Sans aucun mandat politique, la BCE finance ce qu’elle veut

Sans aucun mandat politique, la BCE finance ce qu’elle veut


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Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, se lance dans le constructivisme pur et dur sans rencontrer aucune opposition nationale. Elle dévoile ses intentions face à Klaus Schwab au forum de Davos. La BCE devient la première banque centrale à créer de la monnaie pour piloter le climat planétaire, la lutte contre les inégalités et bien d'autres objectifs.

Le président du forum économique de Davos, Klaus Schwab, interroge Christine Lagarde sur sa politique monétaire concernant la gestion de l’épidémie du Covid, le changement climatique et les inégalités. La lecture ou le visionnage de cet entretien en anglais est une bonne occasion de décrypter le délire constructiviste qui règne dans la sphère des décideurs qui ont la haute main sur la création monétaire et le système financier.

Comme pour la reconnaissance faciale, derrière le discours lénifiant de la propagande s’affichent clairement des intentions. Voici, traduit en français, quelques clés pour comprendre ce qui nous attend.

Tout d’abord, en préambule, Schwab loue les talents de Christine Lagarde « juriste de premier plan » puis depuis 20 ans « politicienne, économiste, femme d’état et banquière » dont il connait et admire les « visions internationales ».

Voici donc Christine Lagarde posée en experte, sachante, apte à décider qui est bon et juste pour une masse de taupes sans talents dans quatre domaines : « le COVID-19 bien sûr, le changement climatique, l’inclusion et surtout la parité homme-femme, et enfin, la quatrième révolution industrielle — comment nous pouvons maîtriser les nouvelles technologies afin qu’elles servent l’humanité et ne lui nuisent pas« .

Sa carrière débutée en tant qu’avocate spécialisée en droit social dans un cabinet international, suivie par vingt-cinq ans de politique nationale et internationale avec quatre portefeuilles de ministre en France, puis à la tête du Fonds monétaire International et enfin de la Banque centrale européenne lui confère toutes qualités pour décider arbitrairement sans aucun mandat politique sur tous les sujets, affirme Klaus Schwab.

La BCE se juge compétente en matière sanitaire

Sur le premier sujet, le Covid, Christine Lagarde commence par un couplet d’autosatisfaction :  « contrairement à ce qui s’est passé durant la grande crise financière de 2008, il y eut clairement une détermination à se concentrer sur restaurer la santé, garantir des revenus au gens dès que c’était possible, et soigner la pandémie qui s’était abattu sur le monde […] Bien sûr, il y eut quelques ratés au début […] « .

Christine Lagarde ne s’appesantit pas sur ces (multiples) ratés mais s’enorgueillit que grâce à la mondialisation et aux largesses financières de la BCE, des vaccins furent disponibles dans un temps record.

« Nous avons vraiment mené un dur combat et bien répondu« . Mais tout ceci est bien sûr perfectible : « Si nous ne vaccinons pas le monde entier comme il se devrait, le COVID-19 reviendra nous hanter et il reviendra pour nous blesser« .

Qu’est-ce qui permet de dire que les vaccins d’aujourd’hui sont efficaces ou le resteront ? En quoi Christine Lagarde et la BCE sont-elles compétentes pour définir les politiques sanitaires au niveau mondial ? La BCE ignore-t-elle les errements de l’Union européenne sur le sujet de la vaccination ?                                                                       

Forte de ce qu’elle juge être des succès en matière sanitaire, Christine Lagarde passe au sujet suivant –  le changement climatique – pour lequel un planisme monétaire est indispensable.

La BCE, première banque centrale au monde à s’attaquer au climat

« Quelques penseurs traditionnels croient que les banques centrales devraient rester en dehors de ce business et se concentrer exclusivement sur l’inflation et la stabilité des prix. Je suis en total désaccord avec cette position. La lutte contre le changement climatique devrait être une des considérations que nous devrions prendre en compte quand nous déterminons la politique monétaire« .  Fi donc des keynésiens vieux jeu ( ne parlons même pas des partisans de la non ingérence monétaire). Christine Lagarde expose son idée magistrale : le changement climatique a une influence sur la stabilité des prix et sur la valorisation des actifs.

Notez bien, cher lecteur, qu’il s’agit de « changement » et non pas de « réchauffement » : c’est plus prudent, ça permettra de souffler le chaud et le froid en fonction du vent du moment.

N’importe quelle taupe sans vision mondialiste sait qu’en cas de mauvaise météo les prix agricoles montent, de même qu’en cas de météo favorable les prix baissent. Le marché n’a nul besoin des services d’une banque centrale. C’est ainsi que le commerce mondial s’adapte, les contrats à terme limitent les risques des producteurs, les assureurs développent des couvertures, les producteurs de semences ont trouvé des espèces plus résistantes ou mieux adaptées… Mais Christine Lagarde, fonctionnaire international omnisciente, fera mieux encore que tout cela et que tout le monde.

Esbaudit, vous apprendrez aussi que  « le changement climatique a un impact sur la valorisation des actifs en raison du risque qu’il fait peser sur les entreprises. Pas seulement sur les actifs qu’elles détiennent mais aussi sur ce qu’elles produisent. Et ce n’est pas très bien noté en ce moment« .

Mais ce n’est pas parce qu’on ne sait rien qu’on ne fait rien ! Surtout quand ce n’est pas son argent mais l’argent des autres ou celui qu’on fait surgir du néant…

« Si je regarde les sécheresses, si je regarde l’agriculture et si je regarde l’élévation du niveau des océans, et ainsi de suite, cela aura un effet sur la production agricole. Cela aura un impact sur l’endroit où les gens vivent, cela aura un impact non seulement sur nos modes de vie mais sur le coût de la vie et cela doit clairement être incorporé aux analyses que nous conduisons« .

N’êtes-vous pas béat d’admiration ? Christine Lagarde et les milliers de fonctionnaires de la BCE sauront mieux analyser cette situation complexe que les millions de gens qui oeuvrent à satisfaire des clients sur un marché concurrentiel. Ces clients eux-mêmes arbitrent leurs modes de vie en fonction de signaux procurés par des millions d’échanges : les prix. Pour cela, nul besoin de la fausse monnaie et des crédits gratuits octroyés par Christine Lagarde à ses amis. Le Green deal européen n’est en réalité qu’une gigantesque machinerie taxation-subvention et contrefaçon monétaire au service des intérêts d’une élite internationale grisée par l’absence de contrepouvoir.

L’ingénierie sociale imaginée par Christine Lagarde

Bien entendu, gérer l’aspect financier des crises sanitaires et d’un éventuel changement climatique ne suffira au génie universel et multidimensionnel de la présidente de la BCE. Elle s’attaquera aussi aux inégalités et à la parité.

« Comment donner aux femmes une meilleure chance car elles ont plus souffert [économiquement] du Covid est un domaine que nous devons explorer« .

Les projets de Christine Lagarde ne s’arrête donc pas au climat. Comme déjà dit, il est important de comprendre que la BCE est résolument engagée sur une voie constructiviste financée par la création monétaire, sans grande opposition politique jusqu’à présent. Les quelques pays de l’Union qui émettent des critiques sont classés comme illibéraux et négationnistes climatiques.

Le résultat des élections allemandes pourrait-il changer la donne ?


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