Le vortex polaire, cette masse d’air glacial qui tourbillonne au-dessus de l’Arctique, s’est à nouveau affaissé ces dernières semaines. Résultat : un air sibérien descend jusqu’au cœur des États-Unis, gelant les Grands Lacs et paralysant des régions habituées au froid. Ce décrochage n’est pas nouveau, mais sa récurrence interroge. Pour beaucoup, c’est la signature du réchauffement climatique. Pour d’autres, une variabilité naturelle amplifiée par des données encore insuffisantes.

Les Etats-Unis subissent un froid historique, avec des températures qui descendent à – 40°C. Les chutes de neige sont aussi importantes, rendant les routes impraticables et perturbant le fonctionnement des aéroports. Selon les climatologues, ces conditions hivernales extrêmes sont liées à un effondrement du vortex polaire. Les experts s’interrogent encore sur les véritables causes de ce phénomène.
Chaos total aux Etats-Unis
Ces dernières semaines, les Grands Lacs ont gelé jusqu’aux phares. Des villes ont battu des records de neige. Les aéroports ont fermé, les routes sont devenues impraticables. Rien de nouveau : le décrochage du vortex se produit chaque hiver au moins une fois. Mais sa fréquence semble augmenter depuis les années 1990.
Les températures tombent jusqu’à 20°C en dessous du normal. Au nord du pays, elles descendent à -40°C. D’importantes chutes de neige rendent également les routes impraticables et perturbent le trafic aérien.

Selon les experts, ce froid historique est lié à une perturbation du vortex polaire. C’est une masse d’air froid tourbillonnant en haute altitude, au-dessus des pôles. Elle peut subir des dérèglements importants. En effet, le vortex polaire peut s’affaisser, se décrocher ou se séparer en deux. Ces phénomènes sont provoqués par un « réchauffement stratosphérique soudain » selon les météorologues.
Two competing effects influence our northern winters:
— Prof. Stefan Rahmstorf 🌏 🦣 (@rahmstorf) February 17, 2021
#1 Global warming.
#2 Increasing polar air outbreaks due to stratospheric polar vortex disturbances.
In the long run #1 wins - our winters are getting warmer. 1/🧵 pic.twitter.com/ixMLpkUs44
La perturbation du vortex polaire engendre un déplacement de l’air glacial vers les latitudes moyennes. Autrement dit, la masse d’air froid descend plus bas. Ce phénomène survient au moins une fois par an en Arctique selon les experts, ce qui explique les vagues de froid qui frappent certaines régions d’Amérique du Nord ou d’Europe pendant la saison hivernale. En cas de scission en lobes du vortex polaire, l’air glacial peut s’abattre sur les deux continents en même temps.
Un phénomène plus fréquent… ou simplement plus observé ?
Une étude de 2016 (Geophysical Research Letters) a montré un vortex anormalement faible entre 1990 et 2009. Interrogée début 2026 par le site Phys, l’université d’Oklahoma confirme une recrudescence des événements entre 2005 et 2025. Beaucoup de chercheurs pointent le réchauffement rapide de l’Arctique, qui réduirait le contraste thermique et affaiblirait le vortex.
Some residents in the Nashville area remain without power on Monday after an ice storm brought down trees and power lines. pic.twitter.com/5NAV9sCiJC
— AccuWeather (@accuweather) January 26, 2026
Pourtant, Jason Furtado, météorologue à l’université d’Oklahoma, reste prudent :
« Nous n’avons pas assez de données pour affirmer un lien direct avec le réchauffement climatique. »
La variabilité naturelle reste une explication plausible. L’atmosphère est complexe. Les cycles solaires, les oscillations océaniques, les phénomènes stratosphériques échappent encore aux modèles.

Certains chercheurs rappellent que l’atmosphère fonctionne par cycles complexes, encore loin d’être totalement compris.
L’effondrement du vortex polaire rappelle la complexité du climat. Les vagues de froid extrême aux États-Unis ne prouvent ni un réchauffement ni un refroidissement global. Elles soulignent surtout le besoin de plus de données et moins d’interprétations hâtives. En attendant, les Américains paient le prix du froid – et bientôt, peut-être, celui de politiques climatiques fondées sur des certitudes fragiles.


