L'État, c'est moi (et mon chéquier) : le cas d'école Vallaud-Belkacem

L'État, c'est moi (et mon chéquier) : le cas d'école Vallaud-Belkacem

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En République française, il existe une caste (je sais, je paraphrase Eric Verhaeghe) pour qui la faillite n'est jamais une option et le chômage une légende urbaine. Alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu cherche désespérément 40 milliards d'euros pour éviter le naufrage budgétaire, l'affaire Najat Vallaud-Belkacem vient nous rappeler, avec une arrogance fascinante, comment fonctionne l'aristocratie de l'argent public.  

L'ancienne ministre socialiste, n'ayant plus de mandat national électif, a été "recasée" en juillet 2025 par le fait du prince — un décret présidentiel — à la Cour des comptes. Le grade? Conseillère maître. Le salaire? Environ 7 500 euros bruts par mois, hors primes, financés intégralement par le contribuable. Sa mission théorique? S'assurer, dans une neutralité monacale, du bon usage de nos impôts.  

Mais le silence et la réserve, c'est bon pour le petit fonctionnaire de guichet. Pour Mme Vallaud-Belkacem, la sécurité de l'emploi à vie offerte par la haute fonction publique n'est pas une contrainte, c'est une rente de situation qui finance son activisme politique.

Depuis son bureau de la rue Cambon, ou plutôt depuis les plateaux télé qu'elle écume, elle préside l'association France terre d'asile. En novembre, elle a présenté un "plan" affirmant que l'immigration rapporterait 3,3 milliards d'euros à l'État. Et elle a ajouté, à cette occasion :

« Notre politique migratoire actuelle est un double gâchis : un gâchis humain, indigne de notre République, et un gâchis financier, qui coûte des milliards aux contribuables. Il est temps d'avoir le courage politique de faire rimer nos principes de fraternité avec l'efficacité économique. Ce plan montre que c'est possible et que c'est dans l'intérêt de la France. »

L'audace est totale. Car qui finance France terre d'asile? L'État, encore et toujours. En 2022, cette structure a perçu plus de 65 millions d'euros de subventions publiques.  

Nous sommes face à la quintessence du socialisme d'État :

  1. Une fonctionnaire payée par nos impôts (Cour des comptes).
  2. Qui dirige une association subventionnée par nos impôts (France terre d'asile).
  3. Qui utilise ces deux tribunes pour exiger que l'État dépense encore plus d'impôts, tout en critiquant la politique du gouvernement qui la rémunère. 

Quand Pierre Moscovici, Premier président de la Cour, est contraint de rappeler qu'il n'est "pas son copain" et que le devoir de réserve s'applique à tous, il ne fait qu'effleurer le problème. Le scandale n'est pas seulement déontologique, il est moral et financier.  

Dans le secteur privé, un auditeur qui insulterait publiquement la stratégie de son entreprise tout en travaillant pour un concurrent serait licencié pour faute lourde dans l'heure. Dans la "République des camarades", on saisit un comité d'éthique qui rendra un avis feutré dans trois mois. 

Najat Vallaud-Belkacem incarne cette élite insubmersible qui a privatisé les profits de la notoriété politique tout en mutualisant les risques de sa carrière sur le dos des Français. Elle veut faire de la politique? Qu'elle se fasse élire ou qu'elle démissionne de la fonction publique. Mais utiliser le filet de sécurité de l'État pour faire de la voltige militante est une insulte à ceux qui, chaque matin, se lèvent pour payer la facture de ce cirque institutionnel.


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