Trois services vitaux d'un hôpital public rayés d'un trait de plume administratif : c'est ce que prépare l'Agence régionale de santé d'Île-de-France pour le Centre hospitalier intercommunal de Meulan-Les Mureaux (CHIMM). Maternité, réanimation, bloc opératoire : tout partirait vers Mantes et Poissy. Le 24 septembre, plus de 250 personnes ont manifesté contre ce projet, dont la décision est attendue en octobre. L’ARS estime que « des mesures structurelles s’imposent ».
Cette décision émane d’une administration qui, face au déficit de près de 20 % du budget de l’établissement et à une trésorerie quasi nulle, commande un audit à des cabinets privés et dessine des « pistes » de restructuration. L’hôpital, membre du groupement hospitalier de territoire Yvelines Nord, voit son activité baisser depuis 2019.
Un hôpital progressivement amputé
Le dossier repose notamment sur un audit confié par l’ARS aux cabinets Capgemini et Vi-Santé durant l’hiver 2025-2026. Les premières conclusions ont été présentées le 2 juillet au conseil de surveillance du CHIMM ; le rapport définitif est attendu en octobre. Parmi les scénarios évoqués figurent la transformation de la maternité en centre périnatal sans hébergement post-natal et une évolution du dispositif de réanimation.

La maternité réalise environ 700 accouchements par an, contre environ 900 auparavant. Elle se situe donc sous le repère de 1 000 naissances annuelles souvent utilisé dans les restructurations hospitalières. Mais fermer un service ne supprime pas les patients : les accouchements, interventions chirurgicales et prises en charge lourdes devront être absorbés ailleurs.
L’économie administrative, une charge pour les patients
Le CHIMM appartient au GHT Yvelines Nord, avec Mantes-la-Jolie et Poissy-Saint-Germain-en-Laye. Le transfert présenté comme une réorganisation territoriale revient donc à concentrer davantage d’activité sur les deux autres établissements. Les personnels mobilisés redoutent une saturation supplémentaire et un éloignement des soins pour les habitants qui ne disposent pas d’un véhicule ou doivent accéder rapidement à une maternité ou à une réanimation.

La CFDT avance, de son côté, un objectif de 10,3 millions d’euros d’économies, chiffre qui n’a pas été publiquement confirmé à ce stade par l’ARS ou la direction.Le 24 septembre, syndicats, élus, soignants et habitants ont marché de l’hôpital jusqu’à la mairie des Mureaux. En 2017 déjà, la réanimation avait été menacée avant d’être maintenue sous la pression locale.

L'histoire du CHIMM n'est pas isolée : Trappes, Le Havre, Montbéliard connaissent des scénarios comparables, portés tantôt par des groupes privés, tantôt par l'ARS elle-même.


