Ecole: 110 milliards € par an pour « des performances médiocres »

Ecole: 110 milliards € par an pour « des performances médiocres »


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En dépit d’une dépense nationale d’éducation (près de 110 Md€) supérieure à la moyenne de l’OCDE, la performance du système scolaire français tend à se dégrader, en particulier pour les jeunes issus des milieux défavorisés. Les réformes pédagogiques, l’accroissement des moyens et les résultats des évaluations sur les acquis des élèves n’ont pas suffisamment permis d’améliorer la qualité de notre système éducatif. La facilitation du parcours de l’élève, l’augmentation des marges d’autonomie des établissements, la rénovation du cadre du métier d’enseignant et le renforcement de l’évaluation pourraient permettre une meilleure adaptation de l’école au service des élèves.

20211214 ns-enseignement-scolaire de Laurent Sailly

Chiffres clés

  • 110 Md€ pour la dépense d’éducation (premier et second degrés, État,
    collectivités et ménages)
  • 5,2 % du PIB
  • Premier degré : 43,8 % Second degré : 56,2 %
  • Dépense budgétaire annuelle par élève du premier degré : 7 600 €
  • Dépense budgétaire annuelle par élève du second degré : 11 300 €

La Nation consacre 110 milliards par an à l’éducation de 12 millions d’élèves.

C’est le premier poste de dépenses de l’Etat (76 milliards), c’est supérieur à la moyenne de l’OCDE et pourtant « en dépit d’un effort budgétaire et de très nombreuses réformes pédagogiques, le système éducatif présente des performances médiocres », relève la note. Pire, celles-ci se dégradent.

Pourquoi les 7 600 euros annuels dépensés pour un élève du primaire, les 11 300 euros pour un collégien ou un lycéen produisent-ils d’aussi piètres résultats ? Le diagnostic tient autour d’un mot : le manque d’autonomie. Des établissements libres de développer leur projet éducatif, des chefs d’établissement autorisés à gérer vraiment leur équipe et à développer des expérimentations : telle est la recette gagnante, études de l’OCDE à l’appui. Mais, voilà, dans notre système centralisé, « seulement 10 % des décisions prises en matière éducative le sont au niveau des établissements, dont à peine 2 % en autonomie », notent les auteurs.


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