Chine: Retour du Covid malgré une vaccination massive
Patients wearing face masks are seen at Tongji Hospital in Wuhan, China’s central Hubei province on September 3, 2020, during a media visit to the facility organised by local authorities. (Photo by Hector RETAMAL / AFP)

Chine: Retour du Covid malgré une vaccination massive


Partager cet article

Avec un nombre d’inscrits qui va jusqu’à 26 000 participants, le « sine die » qui était censé se tenir ce dimanche dans la ville de Wuhan a été reporté par les autorités. Cette décision fait suite à la recrudescence des nouveaux cas d’infectés par le Covid-19 et se veut préventive face à la possibilité de résurgence, surtout à quelques mois des Jeux olympiques de Pékin. Face à cette nouvelle reprise épidémique, on est en droit de se poser la question sur l’efficacité réelle des vaccins anti-covid. A ce jour, le gouvernement chinois affirme avoir vacciné plus de 70% de sa population.

Annulation du marathon de Wuhan et de celui de Pékin

Malgré la vaccination massive imposée par les autorités sanitaires, comme dans certains pays européens ou le taux de contamination au Covid-19 repart à la hausse.

En Chine, le 24 octobre, les autorités sanitaires n’ont certes décelé que quelques dizaines de nouveaux cas de contamination par le Covid-19, avec un total qui n’a pas encore atteint la barre des 600 personnes infectées.. Mais le pays suit la doctrine (absurde) du « zéro Covid ».

Ces chiffres, à eux seuls, ont réussi à mettre les autorités du pays sur le qui-vive. On prône ainsi le retour des anciennes mesures: présentation du code vert dans les lieux publics, le port du masque et la mise en place de dépistages massifs  dans les localités où l’on compte des cas positifs.

Les contrôleurs et les employés des chemins de fer qui se trouvent au niveau des guichets de gare sont aussi invités à optimiser leur protection via des lunettes ou des visières en plexiglas, des masques KN95 et des gants en latex.

Dans un communiqué, les organisateurs du marathon de Wuhan ont décidé d’annuler l’événement afin de « prévenir le risque de propagation de l’épidémie ». L’autre grand évènement sportif, le marathon de Pékin , qui devait rassembler 30.000 coureurs, censé se tenir le 29 et 30 octobre 2021, a subi le même sort.

Nouvelles restrictions, nouveaux confinements et prouesses technologiques

Visiblement, les autorités chinoises, qui n’ont laissé filtrer à l’étranger que très peu d’informations sur le véritable déroulement de l’épidémie depuis l’été 2019,   sont inquiètes au moment où la capitale s’apprête à décompter les 100 jours qui précèdent les Jeux olympiques d’hiver, qui auront lieu à Pékin. Au niveau des installations, tout est fin prêt, mais les autorités craignent le regard des étrangers sur un redémarrage des cas COVID, alors que la Chine s’est toujours présentée comme ayant vaincu l’épidémie – de la propagande volontiers relayée par les Occidentaux eux-mêmes. .

Les autorités ont donc décidé de confiner pour deux semaines Ejin , en Mongolie intérieure. Des sites touristiques ont été fermés, les transports urbain(taxi et bus) ont été suspendus ainsi que les voyages organisés entre provinces où des cas de COVID ont été recensés, dont Pékin. Dans le même élan, les parents d’élèves ont été prévenus de la mise en place d’un test PCR neuf auquel les enseignants et les élèves seront bientôt soumis.

Toujours dans le but de « zéro Covid », la Chine commence à construire des centres de quarantaine pour touristes. Ainsi, un complexe contenant plus de 5000 chambres est actuellement en cours d’achèvement.  Situé à Guangzhou, ce centre sera dédié à l’accueil des voyageurs des quatre coins du globe qui devront passer obligatoirement par une mise en quarantaine de deux à trois semaines avant de pouvoir se déplacer dans la région.

Composés d’une multitude de rangées de bâtiment de trois étages, les travaux ont mobilisé des couts qui s’élèvent à 260 millions de dollars. Tout à fait automatisé, le site embarque des robots qui s’occuperont de la désinfection et de l’acheminement des repas, avec en sus des détecteurs de températures, un scénario digne d’une science-fiction, mais tout à fait réel pourtant. Un tel investissement souligne le décalage entre le discours officiel chinois sur le covid vaincu en quelques mois et une réalité sans doute beaucoup plus proche de ce qui s’est passé ailleurs.

Le plus grand flou sur les effets des vaccins chinois

Pour prévenir le risque épidémique, les autorités chinoises ont également choisi de débuter la campagne pour la troisième dose de vaccin. A noter que le gouvernement chinois affirme avoir vacciné plus de 70% de sa population avec les doses Sinovac ou Sinopharm.

Les vaccins fabriqués par Sinovac Biotech, société privée, et Sinopharm, société d’État, utilisent tous deux des virus inactivés pour déclencher la production d’anticorps qui combattent le coronavirus. C’est-à-dire que ce sont des vaccins classiques. En tant que tels, leur efficacité a pu être testée puisque ces vaccins, moins chers que les vaccins à ARNm de Pfizer ou Moderna, ont été achetés dans beaucoup de pays. Lors d’un vaste essai au Brésil, deux doses du vaccin Sinovac, prises à 14 jours d’intervalle, ont eu une efficacité de 51% contre le Covid-19 symptomatique. Dans les essais menés dans plusieurs pays, les résultats de Sinopharm étaient plus élevés, soit 79 %.

C’est un point sur lequel les autorités chinoises sont plus transparentes que les pays occidentaux, quand ils dissimulent l’efficacité très relative de vaccins comme Pfize ou Moderna. Cependant pon voit bien que la vaccination n’est pas la panacée pour la Chine si elle devait connaître une nouvelle flambée épidémique.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Qui est Bally Bagayoko, candidat LFI élu au premier tour à Saint-Denis, par Elise Rochefort

Qui est Bally Bagayoko, candidat LFI élu au premier tour à Saint-Denis, par Elise Rochefort

Grâce à une intense campagne de dénigrement sur le mode de l'antisémitisme, LFI a réalisé une percée significative dans les villes de plus de 100.000 habitants. Bally Bagayoko, élu au premier tour dans la ville des rois, Saint-Denis, face au maire sortant, en est une figure emblématique. Bally Bagayoko est une figure centrale de La France Insoumise en Seine-Saint-Denis, dont le parcours et la stratégie expliquent la victoire historique dès le premier tour à Saint-Denis. Parcours et profil pol


Rédaction

Rédaction

Inventaire avant fermeture : LFI confirme la fin de la France des petits blancs...

Inventaire avant fermeture : LFI confirme la fin de la France des petits blancs...

On les disait battus d'avance, pour fait d'antisémitisme. Et finalement, les LFI effectuent une percée contre la pensée mainstream ! Leur secret ? Avoir parié sur cette France nouvelle, celles des enfants d'immigrés, des banlieues, des invisibles que la droite et la caste méprisent ostensiblement. Jusqu'où iront-ils ? (première chronique de la lucidité mélancolique que je rédige sur le Courrier) Rochebin : « Saint Denis c’est la ville des rois » Bagayoko : « des noirs la ville des noirs »pic.


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

L'humeur de Veerle Daens : la dynastie des Duhamel, ou quand l'info mainstream est une affaire de famille

L'humeur de Veerle Daens : la dynastie des Duhamel, ou quand l'info mainstream est une affaire de famille

Veerle Daens revient pour nous sur l'entre-soi hallucinant, tellement Ancien Régime, de l'information télévisée française, structurée autour de la famille Duhamel. Mais ! chut ! nous sommes dans une grande démocratie où l'égalité des chances et la méritocratie triomphent... 🇫🇷📺 La dynastie Duhamel est présente sur quasiment tous les plateaux des chaînes d’infos en continu ce soir : - Le fils, Benjamin Duhamel, sur France 2 - Le père, Patrice Duhamel, sur LCI - La mère, Nathalie Saint-Cricq,


CDS

CDS

De Guaino à Zemmour: comment Sarah Knafo s’est imposée dans une droite en crise

De Guaino à Zemmour: comment Sarah Knafo s’est imposée dans une droite en crise

Avant de devenir l’une des architectes de la campagne présidentielle d’Éric Zemmour en 2022, Sarah Knafo avait déjà attiré l’attention d’un poids lourd de la droite française : Henri Guaino. Ce passage peu connu éclaire les réseaux intellectuels et politiques dans lesquels s’est forgée l’une des stratèges de la nouvelle droite française. Jeune diplômée de Sciences Po, Sarah Knafo a vite grimpé les échelons. A seulement 32 ans, elle fait partie des plus grandes figures de l’extrême droite en Fra


Rédaction

Rédaction