C’est un exode discret qui s’organise dans le ciel du Golfe. Tandis que les chancelleries occidentales multiplient les appels à la retenue, leurs ressortissants, eux, fuient. Londres réquisitionne désormais des appareils de British Airways à Oman pour rapatrier ses citoyens. Air France, KLM et Lufthansa emboîtent le pas, organisant à la hâte des vols spéciaux depuis Mascate.

En toile de fond : une attaque de missiles ayant perturbé le trafic aérien régional. En quelques heures, le Golfe est redevenu une zone à risque. Les compagnies européennes improvisent des ponts aériens, pendant que Bruxelles recommande d’éviter l’espace aérien concerné.
Royaume-Uni : gestion d’urgence depuis le Golfe
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a annoncé devant les députés que plus de 1 000 ressortissants britanniques avaient pu regagner le Royaume-Uni mardi, via des vols commerciaux au départ des Émirats arabes unis.

Il a précisé que British Airways allait affréter un vol supplémentaire depuis Mascate (Oman). Il a également indiqué que la secrétaire d’État aux Affaires étrangères, Yvette Cooper, poursuivrait les discussions avec la compagnie afin d’augmenter les capacités si nécessaire.
Muscat, nouveau hub d’évacuation
Le centre de gravité s’est déplacé vers Mascate, devenue porte de sortie pour les voyageurs quittant Dubaï. Frontière ouverte, visas levés, mais files d’attente interminables : Oman Air recommande d’arriver 12 heures avant le vol.

Les données de Flightradar24 confirment un afflux massif de vols commerciaux et charters. Outre British Airways, Air France, KLM et Lufthansa ont affrété des rotations spéciales depuis Mascate. Virgin Atlantic a même repris ses vols vers Dubaï et Riyad avec appareils pleins — à l’aller comme au retour.
La fluidité logistique repose désormais sur un État tampon, le Sultanat d’Oman, pendant que l’Agence européenne de la sécurité aérienne recommande d’éviter la zone.
Le coût aérien en zone rouge
L'impact économique ne se fait pas attendre. La compagnie low-cost Wizz Air anticipe déjà une perte annuelle, plombée par une facture de 50 millions d'euros liée au conflit (carburant, immobilisations).

Si Virgin Atlantic tente de maintenir un pont aérien vers Riyad et Dubaï, l’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) recommande l’évitement total.
L’Europe découvre sa dépendance stratégique : dépendance énergétique, dépendance aérienne, dépendance sécuritaire. Quelques missiles, et ce sont des milliers de passagers évacués, des millions d’euros envolés, et des gouvernements sommés d’improviser.



