Lundi 5 janvier, le tribunal correctionnel de Paris a condamné dix prévenus pour cyberharcèlement à l’encontre de Brigitte Macron. En cause : la diffusion et l’amplification de rumeurs portant sur son genre, sa vie privée et sa relation avec le président de la République. Des peines de prison, pour la plupart avec sursis, ont été prononcées, assorties d’interdictions d’accès aux réseaux sociaux. Un procès qui interroge sur la frontière entre cyberharcèlement et liberté d’expression.

Lundi dernier, le tribunal correctionnel de Paris a rendu son verdict dans l’affaire dite « Jean-Michel Trogneux ». Dix individus, accusés d’avoir propagé la thèse selon laquelle la Première dame serait née homme, ont été condamnés à des peines allant jusqu’à huit mois de prison avec sursis et des amendes significatives.
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Des condamnations pénales lourdes et symboliques
Huit des dix prévenus ont été condamnés à des peines de quatre à huit mois de prison avec sursis pour avoir publié ou relayé des propos jugés « malveillants, dégradants et insultants ». Un neuvième prévenu, absent au procès très médiatisé, les 27 et 28 octobre derniers, a écopé de six mois de prison ferme. Le dernier a été sanctionné par un stage de sensibilisation et une amende.

Les figures les plus influentes sur les réseaux sociaux ont été ciblées par les peines les plus lourdes : l’écrivain Aurélien Poirson-Atlan, alias Zoé Sagan, considéré comme le principal accusé. Il a écopé de la peine maximale prononcée avec sursis, soit huit mois et 8.000 euros d’amende.
La médium Amandine Roy écope une peine de six mois de prison avec sursis. Pour mémoire, elle est l'autrice d’une vidéo virale publiée en 2021 affirmant que Brigitte Macron n’aurait jamais existé et que son frère Jean-Michel Trogneux aurait pris son identité après une transition de genre.
Le galeriste Bertrand Scholler, qui avait largement diffamé le fondateur du Courrier, prouvant sa pulsion de cyberharcèlement, à l'origine d'un photomontage de Brigitte Macron avec le torse poilu en 2024, a été condamné à six mois d'emprisonnement avec sursis. Après l'annonce de sa condamnation, il a déclaré face aux caméras:
"Si ce que vous dites ne plaît pas, vous serez condamné. C'est le fait du prince !"
Tous se voient interdire l’usage de leurs comptes numériques pendant six mois, une sanction désormais centrale dans l’arsenal judiciaire.

La défense : « la blague » et le « débat légitime » face à la qualification de harcèlement
Au cœur du dossier : une rumeur ancienne, persistante et mondialisée, affirmant que Brigitte Macron serait une femme transgenre.
Propulsée sur la scène internationale par Candace Owens, la rumeur Jean-Michel Trogneux a servi de pièce à conviction dans le procès parisien, bien que l’Américaine n'y soit pas visée directement. Le couple Macron a toutefois choisi de porter le fer aux États-Unis via une plainte pour diffamation.
À la barre, la majorité des prévenus a nié toute intention malveillante, arguant de l'humour ou de la participation à un débat public sur la vie privée du couple présidentiel. Seul l'un d'eux a présenté des excuses.
Durant le procès, la fille de Brigitte Macron, Tiphaine Auzière, a témoigné de l'impact de ces fausses informations sur la santé de sa mère.
Le parquet et la partie civile, représentant la première dame, ont au contraire dépeint une campagne coordonnée, répétée et virale, ayant un impact psychologique avéré.
Les juges ont estimés que la répétition, la tonalité et l’intention caractérisaient le cyberharcèlement.
Un précédent inquiétant pour l’espace numérique
Emmanuel Macron n'a pas caché son intention d'utiliser cette affaire pour porter son projet de certification des médias. Sous couvert de protéger les citoyens contre les « fake news », le pouvoir exécutif tente de tracer une frontière arbitraire entre l'information « professionnelle » (subventionnée et alignée) et l'expression spontanée des citoyens.
Cette volonté de labelliser la vérité est la marque d’un régime qui craint la perte de son monopole narratif. En érigeant les rumeurs sur sa vie privée au rang de menace d'État, le couple présidentiel transforme un contentieux civil en une croisade morale contre la dissidence.
Le verdict rendu lundi établit un précédent significatif dans la répression du cyberharcèlement en France. Il envoie un signal fort sur la responsabilité des internautes, y compris ceux se cachant derrière le paravent de l'humour. Cependant, il suscite également des interrogations chez les défenseurs des libertés civiles. La frontière entre la lutte contre le harcèlement et la restriction du débat, même outrancier, reste mince.
Cette décision intervient à un moment où le gouvernement cherche à accroître son contrôle sur l'information en ligne, posant la question de l'équilibre à trouver entre protection des citoyens et préservation d'un espace numérique ouvert et libre.


