Projet DOGE : la réforme choc de l’administration Trump dévoilée

Projet DOGE : la réforme choc de l’administration Trump dévoilée


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Mardi 12 novembre, Donald Trump, nouveau  président élu, a annoncé la création du Département de l’efficacité gouvernementale (DOGE), confié à Elon Musk et Vivek Ramaswamy. Ce duo d’entrepreneur travaillera en dehors des structures traditionnelles pour mener une réforme profonde et réduire les dépenses publiques.  Ces derniers ont dévoilé leur projet ambitieux pour réformer le gouvernement fédéral américain. Dans The Wall Street Journal, ils ont exposé leur stratégie pour économiser 2 000 milliards de dollars.

L’acronyme DOGE fait référence à la crypto-monnaie dogecoin, symbole de la culture technologique de Musk. En partenariat avec le Bureau de la Gestion et du Budget (OMB), le département aspire à introduire une approche entrepreneuriale et innovante dans la gestion des affaires publiques. Le projet DOGE n’est pas prévu pour durer indéfiniment. Trump a fixé une date butoir claire : le 4 juillet 2026, coïncidant avec le 250e anniversaire des États-Unis. Les deux entrepreneurs, Musk et Ramaswamy agiront en tant que conseillers externes, apportant leurs idées sans devenir des employés fédéraux.

Une agence indépendante en dehors du gouvernement

Trump a décrit l’objectif de DOGE comme une « réforme structurelle à grande échelle ». En collaboration avec le Bureau de la gestion et du budget ou l’OMB, l’organisation se concentrera sur :

  • L’élimination des dépenses inutiles.
  • La simplification des réglementations fédérales.
  • La réduction de la taille de la bureaucratie.

Contrairement aux départements traditionnels, le DOGE ne s’intègre pas à la bureaucratie fédérale. Musk et Ramaswamy agiront en tant que conseillers bénévoles, évitant ainsi de devenir des employés fédéraux. Leur équipe se compose de spécialistes techniques et juridiques, collaborant étroitement avec l’OMB.

DOGE s’appuie sur des décisions historiques de la Cour suprême, comme West Virginia c. EPA (2022) et Loper Bright c. Raimondo (2024). Ces arrêts limitent le pouvoir des agences fédérales et offrent un cadre juridique pour annuler des réglementations jugées excessives.

Musk et Ramaswamy misent sur des décrets présidentiels plutôt que sur des lois votées par le Congrès. Leur objectif sera d’éliminer des règlements inutiles ou non autorisés par le Congrès, simplifiant ainsi les processus administratifs tout en réduisant les coûts.

Dégraisser la bureaucratie fédérale

Le projet DOGE prévoit d’évaluer les besoins réels des agences gouvernementales et de diminuer le personnel excédentaire. Les employés touchés seraient encouragés à une transition vers le secteur privé, soutenus par des incitations à la retraite anticipée ou des indemnités de licenciement.

DOGE s’attaque aux contrats fédéraux mal vérifiés, prévoyant des audits massifs pour identifier des économies potentielles. De plus, des programmes comme le financement des médias publics (Corporation for Public Broadcasting) et la planification familiale (Planned Parenthood) sont explicitement mentionnés comme cibles.

Face aux objections concernant la faisabilité de leur projet, Musk et Ramaswamy soulignent leur approche pragmatique. Ils assurent que leur initiative corrige les abus administratifs sans dépasser les limites du pouvoir exécutif, tout en défendant l’idée que certaines lois pourraient être jugées inconstitutionnelles.

Le DOGE a une échéance claire : le 4 juillet 2026. Musk et Ramaswamy souhaitent marquer le 250e anniversaire des États-Unis en livrant un gouvernement plus efficace et moins coûteux. Si DOGE atteint ses objectifs, il pourrait transformer durablement la gouvernance fédérale américaine.


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