Une étude sur la base moléculaire du COVID long

Une étude sur la base moléculaire du COVID long


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Une nouvelle étude met en lumière les causes des nombreux symptômes comme la perte de concentration, la dépression et l’anxiété qui touchent les personnes atteintes du Covid long. À travers cette étude sur la base moléculaire du Covid long, les chercheurs ont expliqué que ces « complications » sont liées à un mécanisme moléculaire provoqué par une inflammation persistante. Cette découverte pourrait être utile dans l’élaboration des traitements.

Suite à une infection au Covid-19, certaines personnes peuvent souffrir de ces séquelles longtemps après l’avoir contracté. Dans une telle situation, on parle de Covid long, un terme générique qui désigne une infection prolongée au Covid. Même si le virus n’est plus détectable dans l’organisme, le corps continue à souffrir de différents symptômes comme la fatigue, l’épuisement, les difficultés de respiration et de concentration, maux de tête, dépression, fièvre récurrente.

Les causes des différents symptômes du Covid long

Chez la plupart des personnes atteintes du Covid-19, la guérison est totale après un bon traitement. En revanche, d’autres patients ont dû faire face à de nombreuses complications. En effet, ils ont développé différents symptômes, dont la cause reste inconnue. On cite entre autres la dépression, la perte de concentration qu’on nommait « brouillard cérébral » ainsi que l’anxiété.

Les chercheurs de la NYU Grossman School of Medicine ont décidé de mener une recherche sur le Covid long. Alors qu’une étude récente du même laboratoire a montré comment l’infection par le SRAS-COV-2 affecte le sens de l’odorat en modifiant l’activité de certaines protéines olfactives (récepteurs).

Une nouvelle étude a été publiée dans Science Translational Medicine le 7 juin dernier. Elle met en évidence la base moléculaire de ces divers symptômes qui touchent les patients atteints de Covid long.

Ils ont découvert que ces symptômes sont liés à un mécanisme moléculaire causé par une inflammation persistante grâce à des examens réalisés sur des échantillons de tissus de hamster et d’humain.

Les détails sur la base moléculaire du Covid long

Notons que les auteurs de cette étude ont comparé la réaction immunitaire des hamsters face au coronavirus et à la grippe A, le virus responsable de la grippe porcine en 2009. Cela leur a permis de découvrir que le SARS-CoV-2 n’a pas uniquement déclenché une réponse immunitaire dans les poumons des animaux, mais aussi dans leur système olfactif.

En effet, les chercheurs ont constaté que des cellules immunitaires se sont activées pour éliminer les cellules olfactives mortes ou mourantes. Or, ce processus de recyclage a déclenché une hausse de la production de cytokines pro-inflammatoires, ce qui continue à provoquer une inflammation. Cette découverte a été confirmée lors des autopsies des patients guéris suite à une infection par le Covid-19, mais qui ont trouvé la mort pour d’autres causes.

Les experts ont détecté que cette réponse immunitaire chronique  dans les tissus olfactifs infectés par le SRAS-CoV-2 a provoqué des changements de comportement comme l’anxiété et la dépression chez les hamsters. Cela s’explique par une modification de l’activité de certains récepteurs qui a engendré une anomalie au niveau des centres cérébraux responsables de la régulation des émotions et de la cognition.

Les auteurs de l’étude ont aussi constaté que même après la fin de l’infection virale, des changements biologiques continuent de se produire dans le système olfactif en raison de cette réponse inflammatoire de longue durée, ce qui explique la persistance des symptômes comme la perte de l’odorat.

En outre, après l’infection pulmonaire aiguë causée par le SRAS-CoV-2, la reconstruction des voies respiratoires est beaucoup plus lente, vu que les dommages sont importants. Voilà pourquoi, les patients atteints du Covid long ressentent encore les symptômes gênants au niveau de leurs poumons.

Selon le coauteur de l’étude, Benjamin tenOever, PhD, professeur au département de microbiologie du NYU Langone Health, ce modèle animal est bien proche de la biologie humaine. Les découvertes chez les hamsters pourront donc être utiles dans la mise en place des futurs traitements.


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