le constat est sans appel : avec une telle brochette, la municipalité actuelle peut dormir sur ses deux oreilles. La droite parisienne n’est plus un projet politique, c’est une agence de voyage pour ego surdimensionnés. Pendant que Paris coule, nos quatre Dalton se chamaillent pour savoir qui tiendra la barre du canot de sauvetage... qui est de toute façon déjà percé.

