Pendant que la France discute de municipales introuvables et que l’IA menace les diplômes comme un ransomware silencieux, une autre géopolitique se met en place : celle des cadres supérieurs mondialisés. Où vivre, où investir, quelle puissance servir quand les États s’effacent derrière les villes-monde et les mégacorporations ? Bienvenue dans la prospective cynique de la vie des super-cadres.

Alors que des municipales introuvables viennent encore d’occuper quelques plateaux télé français, il est parfois sain de revisiter certains poncifs lorsque l’on est — ou que l’on prétend être — un jeune cadre dynamique. Depuis vingt ans, le débat public s’enivre de slogans faciles : “fin de l’histoire”, “choc des civilisations”, “déclin de l’Occident”. On critique beaucoup Francis Fukuyama, souvent sans l’avoir lu, et l’on ricane devant les influenceurs botoxés arrivant à Roissy comme des réfugiés fiscaux involontaires, accueillis par des inspecteurs des impôts plus ou moins compatissants.
Des entrepreneurs migrateurs
Pendant que les commentateurs ironisent, le monde avance. Pas seulement à coups de tweets rageur d’un trumpisme vieillissant ou de crises diplomatiques spectaculaires. La véritable transformation se déroule ailleurs : dans la recomposition lente mais radicale de l’économie mondiale et du rôle des élites économiques.

Car oui, les cadres supérieurs sont aujourd’hui pris dans un étau. L’intelligence artificielle promet d’automatiser une partie de leurs fonctions : conseil, analyse, production intellectuelle standardisée. Dans le même temps, la guerre technologique fait voler en éclats certaines hiérarchies stratégiques. L’hyperpuissance américaine elle-même se découvre vulnérable à des drones artisanaux ukrainiens, iraniens ou houthis, tandis qu’Israël expérimente déjà les premiers systèmes de défense laser opérationnels. Le monde est redevenu brutalement technologique.
Mais ce n’est pas le cas des hypercadres, ces profils très expérimentés aux compétences multiples et à la fibre entrepreneuriale. Ceux-là sont chassés partout et redessinent la géopolitique.
Ainsi contrairement à l’image d’épinal, le japon accepte la migration d’hyper cadres de Taiwan qui en se protégeant dessinent une alliance militaire de demain.
Les chefs dronistes ukrainiens, hyper cadres militaires, dispensent leur savoir dans tout l’occident – dont la France.


