La France a officiellement accordé la nationalité française à l’acteur américain George Clooney, à son épouse Amal et à leurs enfants par décret du 26 décembre 2025. Une décision qui, loin de susciter un consensus, a relancé le débat sur l’équité des procédures de naturalisation et sur les privilèges supposés accordés aux élites internationales. L’affaire expose les failles d’un système administratif profondément inégalitaire.

La réaction de Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur, illustre ce malaise. Sans remettre frontalement en cause la décision, elle évoque un possible problème de “message” et reconnaît comprendre le sentiment de “deux poids, deux mesures” exprimé par de nombreux Français.
Une indignation politique tardive et prudente
La ministre insiste sur le caractère personnel de sa prise de position, précisant ne pas connaître “l’entièreté de la procédure”. Cette prudence en dit long sur l’embarras politique : la naturalisation de personnalités éminentes est parfaitement légale, mais elle met en lumière l’opacité et la lenteur imposées aux candidats ordinaires.

Car dans les faits, des milliers de résidents étrangers parfaitement intégrés — travaillant, payant leurs impôts, respectant la loi — se heurtent à des refus, des délais interminables ou des exigences administratives changeantes. Le ressentiment ne vise donc pas George Clooney, mais un État incapable d’appliquer des règles claires, prévisibles et équitables.
La procédure de “l’étranger émérite”
Le ministère des Affaires étrangères a confirmé que la naturalisation des Clooney relevait de la procédure dite de “l’étranger émérite”. Celle-ci permet d’accorder la nationalité à des personnes contribuant de manière exceptionnelle au rayonnement culturel, intellectuel ou humanitaire de la France.

D’un point de vue strictement libéral, cette logique n’a rien de choquant. Les États ont toujours cherché à attirer des talents, des capitaux et des figures capables de renforcer leur attractivité. Le problème n’est pas l’existence de cette procédure, mais le contraste avec le traitement réservé aux autres candidats.
Un État arbitraire, pas un État stratège
La polémique révèle surtout un État qui fonctionne à l’arbitraire plutôt qu’à la règle. La naturalisation n’est ni automatique pour les plus méritants anonymes, ni clairement conditionnée à des critères objectifs. Elle dépend trop souvent du bon vouloir administratif, du contexte politique ou de l’exposition médiatique.
Plutôt que d’assumer une politique d’attractivité assumée et transparente, le pouvoir préfère feindre la surprise face à une décision pourtant cohérente avec ses propres mécanismes.

Pour une France qui choisit l'excellence
En réalité, la polémique soulevée par Marie-Pierre Vedrenne est révélatrice d’un mal français : la méfiance envers la réussite. La France a cruellement besoin d’injecter de la prestance et du capital au sein de sa population. Entre les emplois générés, les productions cinématographiques potentielles et l'influence touristique, les Clooney sont une aubaine.
Plutôt que de se plaindre de la rapidité de ce décret, nous devrions souhaiter que la France attire des milliers de profils similaires. Face à l’immigration subie et à l'assistanat galopant que l'on ramasse par ailleurs, voir un couple de haut vol demander la nationalité est une victoire. Si seulement l’État pouvait appliquer la même souplesse à tous ceux qui, par leur travail, contribuent au dynamisme du pays, le problème de l'« équité » serait réglé par le haut.
