La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a interdit aux mutuelles d'augmenter leurs tarifs... tout en leur imposant une taxe nouvelle d'1 milliard€. Cette mesure aberrante se fondait sur l'idée que les mutuelles s'enrichissent trop ! Mais, manifestement, ce projet a du plomb dans l'aile, et tout indique que la mesure devrait être abandonnée, quoiqu'inscrite dans la loi.

C’est une scène de théâtre d’ombres comme la Macronie finissante sait nous en offrir. Ce 30 janvier 2026, les représentants de la Mutualité Française, de la FIPS, de France Assureurs et de l’UNOCAM sont sortis de leur réserve habituelle pour envoyer un message clair au gouvernement et aux députés : la récréation est finie. En cause ? La folle dérive de la Loi de Financement de la Sécurité Sociale (LFSS) qui prétend, telle une économie administrée soviétique, dicter les prix tout en s'accaparant les caisses.

L’unanimisme parlementaire contre le marché
Il faut savourer l'ironie : sur les bancs de l'Assemblée, l'unanimité semble s'être faite pour imposer un "gel des tarifs" en 2026. Droite et gauche confondues, nos députés ont redécouvert les joies du prix administré. Dans leur esprit, il suffit d'un vote pour que l'inflation disparaisse et que les coûts de santé s'arrêtent de grimper par miracle législatif. Mais comme toujours avec le libertarisme de bon sens, la réalité finit par rattraper les démagogues. On ne décrète pas le prix d'un service dont on fait exploser les charges par ailleurs.
L'État ne peut pas, par pur calcul politique, mettre artificiellement des entreprises en faillite en leur imposant des pertes obligatoires. C'est ici que l'argument juridique devient une arme : cette mesure est jugée anticonstitutionnelle car elle bafoue la liberté d'entreprendre et la sécurité juridique la plus élémentaire.

Le hold-up d’un milliard d’euros
Le prétexte invoqué par les élus est usé jusqu'à la corde : les complémentaires "s'enrichiraient trop" sur le dos des Français. Résultat ? La LFSS 2026 a acté une hausse de la taxe sur les contrats de santé à hauteur d'un milliard d'euros. D’un côté, l’État vous interdit d’ajuster vos tarifs; de l’autre, il plonge la main dans votre poche pour éponger ses propres déficits abyssaux. C’est le hold-up parfait, habillé d’une vertu de façade pour plaire à l'électeur.

Le transfert de charges : la facture cachée
Mais le cynisme ne s'arrête pas là. En plus de la taxe, l'État a décidé de transférer de nouvelles dépenses de l'Assurance Maladie vers les complémentaires. C'est une stratégie de bouc-émissaire vieille comme le monde : on se décharge des coûts tout en privant le gestionnaire des moyens de les financer. Les mutuelles rappellent ainsi que l'évolution des cotisations n'est que le reflet fidèle du vieillissement de la population et du développement des maladies chroniques que l'État est incapable de gérer.


