Victoire de Milei: l'Argentine choisit le choc libéral

Victoire de Milei: l'Argentine choisit le choc libéral


Partager cet article

Avec 40,7 % des voix, Javier Milei et son parti La Libertad Avanza remportent une large victoire aux législatives de mi-mandat. Un succès inattendu qui consolide son pouvoir et ouvre la voie à un programme de réformes libérales ambitieuses dans une Argentine en crise. Milei promet de « rendre l’Argentine grande à nouveau ».

Contre toute attente et malgré une popularité en baisse après des mois d'austérité et de scandales, le président argentin Javier Milei et son parti, La Libertad Avanza (LLA), ont remporté une victoire retentissante aux élections législatives de mi-mandat du 26 octobre. Avec 40,7% des voix, devant l'historique opposition péroniste (31,7%), ce succès inespéré, bien que marqué par une participation historiquement faible (68%), offre à Milei un mandat politique renforcé pour accélérer son ambitieux programme de réformes pro-marché, fondé sur la réduction drastique de l'État et la stimulation de l'activité privée.

Une victoire inattendue qui redessine le paysage politique argentin

Avec 98 % des bulletins dépouillés, La Libertad Avanza arrive en tête dans la majorité des provinces, notamment Buenos Aires, où il devance la coalition Union pour la Patrie (41,5 % contre 40,8 %). À l’échelle nationale, le parti obtient 64 sièges à la Chambre des députés contre 37 pour l’opposition, un basculement politique majeur pour un mouvement encore jeune.

Cette victoire était loin d’être acquise. Les mois précédents avaient été marqués par des scandales de corruption touchant le cercle présidentiel, notamment Karina Milei, la sœur du chef de l’État.

Les Argentins, confrontés à une crise économique chronique, semblent avoir rejeté le modèle interventionniste du passé pour embrasser le changement radical proposé par Milei, privilégiant la liberté économique et la responsabilité individuelle face aux promesses illusoires de l'État-providence. Ce résultat démontre un désir clair de « rendre l’Argentine grande à nouveau », selon les mots du président.

Feu vert pour accélérer la liberté économique

Fort de cette nouvelle légitimité populaire, Milei dispose désormais d'une marge de manœuvre accrue pour mettre en œuvre son programme. Ses promesses de campagne sont au cœur de l'idéologie libertarienne : réforme du droit du travail pour assouplir les contrats et favoriser l'embauche, réduction massive des dépenses publiques, allègement des réglementations, baisse des impôts et simplification administrative pour faciliter l'enregistrement et l'essor des entreprises.

Ces mesures visent à libérer le potentiel productif de l'Argentine, à stimuler la création d'emplois, à augmenter les salaires et, fondamentalement, à sortir le pays du marasme par la force du marché et de l'initiative privée. Le remaniement ministériel attendu, intégrant potentiellement des alliés centristes comme le PRO, devrait consolider cette orientation.

Les analystes prévoient également une inévitable dévaluation du peso pour corriger sa surévaluation artificielle. Sur le plan international, cette victoire est observée avec satisfaction à Washington. L’administration Trump aurait conditionné un accord de devises de 20 milliards de dollars à la victoire de Milei, tout en envisageant d’autres soutiens financiers privés. Cet alignement géopolitique apporte un levier financier supplémentaire essentiel pour soutenir la transition économique de l'Argentine vers un modèle plus libre et prospère.

Cette élection de mi-mandat est un triomphe pour le libéralisme en Argentine. Il marque un tournant : l’Argentine est désormais prête à tourner la page de l’étatisme et tenter l’expérience de la liberté économique.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Une semaine dans la guerre d'Iran, vue d'Iran, par Thibault de Varenne

Une semaine dans la guerre d'Iran, vue d'Iran, par Thibault de Varenne

Alors que le conflit entre dans sa quatrième semaine, les sources non-occidentales — notamment iraniennes, turques, arabes, russes et chinoises — dépeignent une réalité opérationnelle où la supériorité technologique de la coalition se heurte à une résilience asymétrique et à une profondeur stratégique iranienne alimentée par un soutien technique extérieur discret mais déterminant. Cette période est marquée par le passage d'une campagne de frappes chirurgicales à une guerre globale des infrastru


Rédaction

Rédaction

Une semaine dans la Guerre d'Iran, vue d'Occident, par Thibault de Varenne

Une semaine dans la Guerre d'Iran, vue d'Occident, par Thibault de Varenne

La période s'étendant du 21 au 28 mars 2026 représente une phase de transition critique. Cette séquence se caractérise par un glissement doctrinal de la coalition américano-israélienne : passant d'une campagne de bombardements stratégiques à une guerre d'attrition industrielle et infrastructurelle, tout en préparant activement le terrain pour d'éventuelles opérations aéroterrestres. L'analyse de cette semaine charnière révèle non seulement l'état de dégradation des forces de la République islam


Rédaction

Rédaction

Pourquoi le "lacrymogène" Bally Bagayoko suscite-t-il tant de passions ? (Inventaire avant fermeture)

Pourquoi le "lacrymogène" Bally Bagayoko suscite-t-il tant de passions ? (Inventaire avant fermeture)

Décidément, ce Bally Bagayoko suscite bien des passions, majoritairement hostiles. Disons même que son élection pique de nombreuses paires d'yeux. Le phénomène vaut d'être analysé à l'aune des changements sociologiques qu'il révèle... et qu'il annonce. Je fais partie de ceux qui sont favorablement impressionnés par la prestance, le charisme, l'autorité de Bally Bagayoko. Je ne suis pas le seul, et l'on tient là, à mon avis, une partie essentielle de l'explication à cette Bagayokophobie qui s'es


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

"Fuyez les mairies LFI !", un syndicat policier sonne l’alarme

"Fuyez les mairies LFI !", un syndicat policier sonne l’alarme

Le 23 mars, le Syndicat de Défense des Policiers Municipaux (SDPM) a appelé ses agents à quitter les communes dirigées par La France insoumise ou ses alliés. En toile de fond : désarmement, tensions politiques et soupçons d’insécurité. Dans les faits, c’est une mise en cause directe de la légitimité des urnes qui s’exprime, déguisée en alerte sociale. Le lundi 23 mars, le Syndicat de Défense des Policiers Municipaux (SDPM) a publié un communiqué demandant aux policiers municipaux de « fuir les


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany