Par Thibault de Varenne
Le pape, à l'UNESCO, a dit que le dialogue entre nations risquait de n'être plus qu'un simulacre. Poutine, à Valdaï, que les institutions de 1945 ne reflètent plus le monde. Entre les deux discours, le G7 a passé la semaine à se faire menacer d'embargo par son propre chef de file. Oui, l'ordre occidental s'affaiblit. Mais pas là où l'on regarde.
Trois textes en huit jours, et un communiqué. Le 25 septembre, à Paris, Léon XIV parle devant l'UNESCO. Le 1er octobre, près de Moscou, Vladimir Poutine parle trois heures devant le club Valdaï. Le 2 octobre, les sept chefs d'État et de gouvernement du G7, réunis par visioconférence sous la présidence d'Emmanuel Macron, publient six paragraphes sur le gazole. Les deux discours parlent de l'ordre du monde. Le communiqué, lui, le montre.

Deux mots qui ne disent pas la même chose
Le pape a employé le mot multilatéralisme. Devant l'UNESCO, il a décrit des institutions internationales dont on attend qu'elles répondent « à des défis qu'aucun État ne peut affronter seul », et qui traversent « une crise d'efficacité », parce que le dialogue y est désormais tenu « pour un obstacle à l'action plutôt que pour une ressource », pour un simulacre plutôt que pour une occasion de chercher ensemble le bien commun. Le remède qu'il propose tient en un mot que les chancelleries n'emploient plus : la confiance. Le matin même, à l'Élysée, il avait demandé à la France de « rester une championne infatigable de la paix et du multilatéralisme », et il avait ajouté une phrase qu'on a peu relevée : « la paix n'est pas un équilibre des forces ».
Vladimir Poutine a employé l'autre mot, multipolarité. À Valdaï, il a dit que les institutions nées de la Seconde Guerre mondiale « ne reflètent pas la situation du deuxième quart de ce siècle », que les Occidentaux forment « une minorité mondiale » qui « cherche à s'arroger des fonctions de gouvernance », notamment à l'ONU, et que l'éloignement de « l'hégémonie occidentale » conduira à un ordre « plus stable, plus démocratique et plus libre ». Il a présenté les BRICS comme un
