Faute de combustible, combattons le burn-out! par Modeste Schwartz

Faute de combustible, combattons le burn-out! par Modeste Schwartz


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Au moment où, en Occident, une spirale de pseudo-inflation (en l’absence de toute croissance !) place les salariés dans l’impossibilité de renégocier leur salaire en dépit d’un effondrement vertigineux du pouvoir d’achat desdits salaires, on pourrait penser que le réformisme progressiste des élites occidentales entre dans l’impasse.

Il n’en est rien, car c’est justement à cela que sert le « capitalisme des parties prenantes » inventé par Klaus Schwab : dans un modèle économique totalement fictionnel où une mystique psychologisante remplace la réalité du capital et du travail, l’idéal de croissance et d’émancipation (désormais tabou, car insuffisamment « vert ») est remplacé par la notion opportunément insaisissable de « bien-être ».

Oligarques octogénaires de tous les pays, unissez-vous !

En plein naufrage socio-économique de l’Europe de l’Ouest, c’est donc au « bien-être sur le lieu de travail » que le site du Forum Economique Mondial dudit Schwab consacre une longue étude pleine de bonnes intentions. Dans l’univers réenchanté de Davos, il est en effet entendu que les gens n’ont plus rien à craindre de la misère et de l’exploitation, pouvant tout au plus se sentir menacés par le mythique burn-out. Mais il suffira d’une bonne « politique de la porte ouverte » pour y mettre bon ordre. Or c’est bien là ce que toutes les statistiques récentes nous montrent en effet : des portes largement ouvertes, vers l’extérieur, pour le passage des salariés licenciés par des PME en cours de faillite. Ce qui, pour ainsi dire, tombe bien, étant donné que – du fait des prodiges de ce même capitalisme davosien des parties prenantes – les locaux où ils travaillaient ne sont désormais plus chauffables.

Tout ce que l’Occident finissant reste capable de réchauffer, c’est la psychiatrisation des désaccords chère au brejnévisme des dernières décennies de l’Union Soviétique. Traduit en volapük davosien : « l’importance de la santé mentale dans la construction d’un capitalisme réinitialisé vert et inclusif ».


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