Depuis quatre ans, une certaine cohorte de « poutinolâtres », installée confortablement dans ses certitudes de salon franco-français, nous promet de façon ininterrompue une victoire russe imminente. À les écouter, l’armée ukrainienne ne serait qu’un château de cartes prêt à s’effondrer sous le souffle du « génie stratégique » du Kremlin. Pourtant, quatre ans plus tard, cette victoire se fait toujours attendre.

Ce décalage abyssal entre le fantasme et le réel ne démontre pas seulement la minceur idéologique de ceux qui s’obstinent à voir en Vladimir Poutine le sauveur providentiel de l’Occident, au mépris total des évidences ; il pose une question fondamentale : comment expliquer qu’en janvier 2026, la « deuxième armée du monde » ne soit toujours pas venue à bout d’une nation qu’elle prétendait rayer de la carte en quelques jours?

Pour comprendre pourquoi l’ogre russe tarde, voire est à la peine, il faut quitter la sphère de la propagande et plonger dans la réalité froide des chiffres, de la technologie et de l’épuisement matériel. Même si, nous en sommes bien d'accord, cette plongée dans le réel défrise les certitudes, mains sur le coeur, des pourfendeurs de la décadence occidentale qui nous affirmaient, sans sourciller, et nous affirment parfois encore, que "Poutine fait le boulot" pour mettre l'Occident à genoux.
J'en profite pour faire part de ma sympathie à certains des poutinolâtres qui vont détester cette chronique. Mais je me permets simplement d'ajouter que même avec la plus grande des bienveillances, la cécité confine parfois à la bêtise tragique.

