Le Deep State US peut-il accepter l’arrivée d’un souverainiste à l’Elysée ?

Le Deep State US peut-il accepter l’arrivée d’un souverainiste à l’Elysée ?


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Au fur et à mesure que l’élection présidentielle approche et que l’écart se resserre dangereusement (dans les sondages) entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, se pose la question d’une réaction américaine à une défaite du sortant et à une arrivée d’un souverainiste à l’Elysée (qu’il s’agisse de Marine Le Pen ou de Jean-Luc Mélenchon, et nous traiterons spécifiquement la question d’Eric Zemmour). Nous avons déjà évoqué la virulence prévisible de la réaction européenne. C’est la question de la réaction du gouvernement profond américain, du Deep State, qui nous intéresse ici.

Certes, la relation entre Macron et le Deep State américain n’a pas toujours été au beau fixe. On se souvient des remarques acides du Président sur « l’Etat profond » en France qui l’empêchait de mener un dialogue constructif avec Poutine. On se souvient aussi des sorties macroniennes sur la « mort clinique » de l’OTAN et la relance de la défense européenne, qui n’a guère avancé…

Mais, les événements en Ukraine le montrent, Macron demeure néanmoins un atlantiste et un bon soldat de la mondialisation, ce que ne seraient ni Marine Le Pen ni Jean-Luc Mélenchon. On sera plus réservé sur Eric Zemmour, qui a contre-balancé ses positions pro-Poutine d’antan par une très suspecte dénonciation outrancière de l’invasion de l’Ukraine.

Toute la question est de savoir comment le Deep State américain peut réagir à l’arrivée d’un candidat qu’il ne contrôle pas.

Depuis Sarkozy, la grande réconciliation

Rappelons d’abord que le Deep State ne peut guère se plaindre de la France depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy à l’Elysée.

Faut-il rappeler ici les liens privilégiés que la famille Sarkozy entretient avec les Etats-Unis et son Deep State ? Faut-il souligner que toute la politique étrangère de Sarkozy a consisté à anticiper les projets du Deep State, notamment en soutenant obstinément la disparition des régimes laïcs dans le monde arabe, au profit de régimes sunnites liés à l’Arabie Saoudite ?

L’affaire libyenne l’a abondamment montré.

Mais on ne dira pas mieux de François Hollande, qui fut Young Leader franco-américain, comme Emmanuel Macron d’ailleurs.

Autrement dit, l’atlantisme règne en maître à l’Elysée depuis 15 ans, et, pour les Etats-Unis, l’élection d’une Marine Le Pen ou d’un Mélenchon rompraient avec ce qui ressemble désormais à une tradition bien établie (d’autres diraient à une reprise en main dans la durée).

Compte tenu des enjeux forts qui se dégagent, notamment dans la foulée du Great Reset tel qu’il commence à se dessiner dans la durée, on peut supposer que les Etats-Unis ne verront pas d’un excellent oeil la perte de contrôle qui se dessine sur un membre du conseil permanent de sécurité de l’ONU.

On peut même penser que cette perte d’influence appellerait des réactions fortes…

Une coopération militaire entravée

Bien entendu, on ne peut imaginer que les Etats-Unis expriment ouvertement leur désapprobation vis-à-vis d’un vote français souverain.

En revanche, des mesures de rétorsion sous-jacentes seraient probablement prises assez rapidement.

C’est en particulier la coopération militaire, et tout spécialement dans le domaine du renseignement, qui devrait souffrir. On sait que, pour toutes les opérations au sol, la France a structurellement besoin du renseignement américain pour agir. On peut imaginer que cette coopération serait plus compliquée.

En outre, il est très probable que l’armée américaine se raidirait et imposerait plus que jamais aux membres de l’OTAN une intégration renforcée dans le domaine de l’armement, incluant la France.

Au coeur de cette intégration, la vente « forcée » de F-35 capables de porter des « mini-nukes » se généraliserait sans doute.

L’autonomie stratégique de la France serait par ailleurs compromise grâce au contrôle américain discret mais réel sur certains de nos armements, notamment par l’intermédiaire des systèmes d’information.

La tentation d’une déstabilisation

Surtout, assez rapidement si la nouvelle équipe au pouvoir devait poser des actes hostiles à la mondialisation et à l’ordre américain, la tentation viendrait d’organiser des opérations de déstabilisation comme la CIA sait si bien en concocter.

Ces opérations peuvent prendre diverses formes.

Beaucoup de Zemmouriens sincères m’en voudront, mais le premier test sera de savoir Eric Zemmour continue sa stratégie d’affaiblissement du souverainisme après les élections présidentielles, notamment en lançant ses propres listes aux législatives, ou bien en divisant son camp pour éviter qu’une majorité de gouvernement ne se dégage.

On peut en effet imaginer qu’un Bolloré ou un Dassault (Bolloré devant prochainement racheter le Figaro, selon toute vraisemblance) prendra soin, en effet, de ne pas faire basculer la France dans une posture anti-atlantiste.

Rappelons que, dans les coulisses des marchands français d’armes, il se murmure depuis longtemps qu’il existait une alliance au moins objective entre les Etats-Unis et la Russie pour minorer la France. Les événements en Ukraine ont montré que le gouvernement profond américain a décidé de changer de stratégie sur l’échiquier international… mais le cerveau de la caste mondialisée en France se caractérisant par sa lenteur, on peut parier sur le fait qu’un avionneur comme Dassault continuera à privilégier l’équilibre entre la Russie et les USA, par notre maintien scrupuleux dans l’OTAN.

Vers des troubles sociaux orchestrés ?

Depuis 1945, le Deep State dispose d’une série d’officines discrètes en France, y compris parmi les syndicats.

Par exemple, un article du Monde de 1967 soutenait que le syndicat Force Ouvrière, né d’une scission avec la CGT, était né sous les auspices de la CIA. Certains pensent qu’il s’agit d’une histoire ancienne.

Mais d’autres syndicats montrent une véritable porosité aux principes de l’atlantisme et du mondialisme. Cet article publié par la CFDT sur la « fachosphère » montre par exemple comment le principal syndicat français reprend à son compte tous les stéréotypes de la propagande mondialisée.

Il ne serait donc pas très compliqué, pour des officines bien organisées, de nourrir une contestation en France, par exemple contre la politique de Marine Le Pen sur l’immigration, en incluant un certain nombre d’organisations syndicales (qui n’ont par ailleurs jamais été regardantes sur l’odeur de l’argent qui les finançait).

De mon point de vue, c’est le principal danger qui pourrait survenir en cas de victoire de Marine Le Pen.

Spéculation et mur de l’argent

Enfin, une autre mesure de rétorsion peut facilement s’imaginer. Le Deep State ne manque pas de bons élèves partout dans le monde, et particulièrement en Amérique, comme George Soros, capables de déstabiliser un Etat par la spéculation et par l’activation du mur de l’argent.

On se souvient par exemple du raid mené par Soros sur la livre Sterling, dont on dit qu’elle visait à dissuader la Grande-Bretagne d’entrer dans la zone euro. Cette opération serait rendue plus difficile par l’appartenance de la France à cette zone.

Mais nous avons déjà indiqué quel activisme serait celui de la BCE dans notre précédent article contre une arrivée de Marine Le Pen au pouvoir (la situation sur Mélenchon étant plus nuancée). On peut tout à fait imaginer une alliance objective de la BCE et de la finance anglo-saxonne pour mettre le financement de l’Etat en difficulté, et pour contrecarrer la mise en oeuvre d’une nouvelle politique.

Assez curieusement, ni Marine Le Pen ni Jean-Luc Mélenchon n’ont pris le temps de s’exprimer sur ces sujets. Peut-être en sont-ils tout simplement ni conscients ni préparés au gouffre qui pourrait s’ouvrir sous leurs pieds.

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