Notre-Dame: Jupiter manipule l’opinion pour imposer ses vitraux modernes
French President Emmanuel Macron (L) touches the top of the newly rebuilt spire and cross, during his visit to the reconstruction work at Notre-Dame de Paris Cathedral, on the Ile de la Cite in Paris, on December 8, 2023. This spire is being reconstructed to be identical to the original one, destroyed in the fire of April 15, 2019 with the Cathedral set to be reopened at the end of 2024 according to the French Minsitry of Culture. (Photo by Christophe Ena / POOL / AFP)

Notre-Dame: Jupiter manipule l’opinion pour imposer ses vitraux modernes


Partager cet article

Alors que plus de 4 000 églises françaises tombent en ruine faute de moyens, l’État s’apprête à dépenser 4 millions d’euros pour remplacer les vitraux de Notre-Dame par des créations contemporaines. Un projet rejeté par les experts du patrimoine et la majorité des fidèles, mais imposé par Jupiter au prix d’une manipulation de l’opinion. Le ministère de la Culture a tenté de faire croire à la presse que la CNPA aurait « donné son feu vert ». Au-delà de la question esthétique, le scandale soulève un enjeu majeur: l’usage des deniers publics.

Depuis l’incendie de Notre-Dame en 2019, les Français suivent avec attention la restauration de la cathédrale. Mais en 2024, la volonté de Macron d’y introduire des vitraux modernes a rencontré un refus catégorique de la Commission nationale du patrimoine et de l’architecture (CNPA). L’instance, composée d’experts, s’est exprimée à deux reprises contre ce projet – en juillet 2024, puis en juin 2025 – rappelant que l’opération n’avait ni nécessité historique ni pertinence artistique.

La fabrication d’un récit officiel

La manipulation a commencé par une dépêche AFP, inspirée d’un article du Figaro, affirmant que la commission avait validé le projet. Relayée massivement par les médias, cette version s’est rapidement imposée dans l’opinion. Or, elle était fausse.

Les membres de la CNPA – consultés directement – ont confirmé par écrit qu’aucun accord n’avait été donné. Huit sur dix ont signé une déclaration rappelant leur opposition. Il s’agissait donc bien d’une falsification délibérée de la part du ministère.

Grâce aux réseaux sociaux et à l’action de l’association Sites & Monuments, le mensonge a été dévoilé. Télérama fut le premier média à publier un rectificatif, suivi de l’AFP et de BFMTV. Mais le mal était fait : pendant plusieurs jours, le public avait été trompé .

Une bataille patrimoniale et symbolique

Au-delà de la question esthétique, le scandale soulève un enjeu majeur : l’usage des deniers publics. Alors que la France laisse tomber en ruine des milliers d’églises paroissiales, 4 millions d’euros vont être mobilisés pour remplacer des vitraux jugés inutiles, voire nuisibles au patrimoine.

Chaque église abandonnée ou désacralisée symbolise une "défaite culturelle et spirituelle". Or, de nombreux jeunes Français, revenus vers la pratique religieuse pendant le Carême 2025, y voient un signe de trahison.

Face à ce projet de restauration des vitraux de Viollet-le-Duc, la contestation s’organise. Outre une pétition qui pourrait bientôt atteindre 300 000 signatures – un chiffre inédit pour une cause patrimoniale, les associations patrimoniales envisagent également des actions judiciaires pour bloquer ce qu’elles considèrent comme un caprice plus qu'un projet porté par l’intérêt général.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Quand les descendants de la Shoah comptent sur les Aryens pour les sauver, par Thibault de Varenne

Quand les descendants de la Shoah comptent sur les Aryens pour les sauver, par Thibault de Varenne

Jérusalem, janvier 2026. L’air est encore lourd des fumées de la « Guerre des 12 Jours » qui a secoué la région en juin dernier. Dans les couloirs de la Knesset et les salons feutrés du ministère des Renseignements, l’heure n’est plus aux demi-mesures. Face à une République islamique d'Iran fragilisée mais toujours menaçante, Israël a fait un choix audacieux, pour ne pas dire désespéré : parier sur le retour de la monarchie perse. L’image a fait le tour du monde : Reza Pahlavi, le fils du derni


Rédaction

Rédaction

L’humeur de Veerle Daens : Louis Sarkozy, le dandy légionnaire qui sent bon le soufre chaud
Crédit : Paris Match

L’humeur de Veerle Daens : Louis Sarkozy, le dandy légionnaire qui sent bon le soufre chaud

Je reviens sur la polémique suscitée par le tatouage de Louis Sarkozy. Et j'en profite pour vous dire que l'intraitable Eric Verhaeghe a décidé d'augmenter mes appointements pour que j'écrive encore plus dans les colonnes du Courrier. Mes chéris, Alors que la France de 2026 s’enfonce dans une mélancolie fiscale digne d’une fin d’Empire et que l’actualité internationale ressemble à un script de film catastrophe refusé par Netflix pour « manque de réalisme », nos intellectuels de gauche ont enfi


CDS

CDS

Dissolution de l'Assemblée : tout ça pour ça? par Éric Verhaeghe

Dissolution de l'Assemblée : tout ça pour ça? par Éric Verhaeghe

Il y a quelque chose de fascinant dans la capacité d'auto-destruction de la macronie finissante. Une sorte de génie du pire qui, lorsqu'on croit avoir touché le fond de l'absurdité institutionnelle, sort une pelle pour creuser encore un peu plus profond. Nous y voilà donc. Après quatre mois de psychodrame, de postures martiales et de « compromis » de couloir qui n'ont dupé personne, le couperet s'apprête probablement à tomber. La dissolution de l'Assemblée nationale, murmurée, crainte, puis ins


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

Macron et le CRIF en PLS : les Israéliens sont-ils ou non des colons ? par Veerle Daens

Macron et le CRIF en PLS : les Israéliens sont-ils ou non des colons ? par Veerle Daens

La police de la "pensée" a encore frappé, et cette fois-ci, elle porte le sceau de l’Élysée et l'onction des gardiens du temple moral. L'affaire est entendue : Hachette a dû retirer de la vente ses manuels de révision "Objectif Bac" dans la panique la plus totale. Le crime? Avoir imprimé, noir sur blanc, une phrase évoquant les victimes de l'attaque du 7 octobre en parlant de "1200 colons juifs morts". Il n'en fallait pas plus pour déclencher l'hystérie collective. Emmanuel Macron (dont l'ign


Rédaction

Rédaction