Par Thibault de Varenne
Washington a demandé aux monarchies du Golfe de se préparer à une campagne « courte et intense » contre l'Iran, juste après le scrutin américain du 3 novembre. Un porte-avions de plus fait route. La France a une base navale à Abou Dhabi, touchée par des drones iraniens le 1er mars. Le plein de gazole coûte 2,38 euros le litre.
Selon l'agence Anadolu, qui cite le Wall Street Journal, les États-Unis ont prévenu plusieurs pays arabes du Golfe, par les canaux diplomatiques et militaires, qu'une offensive pourrait suivre les élections de mi-mandat. Donald Trump n'a pas tranché. Il penche, selon la même source, pour une attaque d'ampleur contre les sites nucléaires et les infrastructures iraniennes. Les préparatifs, eux, sont déjà en cours. Un groupe aéronaval supplémentaire et une unité de Marines doivent rejoindre en novembre la vingtaine de navires de guerre américains déjà sur place. Une batterie de missiles Patriot quitte le Texas. Des soldats sont retirés des bases les plus exposées.
Le président américain avait promis de ne rien faire avant le vote. À un meeting à Lubbock, au Texas, le 27 octobre, il a précisé la suite : « Vous verrez l'Iran dans quelques semaines. » La Maison-Blanche se contente de dire qu'il « garde toutes les options sur la table ».
Huit mois de guerre, en quelques lignes
Pour le lecteur qui n'a pas suivi, voici ce qui s'est passé depuis l'hiver.
Le 28 février, les États-Unis et Israël ont ouvert les hostilités contre l'Iran. Téhéran a répondu en frappant les installations américaines du Golfe et en fermant de fait le détroit d'Ormuz, ce goulet entre l'Iran et Oman par lequel passait environ un cinquième du pétrole mondial. Un cessez-le-feu américano-iranien est entré en vigueur le 8 avril. Un mémorandum signé en juin, selon Anadolu, devait ouvrir la voie à la paix. Il a sombré sur la question de la navigation dans le détroit. Depuis, Washington étrangle les exportations iraniennes par un blocus naval.
Les monarchies du Golfe ont payé la première phase. Aux Émirats arabes unis, les frappes iraniennes ont fait 13 morts et 224 blessés, selon les bilans compilés, touché l'aéroport de Dubaï, des raffineries, des sites gaziers. L'Iran a prévenu que toute nouvelle attaque déclencherait des frappes contre les cibles économiques et militaires de toute la région. Riyad, Ankara et Islamabad multiplient les consultations avec Téhéran. Sans résultat.
Israël vote. Avec plus de 90 % des bulletins dépouillés, Benyamin Nétanyahou devance de peu Gadi Eisenkot, ancien chef d'état-major, et aucun des deux n'a de