La marque américaine Ford, pilier de l’industrie automobile européenne, est en crise. Ford Europe a enregistré 447 millions de dollars de dépréciations au dernier trimestre. Le PDG mondial, Jim Farley, pointe un responsable majeur : Bruxelles et sa politique coercitive de transition électrique.

Alors que Jim Baumbick vient à peine de prendre la tête de Ford Europe, la tâche qui l’attend est titanesque : sauver une filiale qui a enregistré 447 millions de dollars de dépréciations en un trimestre, abandonné ses best-sellers historiques (Fiesta, Focus), et licencié massivement. Ce désastre industriel n’est pas le fruit d’une mauvaise gestion, mais la conséquence logique d’une réglementation européenne dogmatique et coercitive, dénoncée jusque dans les colonnes du Financial Times par le PDG mondial, Jim Farley.
Le PDG de Ford alerte sur une "politique délirante" déconnectée de la réalité
Dans une tribune sur FT, Jim Farley, PDG de Ford Motor Company, appelle ouvertement l’Europe à « remettre à zéro » sa politique devenue "délirante". Selon lui, l’Union impose « les mandats carbone les plus agressifs au monde », totalement déconnectés de la demande réelle.
Les chiffres lui donnent raison :
- 16 % de parts de marché pour les véhicules électriques, loin des 25 % exigés dès 2025 ;
- une production européenne en recul de 3 millions de véhicules par rapport à l’avant-Covid ;
- 90 000 emplois supprimés dans l’automobile rien qu’en 2024.
Pendant ce temps, les constructeurs chinois subventionnés, surcapacitaires, ultra-compétitifs gagnent du terrain. Leur part de marché a doublé en douze mois pour atteindre 5,5 %, une percée fulgurante qui menace directement les usines européennes.

Une politique écologique punitive et contradictoire
L’Europe multiplie les injonctions contradictoires : elle exige des investissements gigantesques dans l’électrique, tout en modifiant chaque année les objectifs, les taxes et les incitations.
L’Union européenne impose les mandats carbone les plus agressifs au monde, exigeant un rythme d’électrification qui ignore superbement les préférences des consommateurs.
Farley dénonce :
«des réglementations irréalistes […] pour les ajuster lorsque les consommateurs ne se présentent pas est une recette pour la tourmente ».
Cette instabilité normative, couplée à des signaux contradictoires comme la taxe kilométrique britannique sur les VE, paralyse les investissements à long terme, détruit la visibilité et rend toute stratégie industrielle cohérente impossible.
Cette instabilité réglementaire détruit la visibilité des industriels, pourtant engagés dans des cycles d’investissement de dix ans.
2035 : l’interdiction des thermiques déjà en lambeaux ?
Les faits sont têtus. Ni le marché, ni les consommateurs, ni les entreprises ne suivent le rythme imposé par Bruxelles. Le summum de l’absurdité réglementaire est atteint avec les véhicules utilitaires, traités comme des voitures de luxe. Alors qu’à peine 8% des nouveaux fourgons sont électriques, des objectifs carbone irréalistes pénalisent les artisans, les commerçants et les PME – le cœur productif de l’Europe, générant plus de 50% du PIB. L’État, par sa norme, se transforme en percepteur d’une taxe déguisée sur le travail et l’initiative économique.

Les États savent désormais que l’Agenda 2030 ne bénéficiera plus d’un soutien automatique de Washington.
L'Europe est face à un choix binaire : soit elle s'accroche à des cibles irréalisables et voit son industrie automobile devenir un "musée de la fabrication du XXe siècle" dominé par les importations, soit elle opère une remise à zéro réglementaire pour un cadre fiable, réaliste, et respectueux du libre-choix du marché.La survie de l’automobile européenne devra passer par moins d’État, et plus de marché.



