Le 31 mars à midi, Radio Nova annonce une émission spéciale de variété française, justifiée par un prétendu signalement de Michel Sardou auprès de l’ARCOM pour « sous-représentation ». Deux heures plus tard, le JDD publie l’information sans vérification. Le lendemain, le canular est démasqué. Matthieu Pigasse, propriétaire de Radio Nova via le groupe Combat, n’a pas caché sa jubilation sur X : "C’est ça la ligne éditoriale des médias Bolloré : prendre leurs fantasmes pour la réalité".

Radio Nova a piégé le Journal du Dimanche avec un faux communiqué publié le 31 mars. La station annonçait une « émission spéciale variété française » le 1er avril, soi-disant après un signalement de Michel Sardou à l’Arcom pour sous-représentation de la chanson hexagonale. Deux heures plus tard, le quotidien dominical de Vincent Bolloré publiait un article triomphant : « Sous-représentation de la variété française : Michel Sardou fait plier Radio Nova ». En effet, sans un coup de fil à l’Arcom ni à Sardou, le journal a diffusé un poisson d’avril comme une information.
« Trois i » contre une source
Sous la houlette de Lejeune, le JDD étrille quotidiennement « l’insécurité, l’islam, l’immigration » – les « trois i » dénoncés par Pigasse. Le canular tombait à pic : Sardou, symbole d’une France nostalgique (« le temps béni des colonies », 1976), faisait plier une radio « de gauche ».
Le Journal Du Dimanche se fait piéger par un poisson d’avril de @laRadioNova 🏴☠️ C’est ça la ligne éditoriale des médias Bolloré : prendre leurs fantasmes pour la réalité 🤡 😂 @leJDD @CNEWS pic.twitter.com/zGtFllZ7iY
— Matthieu Pigasse (@MPigasse) March 31, 2026
Aucune vérification factuelle ne viendra gâcher ce récit. L’arroseur arrosé, le JDD accusera Nova d’avoir publié son poisson d’avril un jour trop tôt. L’excuse en dit long sur la rigueur de la rédaction.
Une bataille culturelle aux enjeux électoraux
Derrière le rire, l’affaire révèle une guerre de tranchées entre deux empires. D’un côté, l’ultraconservateur Vincent Bolloré contrôle CNews, Europe 1 et le JDD, martelant obsessionnellement les thèmes de l’insécurité, de l’islam et de l’immigration.

De l’autre, le « milliardaire de gauche » Pigasse a fait de Radio Nova un contre-feu. Mi-janvier sur France Inter, il l’avait dit sans détour : l’objectif est « de gagner la bataille des idées et des images pour gagner la bataille électorale » de 2027. Les médias Bolloré, selon lui, transforment des fantasmes en boucles permanentes ; l’audiovisuel public est l’autre front.
À gauche comme à droite, l’information se militarise, c’est une guerre d’influence qui se joue. Entre Pigasse et Bolloré, la bataille des idées n’est qu’une lutte de pouvoir déguisée. L’information en sort affaiblie, et avec elle, la confiance du public.


