Alors que l’onde de choc de l’affaire Epstein continue de faire trembler les institutions américaines, un silence étrange et persistant enveloppe la sphère politique française. Dans un entretien, Eric Lemaire et moi soulevons une question fondamentale : pourquoi, malgré l’ampleur des révélations, aucune commission d’enquête parlementaire n’a-t-elle encore vu le jour en France ?

Une faillite de la transparence démocratique
L’un des arguments majeurs avancés dans cette discussion est que la mission première d’une commission d’enquête est de vérifier le bon fonctionnement de l’État et de ses administrations [02:28]. Or, l'affaire Epstein n'est pas qu'un fait divers sordide ; elle touche à des réseaux d'influence et à des personnalités publiques françaises qui apparaissent dans les fichiers du milliardaire. Le refus de lancer une telle commission est perçu comme une volonté délibérée de maintenir l’opacité sur des mécanismes de corruption potentiels.
Le contraste avec le modèle américain
La vidéo souligne le contraste saisissant avec les États-Unis. Là-bas, malgré les clivages, les contre-pouvoirs fonctionnent, à l'image des auditions musclées devant le Congrès [01:40]. En France, le blocage semble total. La présidence de l’Assemblée nationale et l’exécutif sont décrits comme hostiles à cette démarche, et l'opposition elle-même est critiquée pour sa passivité [01:16]. Ce "blocage des institutions" est dénoncé comme un signe de fragilité démocratique où la protection des "puissants" semble l'emporter sur le devoir de vérité [08:05].
L'IA comme outil de vérité face à l'inertie humaine
Point fascinant de l'argumentation : l'accessibilité de la preuve. Éric Lemaire rappelle qu'avec les technologies actuelles d'intelligence artificielle, il est désormais simple et peu coûteux d'analyser les millions de documents liés à l'affaire pour en extraire les noms et les liens avec les administrations françaises [03:24]. Si la technologie permet aujourd'hui une transparence quasi instantanée, l'absence de volonté politique n'en devient que plus flagrante et suspecte.
La stratégie du discrédit : l'étiquette "complotiste"
Enfin, la chronique dénonce la contre-offensive médiatique visant à disqualifier toute interrogation légitime. En taxant systématiquement de "complotistes" ou d'"antisémites" ceux qui réclament des comptes sur l'affaire Epstein, certains acteurs médiatiques tentent de fermer le débat avant même qu'il ne s'ouvre [13:30]. Pourtant, comme le souligne la vidéo, réclamer que la lumière soit faite sur des réseaux de corruption et d'influence étrangère (notamment les liens évoqués avec certains services de renseignement) est un acte de souverainisme élémentaire [10:24].
Conclusion
L’absence de commission parlementaire en France sur l'affaire Epstein est une anomalie démocratique. Il ne s'agit pas de se substituer à la justice, mais de comprendre comment de tels réseaux ont pu opérer et si des personnalités de premier plan ont été compromises, au détriment de l'intérêt national. Face à l'inertie des élus, la mobilisation citoyenne reste le dernier rempart pour exiger cette transparence indispensable [12:45].

