Pete Hegseth, candidat au Pentagone, veut réintégrer  les militaires non-vaccinés

Pete Hegseth, candidat au Pentagone, veut réintégrer les militaires non-vaccinés


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Lors de son audition au Sénat, Pete Hegseth, potentiel ministre de la Défense de Donald Trump, a annoncé qu’il compte indemniser et réintégrer les soldats non-vaccinés contre le COVID-19. Pour mémoire, fin 2021, tous les membres de l’armée américaine devaient compléter leur parcours vaccinal  sous peine de renvoi. Théoriquement, les membres de l’armée US pouvaient demander une exemption pour des raisons religieuses ou médicales. Malheureusement, dans nombreux cas, cette clause n’a pas été respectée.

Mardi, lors de son audition de confirmation, Pete Hegseth, ancien présentateur de Fox News et ancien membre de la Garde nationale de l’armée de 2002 à 2021, a marqué les esprits en annonçant son intention de réintégrer et de rembourser les militaires renvoyés pour avoir refusé de se conformer à l’obligation vaccinale contre la COVID-19. Hegseth a qualifié cette politique passée du Pentagone de « discrimination religieuse », estimant que les licenciements liés au refus du vaccin étaient injustifiés.

Une déclaration inattendue

Mardi, lors de son audition face à la Commission des Services des armées du Sénat pour examinera sa nomination au poste de Secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a annoncé son intention de réintégrer et de rembourser les militaires renvoyés pour avoir refusé de se conformer à l’obligation vaccinale contre le COVID-19. Hegseth a qualifié cette politique passée du Pentagone de « discrimination religieuse », estimant que les licenciements liés au refus du vaccin étaient injustifiés.

Il a déclaré:

« Des dizaines de milliers de membres du service ont été expulsés à cause d’un vaccin expérimental..ils seront excusés. Ils seront rétablis, rétablis avec rémunération et grade. »

Pour les sénateurs présents, cette déclaration a été accueillie avec surprise, notamment parce qu’elle est survenue au détour de discussions sur des sujets sans lien direct, tels que les politiques de diversité et de discrimination au sein de l’armée.

Une mesure coûteuse

Pour rappel, entre août 2021 et janvier 2023, tous les membres de l’armée américaine devaient se faire vacciner, avec quelques rares exceptions pour raisons médicales ou religieuses. Une obligation qui va vite devenir une source de controverse et de désorganisation.

La secrétaire à l’armée de terre, Christine Wormuth avait déclaré à l’époque :

« les soldats non vaccinés présentent un risque pour nos forces armées et compromettent notre niveau de préparation ».

Environ 8 000 militaires ont été contraints de quitter le service pour avoir refusé de se plier à cet ordre, un chiffre représentant moins de 0,5 % de l’effectif total. Bien que des procédures aient été mises en place pour permettre à ces soldats de réintégrer les rangs après la levée du mandat vaccinal, seules quelques dizaines d’entre eux ont saisi cette opportunité.

Si Hegseth parvient à imposer sa mesure, le coût financier pour le ministère de la Défense pourrait s’élever à plusieurs centaines de millions de dollars en remboursements de soldes et de promotions rétroactives.

Pete Hegseth, un choix menacé du Cabinet de Trump

Lors de son audition, les élus démocrates ont insisté sur son manque de compétences et ses problèmes personnels (allégations d’agression sexuelle et addiction d’alcool).

Durant son audition, Pete Hegseth, 44  ans, a promis de favoriser une «culture guerrière» au Pentagone. Le président de la commission Roger Wicker, un sénateur républicain du Mississippi, a estimé que M. Hegseth «apporterait de l’énergie et des idées nouvelles pour secouer la bureaucratie».

A noter que, le secrétaire à la Défense supervise près de 2,1 millions de militaires, et environ 780 000 civils et gère un budget colossal de 850 milliards $US. Dans un message diffusé sur X, le futur président Trump a exprimé son « soutien complet et total » à son candidat. Pour autant, Pete Hegseth est l’un des choix les plus menacés du cabinet de Donald Trump.

Pour rappel, aux États-Unis, la Constitution stipule que les nominations des secrétaires et autres hauts responsables doivent être validés par un vote au Sénat, précédé d’une audition devant la commission compétente pour le poste concerné.


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