IA dans les entreprises : le financement français entre audace et frilosité(1/2), par Eric Lemaire

IA dans les entreprises : le financement français entre audace et frilosité(1/2), par Eric Lemaire


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Le déploiement de l’intelligence artificielle dans les entreprises n’est pas d’abord un sujet technologique. C’est un sujet de financement, d’organisation et de souveraineté économique.

Depuis plus de vingt ans, la France – et plus largement l’Europe – ont mis en place des dispositifs spécifiques pour soutenir l’industrie du logiciel. Ces outils existent, fonctionnent relativement bien, mais restent souvent mal compris, sous-utilisés ou cantonnés à une phase trop étroite du cycle de vie des entreprises.

Deux mécanismes sont pourtant centraux : le Crédit d’Impôt Recherche (CIR) et le Crédit d’Impôt Innovation (CII) pour la phase de développement, et l’IP Box pour la phase de déploiement et d’exploitation. Ensemble, ils dessinent une politique industrielle implicite du logiciel, dont l’IA renforce aujourd’hui la pertinence.

Le CIR et le CII : financer la création, pas seulement la recherche académique

Le CIR et le CII ont souvent été caricaturés comme des niches fiscales captées par de grands groupes. En réalité, leur efficacité est particulièrement visible dans les PME et les éditeurs de logiciels.

Un éditeur logiciel typique est une structure légère : un ou deux commerciaux, deux ou trois ingénieurs seniors jouant à la fois les rôles de chef de projet technique, d’architecte, parfois de MOA, avec une petite équipe autour. Peu de couches hiérarchiques, peu d’administratif, une forte intensité intellectuelle.

La DGSI face au chaos de l’IA dans les entreprises
Une note de la DGSI alerte les entreprises françaises sur les risques liés à l’usage professionnel de l’intelligence artificielle. Derrière cette prévention se dessine surtout la difficulté de l’État à suivre une transformation technologique qu’il ne maîtrise plus. L’utilisation de l’Intelligence artificielle (IA) dans

Le CIR et le CII permettent précisément de financer cette phase critique où le produit n’est pas encore stabilisé, où l’innovation est permanente, et où la masse salariale technique représente l’essentiel des coûts. Ils ont contribué, sur les vingt dernières années, à maintenir en France des milliers d’emplois d’ingénieurs logiciels qui auraient sinon été externalisés.

L’IA accentue ce modèle : elle réduit les besoins d’encadrement intermédiaire, d’administratif et de support, et renforce la productivité des petites équipes expertes. Le levier fiscal devient alors un multiplicateur d’efficacité, pas une simple subvention.

L’IP Box : un outil méconnu pour la phase de déploiement

Là où le système français est plus récent – et moins compris – c’est sur l’IP Box. Son principe est simple : les revenus issus de la propriété intellectuelle (logiciels, brevets, algorithmes) sont imposés à un taux réduit, à condition que la R&D ait été réalisée en France.

Autrement dit, l’État accepte de moins taxer la rente intellectuelle, à condition que les emplois qualifiés restent sur le territoire. C’est un mécanisme de rétention, pas de subvention.

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