Comment Biden applique loyalement le Great Reset de Davos
DAVOS/SWITZERLAND, 20JAN16 -Joseph R. Biden Jr (L), Vice-President of the United States of America shakes hands with Klaus Schwab, Founder and Executive Chairman, World Economic Forum at the special addresse at the Annual Meeting 2016 of the World Economic Forum in Davos, Switzerland, January 20, 2016. WORLD ECONOMIC FORUM/swiss-image.ch/Photo Remy Steinegger

Comment Biden applique loyalement le Great Reset de Davos


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Les conditions dans lesquelles Joe Biden est arrivé au pouvoir ont été mouvementées, ce que la presse française s'est empressé d'oublier. Le président démocrate présente un deuxième plan de relance en un mois qui satisfait tous les fantasmes des castes au pouvoir en France, qui s'enthousiasment pour ainsi dire unanimement devant les désormais plus de 4.000 milliards $ déversés sur l'économie américaine, même si l'ampleur de ces sommes soulève des questions. Ceux qui ont lu le Great Reset ont pourtant les réponses à cet ensemble, car la politique de Biden paraît directement inspirée par les propositions de Davos.

Joe Biden vient d’aligner son second plan de « relance », en seulement un mois, à 2.200 milliards $. Le premier a permis de pratiquer l’helicopter money et favorise une reprise massive de l’économie mondiale qui crée des pénuries et causera probablement un mouvement durable d’inflation. Le second vise à investir dans les équipements publics, à la manière du New Deal de Roosevelt.

Le retour du Big Government d’avant Reagan

Les pourfendeurs du « néo-libéralisme » applaudiront avec joie le retour du « Big Government » voulu par Joe Biden. Le gouvernement fédéral va investir massivement dans les infrastructures, notamment les autoroutes et les ponts, pour stimuler l’activité économique. On connaît par coeur cette logique keynésienne (dont l’inefficacité est bien connue) qui fait fantasmer la caste dominante en France.

Le pari de Biden est assumé : il veut mettre fin à 40 ans Reaganomics, selon qui « l’Etat n’est pas la solution, mais le problème ». C’est la logique même de l’énarchie qui triomphe outre-Atlantique, après un mandat de Trump largement contesté par l’establishment démocrate : l’Etat vous protège, l’Etat vous sauve.

Ce principe dont l’effondrement de nos finances publiques et la persistance de notre chômage de masse prouvent l’ineptie  nourrit déjà les fantasmes macroniens d’un nouveau plan de relance pour 2022.

Mais Biden ne se contente pas d’inonder l’économie américain de milliers de milliards $, il propose aussi des hausses d’impôts sur les entreprises au niveau international. Ce que les Etats-Unis font, tout le monde devrait le faire pour ne pas leur livrer une « concurrence déloyale ». Le nouveau président américain compte donc sur le G20 et le multilatéralisme pour éviter l’optimisation fiscale des GAFAM.

Des propositions proches du Great Reset de Davos

Ce qui frappe dans cet ensemble de mesures prises rapidement après l’accession de Biden au pouvoir, c’est leur proximité avec le programme préconisé par les acteurs du Great Reset et du forum de Davos. Nous pourrions reprendre ici l’énumération des mesures de la nouvelle administration américaine explicitement proposée par Klaus Schwab :

Comme on le voit, il existe de vraies concordances entre ce que Biden « déroule » pour l’Amérique et ce que les concepteurs et animateurs du Great Reset avaient imaginé, en rongeant leurs freins face à la politique de Trump dont ils souhaitaient ardemment le départ.

Ces ressemblances supposent toutefois de ne pas se laisser emprisonner dans une vision trop systématique des ponts existants entre le forum de Davos et la politique démocrate aux USA.

Comment Davos a influencé Biden

Il serait erroné, ici, d’imaginer un quelconque complot caché. L’influence de Davos n’a rien à voir avec une intervention mystérieuse. Elle a été détaillée par le New York Times à la mi-janvier.

Biden s’est en effet entouré d’une équipe d’experts sous la houlette du patron de la banque JPMorgan pour préparer son programme. Cette équipe était purement Davos compatible, intégrant le président du laboratoire Johnson & Johnson (à qui Joe Biden vient d’acheter 200 millions de doses de vaccins, comme c’est bizarre !) et… le Français Bernard Arnault.

Tous ces gens montrent comment le forum de Davos n’a pas besoin d’être « présent » pour percoler. Il suffit que les adeptes de ce think tank international participent à des groupes de travail pour mobiliser les idées conservées en stock par le World Economic Forum, et le tour est joué.

C’est précisément à cela que sert un think tank : à exercer un soft power, ou pouvoir d’influence.


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