L'Amérique de Trump un an après, ou l'art de refiler la facture à l'Europe

L'Amérique de Trump un an après, ou l'art de refiler la facture à l'Europe


Partager cet article

Près d’un an après son retour à la Maison Blanche et la promesse d’un "nouvel âge d’or", l’heure est au bilan pour la politique économique de Donald Trump. La catastrophe inflationniste annoncée par ses détracteurs a-t-elle eu lieu ? Pas vraiment. Mais le miracle "MAGA" a-t-il opéré ? Pas davantage.

Ce qui se joue en coulisses, c'est une partie de poker menteur mondial dont l'Europe semble être, une fois de plus, le « dindon de la farce ».

📈 L'Inflation : le chien qui n'a pas aboyé (ou pas trop fort)

Contrairement aux craintes, les tarifs douaniers massifs imposés par Trump n'ont pas provoqué d'explosion immédiate des prix à la consommation aux États-Unis. L'inflation s'établit autour de 2,7 %, ce qui reste au-dessus de la cible de la Fed, mais sans dérapage incontrôlé [04:12].

Pourquoi ce calme relatif ? Deux raisons principales :

  1. L'effet de stockage : Les importateurs américains ont anticipé les taxes en remplissant leurs entrepôts avant leur mise en place [05:05].
  2. La "soupape" du déficit : Le déficit commercial américain continue d'agir comme un amortisseur, permettant l'afflux de produits étrangers bon marché qui préservent le pouvoir d'achat américain [06:00].

🌏 La riposte silencieuse de l'Asie

Là où l'analyse devient fascinante, c'est dans la réaction des partenaires commerciaux. Pour contourner les barrières douanières de Trump, la Chine et le Japon ont opté pour une stratégie d'adaptation monétaire redoutable.

  • La Chine a piloté une baisse du yuan (renminbi) quasi symétrique aux droits de douane. Résultat : malgré des taxes de près de 40 %, le prix des produits chinois entrant aux USA a... baissé de 3 % ! [12:02]. Pékin a choisi de sacrifier ses marges et sa devise pour garder ses parts de marché.
  • Le Japon, de son côté, laisse filer le yen via des taux bas pour soutenir ses exportations [15:26].

🇪🇺 L'Europe : La victime collatérale

C'est ici que le bât blesse pour nous. Pendant que le dollar reste fort et que les monnaies asiatiques baissent, l'Euro, lui, s'est apprécié. Nous subissons une double peine :

  1. Nos produits sont plus chers à l'export.
  2. La Chine, bloquée en partie aux USA, réoriente massivement ses surcapacités de production vers le marché européen [26:06].

L'Europe, avec son euro fort et son absence de protectionnisme comparable, devient le déversoir des produits chinois bon marché (acier, etc.), mettant en péril nos propres industries. Comme le résume la chronique : les Américains se protègent, les Chinois s'adaptent, et les Européens paient l'addition.

🔮 Conclusion

Donald Trump semble s'être attaqué au symptôme (le déficit commercial) plutôt qu'à la maladie (le déficit courant structurel). Si l'économie américaine tient bon, c'est peut-être moins grâce à ses tarifs que grâce à la bulle spéculative de l'Intelligence Artificielle qui continue de porter la croissance [28:02]. Mais attention au "cygne noir" : si cette bulle éclate, le château de cartes pourrait bien s'effondrer.

Rendez-vous mardi prochain pour voir si l'Europe décide enfin de se réveiller.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Cadeau loyauté : notre dossier sur le krach (et faut-il avoir peur de la baisse récente de l'or ?), Vincent Clairmont

Cadeau loyauté : notre dossier sur le krach (et faut-il avoir peur de la baisse récente de l'or ?), Vincent Clairmont

Nous poursuivons nos cadeaux "loyauté des lecteurs" en vous proposant aujourd'hui gratuitement notre dossier sur "survivre à un krach financier", qui tombe à point nommé après la chute brutale de l'or et de l'argent. Nous en profitons pour répondre à la question : faut-il avoir peur de la baisse récente de l'or ? La situation actuelle des marchés financiers, et plus particulièrement celle des métaux précieux en ce début février 2026, est marquée par une volatilité extrême, qui peut effrayer cer


Rédaction

Rédaction

Château de Nieuil : quand l’État saisit avant de juger

Château de Nieuil : quand l’État saisit avant de juger

La cour d’appel de Paris confirme la saisie du château de Nieuil dans l’enquête visant Optical Center. Laurent Lévy, PDG d’Optical Center, soupçonné de fraude fiscale et de blanchiment à hauteur de 275 millions d’euros, l’homme d’affaires voit ses actifs gelés. Parmi eux, le joyau charentais : le château de Nieuil. Leader de l’optique et de l’audition en France, Optical Center est actuellement au cœur d’une enquête pour fraude fiscale. La Cour d’appel de Paris a confirmé le 22 janvier la saisie


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

Les mutuelles naufragent les députés et le gouvernement sur le mur de la réalité

Les mutuelles naufragent les députés et le gouvernement sur le mur de la réalité

La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a interdit aux mutuelles d'augmenter leurs tarifs... tout en leur imposant une taxe nouvelle d'1 milliard€. Cette mesure aberrante se fondait sur l'idée que les mutuelles s'enrichissent trop ! Mais, manifestement, ce projet a du plomb dans l'aile, et tout indique que la mesure devrait être abandonnée, quoiqu'inscrite dans la loi. C’est une scène de théâtre d’ombres comme la Macronie finissante sait nous en offrir. Ce 30 janvier 2026, le


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

Quand une mairie de gauche est incapable de protéger les enfants qu'elle prend en charge

Quand une mairie de gauche est incapable de protéger les enfants qu'elle prend en charge

L'émission "Cash Investigation" diffusée le 29 janvier sur France 2 a révélé des dysfonctionnements graves dans le périscolaire à Paris. Des témoignages accablent sur des comportements inappropriés d'animateurs, mais ignorés par la municipalité. Alors que plus de cinq millions d’enfants sont accueillis chaque jour dans le périscolaire. L'enquête dénonce les conditions de travail précaires pour les animateurs : bas salaires, temps partiels imposés... Cette affaire met en lumière l'incapacité d'un


Rédaction

Rédaction