Quand Sandrine Rousseau "découvre" qu'elle est un Loup de Wall Street, par Veerle Daens

Quand Sandrine Rousseau "découvre" qu'elle est un Loup de Wall Street, par Veerle Daens


Partager cet article

Oubliez les analyses complexes sur le déficit public ou la courbe de Laffer. Si vous voulez comprendre pourquoi la France coule pendant que l'orchestre joue du pipeau sur le pont du Titanic, il faut se pencher sur le "cas Rousseau".

Non, pas Jean-Jacques, l'autre. Celle qui murmure à l'oreille des déconstructeurs.

L'histoire est savoureuse. Imaginez une scène de vaudeville fiscal. Nous sommes sur un plateau télévisé parisien feutré (C à vous, le salon de thé de la bien-pensance). Sandrine Rousseau, agrégée d'économie (ne riez pas, c'est marqué sur sa fiche Wikipédia), pourfendeuse du néolibéralisme et grande prêtresse de la retraite par répartition, se fait coincer par la réalité. On lui apprend, en direct, qu'en tant qu'universitaire et fonctionnaire, elle bénéficie d'une retraite par capitalisation.

Sa réaction? La stupéfaction. Le déni. "Ah bon? Je ne savais pas."

Arrêtons-nous une seconde. Une économiste, ancienne vice-présidente d'université, ignore qu'une partie de son salaire est placée sur les marchés financiers depuis vingt ans. C'est un peu comme si un boucher découvrait après deux décennies de carrière que les saucisses sont faites avec de la viande.

Le "communisme de marché" pour l'élite

Ce que notre chère Sandrine ignorait — ou avait choisi d'ignorer pour préserver sa pureté idéologique — c'est l'existence du RAFP (Régime de Retraite Additionnelle de la Fonction Publique). C'est un fonds de pension monstrueux, mes amis. Un truc de capitalistes purs et durs, pesant plus de 40 milliards d'euros, investi en actions, en obligations, et même dans l'immobilier de bureau que les Verts détestent tant. 

L'ironie est mordante : pendant que Madame Rousseau bat le pavé pour empêcher le petit salarié du privé de placer trois sous en bourse (car la capitalisation, c'est le "vol"), l'État français, ce grand hypocrite, gère le plus gros fonds de pension du pays... exclusivement pour ses fonctionnaires!. 

C'est la quintessence du socialisme à la française : la répartition (la pyramide de Ponzi) pour la plèbe, et la capitalisation (la vraie création de valeur) pour la Nomenklatura. Et le plus beau? Ils ne s'en rendent même pas compte. Ils encaissent les dividendes du CAC40 sur leur compte retraite tout en tweetant contre les superprofits. C'est magique. C'est le "En même temps" cognitif.

L'effondrement cognitif (c'est elle qui le dit)

Sandrine Rousseau aime parler d'"effondrement cognitif" pour qualifier ses adversaires ou les vieux mâles blancs. Mais n'est-ce pas là une magnifique projection freudienne?  

Comment appeler autrement cette pathologie qui consiste à enseigner l'économie sans savoir lire sa propre fiche de paie? C'est le triomphe de l'incompétence diplômée. Nous sommes gouvernés par une caste qui vit dans une "forclusion du réel". Pour eux, l'argent n'est pas le fruit d'une production ou d'un investissement ; c'est une manne qui tombe du ciel étatique, une abstraction comptable.  

Le lien de cause à effet a disparu. Dans le monde merveilleux de Rousseau, on peut avoir la retraite à 60 ans, travailler moins (le fameux "droit à la paresse"), refuser la croissance, et pourtant, par miracle, les pensions seront payées. Par qui? Par quoi? Mystère. Sans doute par l'argent magique ou la taxe sur les barbecues virilistes.  

L'immunité des "bons"

Imaginez un instant un PDG qui avouerait à la télévision ignorer comment est financée sa propre retraite. Il serait viré dans l'heure pour incompétence grave. Mais en politique française, l'ignorance crasse est pardonnée, voire valorisée, tant qu'elle est drapée dans la vertu morale.

Sandrine Rousseau ne subit aucune conséquence de cette "sinistralité" intellectuelle. Au contraire, elle est réinvitée. Elle fait le buzz. Elle est le symptôme d'un système où la compétence technique est devenue suspecte, presque réactionnaire. Savoir compter, c'est déjà être de droite.

Sauve qui peut

Cette anecdote du RAFP est hilarante, certes, mais elle est surtout terrifiante. Elle nous rappelle que les gens qui votent les lois de finances, qui décident de vos impôts et de l'avenir de vos enfants, sont des illettrés économiques fonctionnels. Ils pilotent le navire sans savoir lire la carte, persuadés que les icebergs sont des constructions sociales du patriarcat.

Alors, un conseil d'amie : faites comme Sandrine Rousseau, mais consciemment. Capitalisez. Parce que si vous comptez sur ces gens-là pour gérer votre avenir par "répartition", vous finirez par manger des racines bios en attendant un chèque qui n'arrivera jamais.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
L'humeur de Veerle Daens : LFI, presse subventionnée et cirque du complotisme

L'humeur de Veerle Daens : LFI, presse subventionnée et cirque du complotisme

Mes chers amis de la liberté, reprenez un peu de ce café non taxé, car le spectacle devient franchement surréaliste. On atteint des sommets de voltige intellectuelle. La porte-parole du gouvernement nous explique, avec le sérieux d'un contrôleur fiscal un lundi matin, que la relation de LFI aux médias est « totalitaire et complotiste » parce que LFI a refusé la présence de médias subventionnés par le pouvoir lors de sa conférence de presse. Mélenchon leur a préféré des medias indépendants, es


CDS

CDS

Bulle IA : l'heure de vérité après les résultats de Nvidia, par Vincent Clairmont

Bulle IA : l'heure de vérité après les résultats de Nvidia, par Vincent Clairmont

La fête est finie pour l'euphorie aveugle. Malgré des résultats record publiés par Nvidia le 25 février 2026, la réaction tiède des marchés signale un basculement structurel : les investisseurs ne valorisent plus la promesse de croissance, mais exigent désormais des preuves de rentabilité réelle. 1. Pourquoi c'est important Le secteur de l'IA entre dans une phase de "prouvez-le" (Show me the money). La probabilité d'une correction majeure du marché (plus de 30 %) est désormais estimée entr


Rédaction

Rédaction

Profiling : de quelle modernisation du pays Doudou Philippe est-il capable ? par Hélène Brassier

Profiling : de quelle modernisation du pays Doudou Philippe est-il capable ? par Hélène Brassier

Le Courrier intègre une nouvelle rédactrice, psychologue de formation, qui nous a proposé (sous pseudonyme compte tenu du risque de réputation si sensible de nos jours) des profilings politiques particulièrement instructifs. Nous commençons ces rendez-vous par l'anatomie psychologique d'Edouard Philippe et des philippistes : quel type de modernisation du pays leurs traits de personnalité nous annoncent-t-ils ? L'émergence du parti Horizons dans le paysage politique français, fondé en octobre


Rédaction

Rédaction

Gilets Jaunes : un commissaire jugé en appel pour blessures sur une  septuagénaire

Gilets Jaunes : un commissaire jugé en appel pour blessures sur une septuagénaire

Sept ans après les faits, la justice examine à nouveau les mécanismes ayant conduit aux graves blessures de Geneviève Legay, militante d'Attac alors âgée de 73 ans. Le 23 mars 2019, lors d'une manifestation de « Gilets Jaunes » à Nice, une charge de police ordonnée par le commissaire Souchi avait projeté la septuagénaire au sol, provoquant de multiples fractures crâniennes. Le procès en appel du commissaire Rabah Souchi s'est tenu mercredi à Lyon. Accusé d'avoir ordonné une charge policière qui


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany