Dans quoi entreprendre à l’heure de l’intelligence artificielle ? Par Eric Lemaire

Dans quoi entreprendre à l’heure de l’intelligence artificielle ? Par Eric Lemaire


Partager cet article

Jamais il n’a été aussi facile — ni aussi risqué — d’entreprendre. L’intelligence artificielle bouleverse les chaînes de valeur, redistribue les marges, redéfinit les métiers. Elle abaisse les barrières techniques tout en relevant le niveau d’exigence. En quelques lignes de code, on peut désormais automatiser ce qui demandait jadis une équipe entière.

a person holding a cell phone in their hand
Photo by Solen Feyissa / Unsplash

Mais cela ne signifie pas que tout le monde réussira. L’IA ne change pas la nature de l’entrepreneuriat : elle en accélère seulement les cycles. La question n’est plus “faut-il entreprendre ?” mais “dans quoi entreprendre aujourd’hui ?”

Pour les kamikazes : l’industrie

J’ai participé à de nombreuses aventures industrielles. Une seule a survécu — péniblement — et grâce à des capitaux américains.

La France industrielle reste un champ de mines pour les entrepreneurs. Les dispositifs publics, centrés sur la R&D, aident à inventer mais pas à produire. Le vrai défi n’est pas de créer une innovation, mais de scaler, c’est-à-dire de financer l’optimisation du coût unitaire jusqu’à la compétitivité internationale.

Et là, le système s’effondre : nos dispositifs de soutien s’arrêtent au bord de la vallée de la mort.

Résultat : on conçoit des prototypes brillants, qu’on finit par céder ou délocaliser.
Pour ceux qui persévèrent, c’est souvent un chemin de croix, fait de trésoreries tendues, de délais de paiement et d’administrations paralysantes.

Bref, l’industrie reste l’affaire des kamikazes : de ceux qui acceptent de brûler du capital et de l’énergie pour construire du tangible dans un pays qui ne sait plus très bien comment le valoriser.

L'humeur de Veerle Daens : Bardella, tombeur de cagoles à particules ?

L'humeur de Veerle Daens : Bardella, tombeur de cagoles à particules ?

La presse italienne n'a pas manqué l'information : Jordan Bardella s'est affiché, à la sortie de la très chic soirée du Figaro au Grand Palais, pour le 200è anniversaire du quotidien de la famille Dassault, aux côtés de la princesse Marie-Caroline Bourbon des Deux-Siciles. Il y a quelque chose de fascinant dans la trajectoire de Jordan Bardella. On nous l'a vendu comme le gamin de Saint-Denis, le héraut de la "France des oubliés", celui qui mangeait des pâtes au beurre en attendant la révolutio


CDS

CDS

Des sacs Birkin contre des icebergs, par Veerle Daens

Des sacs Birkin contre des icebergs, par Veerle Daens

On savait que le luxe français était le dernier rempart de notre balance commerciale, mais on ne pensait pas qu’il deviendrait le bouclier humain d’un conflit territorial digne du XIXe siècle. Le "June Ultimatum" de Trump (25 % de taxes sur le luxe si on ne lui lâche pas le Groenland) place nos géants du CAC 40 dans une situation délicate : doivent-ils sauver la "culture française" ou le compte de résultat ? 1. Le dilemme de l’étiquette : "Made in France" ou "Assembled in Texas" ? C’est là


CDS

CDS

Froid sibérien, transports fragiles : Paris saura-t-elle affronter le retour du gel ?

Froid sibérien, transports fragiles : Paris saura-t-elle affronter le retour du gel ?

Alors que Paris profite d’une douceur inhabituelle, un vaste réservoir d’air glacial stationné entre Scandinavie et Sibérie inquiète les prévisionnistes. Un basculement météorologique fin janvier pourrait ramener froid, neige et verglas. Paris doit-elle se préparer à un retour brutal de l’hiver, ou s’agit-il d’une alerte de plus, amplifiée par la communication institutionnelle ? Ces derniers jours, la météo se montre plus clémente dans la capitale française. Mais d’après les experts, ce répit n


Rédaction

Rédaction

IA dans les entreprises : le financement français entre audace et frilosité(1/2), par Eric Lemaire

IA dans les entreprises : le financement français entre audace et frilosité(1/2), par Eric Lemaire

Le déploiement de l’intelligence artificielle dans les entreprises n’est pas d’abord un sujet technologique. C’est un sujet de financement, d’organisation et de souveraineté économique. Depuis plus de vingt ans, la France – et plus largement l’Europe – ont mis en place des dispositifs spécifiques pour soutenir l’industrie du logiciel. Ces outils existent, fonctionnent relativement bien, mais restent souvent mal compris, sous-utilisés ou cantonnés à une phase trop étroite du cycle de vie des ent


Rédaction

Rédaction