Pour financer le nouveau congé de naissance qui profitera aux CSP+, Bercy prépare un décret qui taillera dans les dépenses destinées aux adolescents les plus pauvres. Tel est le monde idéal du progressisme : déshabiller les plus faibles pour financer les lubies des bobos.

Il y a quelque chose de pourri au royaume du "Quoi qu'il en coûte". Alors que les Français, l'esprit embrumé par les fêtes de fin d'année, digéraient leur dinde aux marrons, la technostructure a frappé. Le 30 décembre 2025, dans la torpeur de la trêve des confiseurs, le Président de la République a promulgué la Loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2026. Ce texte, illisible pour le commun des mortels, consacre pourtant un renversement historique, une trahison silencieuse du pacte social : pour la première fois, l'État-providence assume de déshabiller les familles populaires des périphéries pour rhabiller les cadres dynamiques des métropoles. Sous couvert de "modernisation", c'est un hold-up générationnel et social qui vient d'être perpétré.
Le crime était presque parfait : l'adolescence ne coûte rien, paraît-il
Au cœur de cette machination comptable, une mesure d'une mesquinerie absolue : le report de la majoration des allocations familiales. Jusqu'ici, l'État reconnaissait une vérité de bon sens, vécue par chaque parent dans sa chair et son porte-monnaie : un adolescent, ça coûte cher. Dès 14 ans, la majoration tombait, maigre obole de 67 euros pour aider à remplir le frigo qui se vide trop vite, à payer les baskets de marque exigées par la cour de récré, ou le smartphone devenu prothèse indispensable de la scolarité.

Mais pour les énarques de Bercy, qui n'ont probablement jamais eu à arbitrer entre un plein d'essence et une paire de Nike, l'adolescent est une créature éthérée, frugale, qui ne consomme rien avant sa majorité. Contre l'avis du Sénat — qui, dans un sursaut de lucidité territoriale, avait tenté de bloquer cette infamie — l'Assemblée nationale, chambre d'enregistrement de l'exécutif, a rétabli la mesure in extremis. Le verdict est tombé : la majoration ne sera plus versée qu'à 18 ans.

L'argumentaire gouvernemental est un chef-d'œuvre de cynisme. Selon eux, le coût de l'enfant n'augmenterait "significativement" qu'après le baccalauréat. C'est un mensonge d'État. Les chiffres de l'Union Nationale des Associations Familiales (UNAF) hurlent le contraire : dès le collège, l'inflation des besoins est brutale.
Alimentation, transport, habillement, technologie : la courbe des dépenses n'attend pas la majorité civile pour s'envoler. En décalant cet âge, l'État réalise une économie de 200 millions d'euros dès 2026. 200 millions volés dans la poche des familles qui comptent à l'euro près. Pour une famille avec deux ados, la perte sèche est estimée à 900 euros par an et par enfant. C'est le prix d'un mois de courses, le prix de la dignité pour certains.
Le "Congé de naissance" : l'aumône aux CSP+
Mais où va cet argent? C'est ici que le scandale devient moral. Ces millions arrachés aux allocations universelles — celles qui touchent tout le monde, y compris la mère isolée et l'ouvrier périurbain — vont servir à financer le nouveau joujou sociétal de la Macronie : le "Congé supplémentaire de naissance".
Sur le papier, c'est formidable : un à deux mois de plus pour pouponner, indemnisés par la Sécurité sociale. Mais regardez les détails, car le diable y rit aux éclats. Ce nouveau congé sera rémunéré à hauteur de 70 % du salaire net (puis 60 %), plafonné au niveau du plafond de la Sécurité sociale (environ 4 000 euros).

Traduisez : on passe d'une logique de prestation forfaitaire (l'ancienne PreParE, misérable mais égalitaire) à une logique assurantielle pure. Qui va en profiter?
Qui peut se permettre de prendre deux mois de pause en étant payé 70 % de son salaire?
Le cadre moyen, le "bobo" parisien ou lyonnais, celui qui a une carrière fluide, un employeur compréhensif et un salaire suffisant pour que les 30 % de perte soient indolores. Pour lui, c'est une aubaine : des vacances parentales subventionnées par l'État.
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Mais pour le salarié précaire? Pour l'intérimaire? Pour la caissière à temps partiel?
70 % d'un SMIC, c'est la misère. Et surtout, la précarité de l'emploi ne permet pas ces interruptions "à la carte". Pour eux, le problème n'est pas de pouponner deux mois de plus, mais de trouver une place en crèche ou une assistante maternelle pour retourner bosser et payer les factures. Or, ce budget ne crée pas de places en crèche. Il finance du temps libre pour ceux qui ont déjà tout.
On assiste à un transfert de richesse inversé : on ponctionne les allocations de l'adolescence (qui profitaient massivement aux classes populaires) pour financer le confort parental des diplômés. C'est une politique de caste, ni plus ni moins.

L'impunité gérontocratique
Le tableau ne serait pas complet sans évoquer les grands absents de l'effort national : les retraités.
Dans ce budget 2026 censé "redresser les comptes" (le déficit de la Sécu atteindra encore 17,4 milliards!), qui passe à la caisse? Les actifs. Les familles.

Pourtant, la branche Famille est excédentaire! On la pille pour financer ses propres réformes, dans une logique d'autofinancement délirante.

Pendant ce temps, la branche Vieillesse est un gouffre. Mais touche-t-on aux retraités? Que nenni.
Le gouvernement a prudemment suspendu la réforme des retraites (la fameuse clause du grand-père temporaire pour les générations 1966-1969), gelant le relèvement de l'âge légal pour ne pas froisser l'électorat le plus fidèle : les seniors.

Les pensions? Elles seront revalorisées. Le niveau de vie des retraités, supérieur en moyenne à celui des actifs, est sanctuarisé.
Aucune hausse de CSG pour les retraités aisés. Aucune solidarité intergénérationnelle. C'est le triomphe du lobby gris. On demande à la jeunesse qui travaille et qui élève les enfants de demain de se serrer la ceinture (moins d'allocs, plus de charges) pour maintenir le statu quo d'une génération qui a connu le plein emploi et l'immobilier bon marché.

La faillite morale de Bercy
Cette LFSS 2026 est un aveu. L'aveu que Bercy ne sait plus où trouver de l'argent et tape là où c'est facile : sur les familles, cette "vache à lait" silencieuse. L'aveu que la politique familiale, jadis fierté française et moteur de notre démographie, est devenue une variable d'ajustement comptable.
En remplaçant une aide universelle (la majoration) par une aide proportionnelle au revenu (le congé), le gouvernement macroniste achève de détricoter l'universalisme républicain. Il transforme la Sécurité sociale en une assurance privée pour cadres supérieurs, financée par l'impôt de tous.
C'est une vision du monde où la solidarité nationale ne sert plus à protéger les plus faibles, mais à accompagner les choix de vie des plus forts.
L'ascenseur social n'est pas seulement en panne. Bercy vient de couper le câble. Et ceux qui sont dedans — les familles modestes, les mères seules, les travailleurs de la "deuxième ligne" — sont en train de tomber dans le vide, sous les applaudissements des comptables publics qui se félicitent d'avoir "modernisé" le système.
La modernisation, c'est donc cela : prendre aux pauvres pour donner aux "bobos", tout en laissant les vieux tranquilles. C'est une politique de gribouille, mais une gribouille cruelle, qui insulte l'avenir pour acheter la paix sociale du présent.




