C’est une vieille lune des technocrates de Washington et des stratèges de Tel-Aviv : l’idée qu’en pulvérisant un État, la liberté en jaillira comme par enchantement. Le 28 février 2026, avec le déclenchement des opérations Epic Fury et Shield of Judah, nous avons assisté à l’acmé de cette hubris (contestée par les adeptes, dont je suis, de Friedrich Hayek qui se souviennent qu'un pays n'est rien sans ses traditions).

En quelques heures, la "précision chirurgicale" — ce terme si cher à ceux qui ne tiennent jamais le scalpel — a décapité la République Islamique, éliminant Ali Khamenei et le haut commandement des Gardiens de la Révolution.
Tactiquement, c'est un succès. Stratégiquement, c'est un naufrage libertarien. Car si la nature a horreur du vide, la politique de Donald Trump, elle, s'en nourrit pour engendrer le chaos.
La guerre est une taxe déguisée que paient les classes moyennes pour financer les délires de puissance du complexe militaro-industriel.

L'illusion lyrique du "Jour d'après"
Le problème des démolisseurs qui se prennent pour des architectes, c'est qu'ils oublient systématiquement les fondations. Comme le souligne Stephanie Williams, l'administration américaine semble "naviguer à vue", prisonnière d'une "pensée magique" qui imagine qu'un effondrement systémique s'auto-organisera en démocratie libérale.



