Comment l’AP-HP viole allègrement le consentement libre et éclairé au vaccin

Comment l’AP-HP viole allègrement le consentement libre et éclairé au vaccin


Partager cet article

Parfois, comme pour certains fonctionnaires de l’AP-HP (assistance publique hôpitaux de Paris) aujourd’hui, il est difficile d’appliquer la raison d’Etat, car elle contredit toutes les valeurs humanistes, tous les écrits que l’on a produits dans le cadre de ses fonctions. C’est le conflit entre l’ordre et la morale, illustré d’innombrables fois dans l’histoire, et parfaitement caricaturé dans la France de Macron, par l’obligation vaccinale des soignants.

Vaccin : consentement et vaccination from Société Tripalio

Les notes de l’AP-HP (Assistance Publique, Hôpitaux de Paris) sont parfois cruelles, car elles illustrent comment des fonctionnaires de talent peuvent prêter leur savoir et leur plume à des opérations qui se situent à rebours de tout ce qu’ils ont écrit. Ainsi cette note du 31 décembre 2020 de la direction juridique de l’AP-HP sur le consentement libre et éclairé en matière de vaccination, qui en dit long sur la distance qui sépare les états d’âme de certains bureaucrates et les réalisations expéditives de leur directeur général Martin Hirsch.

Le consentement libre et éclairé selon l’AP-HP

Il est au demeurant tout à fait saisissant de noter comment les juristes des hôpitaux parisiens décrivent le consentement libre et éclairé :

Le consentement libre et éclairé du patient suppose que lui soit donnée une information la plus large possible avant et après l’acte, notamment sur les choix thérapeutiques, les alternatives existantes, sur les risques liés à la vaccination et sur leurs suites connues, et ce d’autant que la vaccination contre la Covid 19 est inédite et non stabilisée au plan scientifique (analyses des effets, choix des vaccins notamment). Cette information doit être donnée dans le cadre d’un dialogue avec le patient.

On se demande comment les fonctionnaires qui ont rédigé ces lignes peuvent encore travailler à l’AP-HP, où le passe sanitaire a fait son oeuvre, autant parmi les patients que parmi le personnel des hôpitaux. En effet, l’ère de l’obligation vaccinale a réduit à néant ces mots pleins de bonnes intentions qui se réduisent aujourd’hui à du vent.

L’instauration du passe sanitaire a profondément modifié la donne. Chez les patients, la menace de figurer du mauvais côté du crédit social (perdre le droit au restaurant, au café, etc.) est évidemment dissuasive. Chez les soignants, la menace de perdre son salaire faute de vaccination constitue une sanction terrible qui balaie le « dialogue » prôné par l’AP-HP avec le patient.

Il est évident que, lorsque le dialogue se déroule avec la disqualification sociale en cas de refus, les termes du débat ne sont plus exactement les mêmes.

L’obligation vaccinale est-elle encore tenable ?

On notera l’introduction très instructive de cette note technique :

En principe, et hors les cas d’urgence, le patient doit consentir à un acte de soin le concernant, après avoir été dument informé par le professionnel de santé. Cette règle du consentement libre et éclairé découle du principe d’inviolabilité du corps humain (art. 16-1 du code civil), constitue une liberté fondamentale au sens de l’article L. 521-1 du code de justice administrative et une obligation déontologique pour le praticien.

Tiens ! on nous parle maintenant d’inviolabilité du corps humain. Sauf que l’obligation vaccinale est passée par là, entretemps, et qu’elle balaie d’un revers de la main bien des principes de jeune vierge effarouchée. C’est fini, le « consentement libre et éclairé ». Reste l’obligation de se soumettre à un vaccin sous autorisation de mise sur le marché conditionnelle et une immense violabilité du corps humain.

En comparant les précautions juridiques de l’AP-HP version 30 décembre 2020, et les suspensions de salaire punitives de septembre 2021, une immense interrogation sur les droits de l’homme apparaît : tout cela est-il bien raisonnable ?

Intégrer la note de l’AP-HP dans les recours contentieux

Pour tous ceux qui souhaiteraient intégrer les considérations de l’AP-HP sur le consentement libre et éclairé dans un contentieux contre l’obligation vaccinale, ce peut être un pari gagnant. En effet, quoi de tel pour affaiblir la folie des talibans vaccinaux au pouvoir que le rappel de leurs précautions oratoires il y a neuf mois ?

De notre point de vue, la note de l’AP-HP doit être consciencieusement citée, rappelée, mentionnée, à l’appui de toute action juridique soulignant les défauts de l’obligation vaccinale.

On notera d’ici là que la suspension systématique des soignants qui refusent le vaccin constitue la plus belle violation du consentement libre et éclairé savamment exposé dans la note.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
L'interdiction des réseaux sociaux aux mineurs : glissement vers le totalitarisme? Par Elise Rochefort

L'interdiction des réseaux sociaux aux mineurs : glissement vers le totalitarisme? Par Elise Rochefort

En ce début d’année 2026, alors que l’Assemblée nationale et le Sénat s’écharpent pour savoir qui, de la droite sénatoriale ou des macronistes, aura la paternité de la « protection de nos enfants », il est urgent de baisser le son et de lire les petites lignes. La proposition de loi visant à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, portée par la députée Laure Miller et soutenue par une classe politique en proie à une fièvre hygiéniste, n’est pas seulement une mesure de santé publique.


Rédaction

Rédaction

IA : le grand bluff de la survie américaine ?

IA : le grand bluff de la survie américaine ?

La réalité statistique contenue dans le graphique ci-dessous résume à elle seule toute l’indécence — et la tragique réalité — de notre époque : d’un côté, une Europe qui s’enfonce dans le coma profond à 5,6 trillions de dollars (5 600 Mds $) de capitalisation boursière ; de l’autre, un colosse américain qui culmine à 64,6 trillions (64 600 Mds $). Un rapport de 1 à 12. Pire : la capitalisation boursière US dépasse de 64% le cumul des capitalisations boursières de l’UE, de la Chine, du Japon et d


FLORENT MACHABERT

FLORENT MACHABERT

Combien de jours la France survivrait-elle à une coupure Internet comme en Iran? par Elise Rochefort

Combien de jours la France survivrait-elle à une coupure Internet comme en Iran? par Elise Rochefort

Internet est coupé depuis près de 5 jours en Iran, pour contrer la Révolution des balcons et neutraliser les manifestants. Et si, en cas de soulèvement populaire, la France adoptait la même tactique de black-out, combien de temps le soulèvement devrait-il tenir pour venir à bout du pouvoir ? Depuis le jeudi 8 janvier 2026, l'Iran a disparu des radars numériques. En réponse à une vague de contestation populaire, Téhéran a activé un "shutdown" d'une sophistication inédite, réduisant la connectivi


Rédaction

Rédaction

Médecins français, et si vous testiez le système à l’anglaise pour écraser les mutuelles qui coûtent trop cher ? par Veerle Daens

Médecins français, et si vous testiez le système à l’anglaise pour écraser les mutuelles qui coûtent trop cher ? par Veerle Daens

Ah, le médecin libéral français ! Une espèce fascinante, n’est-ce pas ? D’un côté, il brandit fièrement son caducée comme un étendard de liberté ; de l’autre, il passe ses journées à gémir contre les « méchantes » mutuelles qui, paraît-il, s’engraissent sur son dos. À l'entendre, ces officines privées seraient des monstres de la finance, des vampires assoiffés de dividendes, responsables de tous les maux de notre système de santé. Mais voilà que le réel, ce gêneur impoli, vient s'inviter à la t


CDS

CDS