Condamné mardi 7 avril 2026 à seulement 10 ans de prison par la cour criminelle de Paris, Franck K., ex-professeur d’hébreu respecté, avait violé une fillette de 8 ans en 2005 dans les locaux de la synagogue Buffault. L’homme, qui enseignait à des centaines d’enfants, s’est réfugié en Israël avant même le dépôt de plainte. Amira, aujourd’hui 28 ans, a dû se battre seule pendant vingt et un ans contre une justice française lente et une communauté prompte à protéger les siens.

Les faits remontent à 2005. Lors d’un cours particulier dans les locaux de la synagogue Buffault à Paris, une enfant de 8 ans accuse son professeur d’hébreu, figure respectée et enseignant auprès de centaines d’élèves, de viol. Vingt et un ans plus tard, la cour criminelle de Paris rend finalement son verdict : 10 ans de réclusion criminelle, en deçà des 15 ans requis par l’avocat général, et bien loin du maximum encouru de 20 ans pour viol sur mineur avec abus d’autorité. Entre-temps, la procédure s’est enlisé dans une chronologie typiquement française : plainte tardive, instruction prolongée, puis absence de l’accusé.
Un prédateur sous statut d’intouchable
L’homme enseignait à des centaines d’enfants de la communauté juive parisienne. Une autorité morale, donc inattaquable. Selon l’ordonnance de renvoi, il aurait utilisé des bonbons pour « acheter le silence » de sa victime.

Amira n’a porté plainte qu’après des années de silence. Entre-temps, Franck K. avait déjà pris la direction d’Israël, se soustrayant aux convocations. Un mandat d’arrêt international a finalement été délivré en 2022. Soit dix-sept ans après les faits.
Une victoire amère pour la souveraineté de la victime
L’accusé n’a répondu qu’à une seule audition. Pas davantage. La France peut décréter des mandats d’arrêt ; elle ne peut contraindre un prédateur réfugié sous protection politique étrangère. L’avocat général avait requis quinze ans. Le tribunal en a accordé dix.

Compte tenu des circonstances aggravantes – viol sur mineur de moins de 15 ans par personne abusant de son autorité –, l’accusé encourait vingt ans. La clémence judiciaire, en l’absence de l’accusé, a des airs de renoncement. Les enjeux ici ne sont pas seulement symboliques : ils posent la question du poids des réseaux d’influence et du silence complice qui entoure parfois les institutions religieuses face au scandale.

Reste une question que la cour ne tranchera pas : combien d’autres « Franck K. » continuent encore d’enseigner, protégés par leur réputation, tant que personne ne brise le silence ? La synagogue Buffault, elle, a préféré ne pas commenter.


