????Marchés financiers : pourquoi il ne faut surtout pas y retourner d’ici à 2021


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Les performances trompeuses des marchés financiers donnent l’envie (et l’illusion) à de nombreux investisseurs de revenir en bourse pour profiter des envolées qui s’affichent quasi-quotidiennement. Nous maintenons que ces hausses sont artificiellement prolongées jusqu’au quatre sorcières de la fin juin, au terme de laquelle de nombreux investisseurs retireront leurs billes. L’automne sera douloureux, et la FED vient d’ailleurs de prévenir les marchés à mots à peine couverts qu’un retournement se préparait.

Faut-il chercher à profiter des marchés financiers et de leur envolée quasi-lyrique depuis plusieurs semaines ? Tout le monde a noté que les indices battaient des records. Le CAC 40 est passé au-dessus des 5.000 points, et le Dow Jones en est arrivé à surperformer le Nasdaq. Face à autant de paillettes qui tranchent avec la morosité ambiante, comment ne pas résister à la tentation d’investir pour profiter des bonnes affaires ?

Les marchés financiers déconnectés de l’économie réelle

C’est une évidence : alors que la croissance mondiale dévisse lourdement, y compris en Chine, y compris en Allemagne, les marchés prospèrent. Cette envolée ne repose évidemment sur aucune forme de réalité économique sous-jacente. Il est dans tous les cas incompréhensibles que la bourse s’affole et s’enfièvre alors que les plans de licenciement se succèdent et que le pire soit annoncé partout dans le monde.

Sur ce point, on voit bien comment les marchés s’emparent de n’importe quelle information travestie pour repartir à la hausse selon des raisonnements et des critères qui ne reposent sur rien. En ce moment, le mythe à la mode est celui d’une reprise fulgurante aux États-Unis, qui déjouerait tous les pronostics, et que les chiffres de l’emploi auraient annoncée. Au mois d’avril, c’était une information bidon sur le Remdesivir de Gilead qui produisait le même effet.

Toutes ces hausses relèvent largement de la manipulation destinée à soutenir les cours jusqu’à la prochaine journée des 4 sorcières.

« C’est un chiffre prodigieux. C’est joyeux, disons-le comme cela. Les marchés avaient raison. C’est étourdissant », a estimé le président des Etats-Unis, avant de parler du « plus grand come-back de l’histoire américaine ».   

Donald Trump, cité par Le Monde

L’échéance très prévisible des 4 sorcières

La dernier jeudi de juin aura lieu la journée des 4 sorcières où les quatre types de contrats à terme sont débouclés, dont les contrats à terme sur actions qui sont débouclés trimestriellement. Structurellement, les investisseurs qui parient à la hausse sur telle ou telle action ont besoin d’attendre la fin du mois de juin pour pouvoir sortir de leur position. Leur intérêt est donc de « soutenir » les cours jusqu’à leur débouclage.

Prenons au hasard l’action Gilead, le laboratoire américain que beaucoup soupçonnent d’avoir nui de près ou de loin à l’hydroxychloroquine. Un investisseur qui, fin mars, était convaincu que Gilead allait trouver très rapidement le remède miracle contre le coronavirus et que ses cours allaient exploser, a tout à fait pu prendre des positions sur un cours au double de ce qu’il était le 1er avril (72 $). Il se trouve que l’action Gilead est montée à 84$ le 30 avril… mais elle est retombée à 72$ le 19 mai. On voit que, depuis cette date, les marchés poussent autant qu’ils peuvent cette action, jusqu’à lancer le produit d’un rapprochement avec Astrazeneca.

Si des fonds d’investissement ont pris des positions massives sur la hausse du cours, on voit comment Wall Street a intérêt à bien se porter.

Le petit porteur, gogo de service des grands fonds

Pour faire monter les cours, les grands fonds d’investissement (par exemple ceux qui sont actionnaires de Gilead…) ont un allié de premier ordre appelé le petit porteur, prêt à investir ses économies dans des opérations dont il a lu les bienfaits dans la presse. Et sur ce point, les marchés ne reculent devant rien pour donner l’illusion que tout va pour le mieux dans leur monde. Ils se sont même offerts les services d’un super homme-sandwich appelé Donald Trump, qui a vanté la clairvoyance des marchés à l’occasion des chiffres « positifs » de l’emploi aux États-Unis.

Bien évidemment, on a appris peu de temps après que les chiffres de l’emploi aux États-Unis étaient bidonnés et beaucoup moins bons que les marchés ne le pensaient. Mais qu’importe ! La manipulation a marché. Tout le monde se persuade que les affaires reprennent dans une ferveur moutonnière digne d’une manifestation en faveur d’Adama Traoré.

"Une hypothèse pourrait être que ces 4,9 millions de travailleurs supplémentaires qui ont été inclus dans cette catégorie auraient dû être classés comme chômeur mis en disponibilité temporairement. Si ces travailleurs étaient plutôt considérés comme des chômeurs temporairement mis en disponibilité, le nombre de chômeurs en mai en base non corrigée des variations saisonnières) augmenterait de 4,9 millions, passant de 20,5 millions à 25,4 millions"   

Bureau of Labour Statistics

Un débouclage massif à l’automne

L’hypothèse la plus probable, que nous soutenons depuis plus de 2 mois, est que les marchés financiers sont téléguidés pour progresser jusqu’à la fin du mois de juin, notamment au bénéfice de fausses nouvelles euphorisantes qui convainquent les gogos que le moment est venu de revenir sur les marchés. Quelques grands fonds ont besoin du petit épargnant pour faire monter les cours jusqu’à leur prochain débouclage.

Toute la question est de savoir si ces grands fonds remettront une pièce dans la fente jusqu’à la prochaine journée des quatre sorcières (fin septembre) ou pas. Dans tous les cas, nous sommes convaincus que cet optimisme ou cette euphorie ne dépasseront pas la fin du mois de septembre. Début octobre, les fonds auront débouclé leurs positions et les marchés financiers commenceront à rejoindre la réalité de l’économie. La dégringolade devrait être terrible.

Bien entendu, il ne s’agit que de nos hypothèses. Mais pour l’instant, nous cherchons obstinément des voix pour les démentir et les démonter…

Restez en retrait des marchés financiers

Au final, il faut faire preuve de bon sens dans cette affaire. L’économie réelle part en capilotade. La progression des marchés financiers est contre-intuitive, et s’appuie sur des données frelatées pour appâter les petits porteurs.

Cette mascarade devrait cesser en automne avec une correction douloureuse. Restez à l’extérieur de ces grandes opérations opaques, vous éviterez le pire.


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