La France ou l'ombre d’une Nation : requiem pour la souveraineté

La France ou l'ombre d’une Nation : requiem pour la souveraineté


Partager cet article

Après le sommet (informel, mais réel et profond) d'Alden-Biesen, constatons les dégâts du macronisme. Bientôt la France n'existera plus en tant que Nation, dans l'indifférence générale.

Il y a quelque chose de profondément crépusculaire à observer une nation se défaire de ses propres mains. Ce que les rapports administratifs nomment froidement « transfert de compétences » ou « intégration fédérale » est, en réalité, le lent effilochement d’une étoffe tissée par mille ans de volonté. C’est le passage d’une terre qui criait son nom au monde à une surface lisse, une province anonyme dans un ensemble sans visage.

UE : Macron valide un saut fédéral immédiat avec 5 autres pays, par Elise Rochefort
Le séminaire informel tenu au château d’Alden-Biesen en février 2026 marque un tournant historique : il a officiellement ouvert la porte à une « Europe à deux vitesses ». Devant l’urgence de la compétition mondiale et l’inertie de la prise de décision à Vingt-Sept, ce sommet a cristallisé une nouvelle doctrine où l’unité

L’image de la « Cité » grecque, ce lieu où le citoyen se tenait debout face à son destin, s’effondre sous nos yeux. Aujourd'hui, le pouvoir ne se combat plus, il s’évapore. Il part se nicher dans des lointains feutrés, dans des couloirs de verre où la langue n'a plus d'accent et où la décision n'a plus de signature. On nous promet l'efficacité, mais on nous offre l'absence. Le bulletin de vote, autrefois geste sacré de souveraineté, ressemble désormais à une lettre postée vers une adresse qui n'existe plus.

UE : Macron valide un saut fédéral immédiat avec 5 autres pays, par Elise Rochefort
Le séminaire informel tenu au château d’Alden-Biesen en février 2026 marque un tournant historique : il a officiellement ouvert la porte à une « Europe à deux vitesses ». Devant l’urgence de la compétition mondiale et l’inertie de la prise de décision à Vingt-Sept, ce sommet a cristallisé une nouvelle doctrine où l’unité

Nous assistons au triomphe du gestionnaire sur le poète, du chiffre sur l'histoire. La France n’est plus une idée singulière, un « modèle » rebelle et fier ; elle devient une strate, une ligne de compte dans un grand livre de bord technocratique. Ce "monde plat" qui s’annonce est celui de l’uniformité, où la norme remplace la loi, et où la procédure étouffe le politique.

Il y a une tristesse infinie dans cette atomisation de l’individu. Dépossédé de son cadre national, de ce toit symbolique qui le protégeait de l'immensité vide, le Français se retrouve seul. Soit il s'enferme dans l'apathie du consommateur, regardant avec un détachement morne sa propre dépossession, soit il se replie sur des identités en miettes, cherchant dans le quartier ou la tribu ce que la nation ne lui offre plus : le sentiment d'appartenir à quelque chose de plus grand que lui.

Le paradoxe est cruel : on nous dit que l'État-nation est trop lourd, mais on le remplace par un mille-feuille bureaucratique encore plus opaque. C'est une servitude qui avance à pas de velours, une soumission sans bruit. On troque notre autonomie contre une promesse de stabilité, oubliant que la liberté ne se négocie pas contre du confort.

C’est un deuil culturel qui ne dit pas son nom. La France a toujours été une volonté. Voir cette volonté se transformer en une simple gestion de flux, c’est assister à la fin d’un cycle. La France quitte l'Histoire pour entrer dans l'administration. Le rideau tombe sur une certaine idée de l’homme libre, laissant derrière lui une mélancolie de pierre et de souvenirs, tandis que les usagers d'une Europe sans âme errent dans les couloirs d'un futur sans relief.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Qu'est-ce que le groupe pro-israélien MEGA dont Epstein fut si proche ?

Qu'est-ce que le groupe pro-israélien MEGA dont Epstein fut si proche ?

Lors de l'audition de Pam Bondi au Congrès, des députés ont reproché à celle-ci de protéger Leslie Wexner, fondateur de Victoria Secret, mais aussi du groupe pro-israélien MEGA... dont Epstein devint le fondé de pouvoir. Les circonstances de cette affaire méritent d'être expliquées aux Français. Le paysage de l'influence géopolitique et de la philanthropie transnationale à la fin du XXe siècle a été marqué par l'émergence de cercles de pouvoir informels dont l'impact dépasse souvent celui des


Rédaction

Rédaction

UE : Macron valide un saut fédéral immédiat avec 5 autres pays, par Elise Rochefort

UE : Macron valide un saut fédéral immédiat avec 5 autres pays, par Elise Rochefort

Le séminaire informel tenu au château d'Alden-Biesen en février 2026 marque un tournant historique : il a officiellement ouvert la porte à une « Europe à deux vitesses ». Devant l'urgence de la compétition mondiale et l'inertie de la prise de décision à Vingt-Sept, ce sommet a cristallisé une nouvelle doctrine où l'unité ne doit plus être synonyme d'immobilité, mais de fédéralisme pour ceux qui le souhaitent... dont la France. Cette chronique analyse cette transformation à travers deux questi


Rédaction

Rédaction

Prince Andrew et l’ombre de Jeffrey Epstein : la monarchie éclaboussée

Prince Andrew et l’ombre de Jeffrey Epstein : la monarchie éclaboussée

Un règlement à l’amiable à 12 millions de livres, dont 7 millions seraient issus du portefeuille personnel de Elizabeth II. L’affaire Epstein continue de fragiliser la monarchie britannique, révélant les mécanismes de protection d’une élite soucieuse d’éteindre le scandale. Le 2 février 2026, le prince Andrew, ex-duc d'York, quitte le Royal Lodge après un décret de son frère, le roi Charles III. Ce déménagement forcé marque un tournant dans l'affaire Epstein, où Andrew est accusé d'agressions s


Rédaction

Rédaction

L’humeur de Veerle Daens sur Epstein : omerta en France, révolte aux USA...

L’humeur de Veerle Daens sur Epstein : omerta en France, révolte aux USA...

Pendant que la France se drape dans les rideaux de velours de ses ministères pour étouffer les échos de l'affaire Epstein, de l'autre côté de l'Atlantique, un homme fait tomber les masques. Thomas Massie, le représentant libertarien du Kentucky, vient de nous offrir une leçon magistrale de ce que devrait être un contre-pouvoir. D’un côté, une ingénierie de la vérité ; de l’autre, une ingénierie de l’esquive. Le Courrier récompense la loyauté de ses abonnés : le dossier “Epstein et le MOSSAD” v


CDS

CDS