Il y a des jours où l'on regrette que le Bureau Ovale ne soit pas équipé d'un éthylotest, ou au moins d'un exemplaire de la Constitution utilisé autrement que comme cale-porte. Elizabeth Warren vient de sortir d'un briefing classifié sur l'Iran, et son verdict sur X tombe comme un couperet : « C’est bien pire que ce que vous pensiez. Vous avez raison d'être inquiets. »
I just left a classified briefing with the Trump Administration about the war in Iran.
— Elizabeth Warren (@SenWarren) March 3, 2026
I was worried before, but I’m more worried now. pic.twitter.com/HoSWLVWrR8

Venant d'une sénatrice qui voit habituellement dans l'État la solution à tous les problèmes, de la faim dans le monde à la température du café, l'aveu est savoureux. Quand le pompier pyromane commence à crier que le feu est hors de contrôle, c'est qu'il est temps de vérifier son assurance vie.
L'administration Trump, fidèle à sa légende, semble avoir lancé l'opération "Epic Fury" avec la rigueur stratégique d'un adolescent sur une partie de Call of Duty. On bombarde d'abord, on cherche une "menace imminente" sur Google Maps ensuite. Selon Warren, il n'y a pas de plan, pas de but, juste une "incohérence totale".
Mais attention : ne tombez pas dans le piège de l’analyse géopolitique complexe. Le rasoir d'Hanlon nous l'enseigne : « Ne jamais attribuer à la malveillance ce que la bêtise suffit à expliquer ». En politique, nous avons tendance à imaginer des complots machiavéliques, des échiquiers à dix dimensions où des génies de l'ombre manipulent les masses. Quelle erreur ! Ce que Warren nous décrit, c'est le spectacle habituel de l'étatisme en roue libre : une bande de bureaucrates en costume et un chef de clan qui jouent avec des vies humaines parce qu'ils n'ont aucune idée de ce qu'ils font une fois que les caméras sont éteintes.
L’administration nous explique, sans rire, qu’il faut détruire l'Iran pour le sauver, tout en admettant à demi-mot que le plan de sortie est aussi flou qu'une promesse de campagne. On nous parle de "guerre préemptive" parce qu'Israël allait frapper et qu'il fallait bien participer à la fête. C'est la diplomatie du "pourquoi pas ?"

Le drame, ce n'est pas seulement que Trump se prenne pour Napoléon sans le bicorne. Le drame, c'est ce système qui permet à un seul homme de traîner 330 millions de personnes dans un conflit illégal sans que personne ne puisse appuyer sur le bouton "Pause". Les libertariens vous le disent depuis toujours : si vous donnez un marteau géant à l'État, ne vous étonnez pas s'il finit par voir chaque pays étranger comme un clou.
Warren a raison d'être inquiète, mais pour les mauvaises raisons. Elle s'inquiète du manque de "plan". Moi, je m'inquiète qu'il y ait encore des gens pour croire qu'un "plan" gouvernemental a déjà fonctionné. La bêtise est aux commandes, et elle est armée de missiles de croisière.
Restez lucides. Et surtout, gardez vos portefeuilles et vos enfants à l'abri : l'État a faim de sang et d'impôts, et apparemment, il n'a même plus besoin de mentir intelligemment pour se servir.


