Le 8 mars 2026, Robert Fico annonce que la Slovaquie pourrait succéder à la Hongrie pour bloquer un prêt de l'UE de 90 milliards € à l'Ukraine si les flux Druzhba ne reprennent pas. Une escalade qui valide les craintes d'une dérive belliqueuse de Kiev contre ses propres alliés.

En pleine guerre russo-ukrainienne, les tensions s'étendent au cœur de l'Europe. Le 8 mars 2026, Robert Fico, Premier ministre slovaque, a déclaré que son pays est prêt à "prendre le relais de la Hongrie" pour bloquer un prêt de 90 milliards d'euros de l'UE à l'Ukraine, si Kiev ne restaure pas les approvisionnements en pétrole russe via le pipeline Druzhba. Cette suspension, survenue après une attaque russe le 27 janvier 2026, cause des pertes massives : hausses de prix des matières premières et coûts de transport accrus pour la Slovaquie et la Hongrie. Fico accuse Volodymyr Zelensky de "nous nuire constamment" et d'être "capable de détruire le pipeline", soulignant un chantage qui pourrait plonger l'UE dans un chaos énergétique et diplomatique.
Pipeline Druzhba : l’énergie au cœur du bras de fer
Le pipeline Druzhba assure 40 % des importations pétrolières slovaques, soit environ 5 millions de tonnes par an. Bloqué depuis fin janvier, il force la Slovaquie à puiser dans ses réserves stratégiques, aggravant l'inflation à 4,5 % en février 2026 et menaçant l'industrie automobile, cœur de son économie.

Le sommet de Paris le 10 mars à Paris s'annonce électrique, le Premier ministre slovaque entend y rencontrer Ursula von der Leyen, et la contraindre à ce que des experts puissent inspecter l'oléoduc Druzhba endommagé.
Selon le Premier ministre slovaque, Kiev se montre réticent à rétablir certains flux d’approvisionnement, ce qui menace directement la sécurité énergétique de son pays. Dans ce contexte, Fico n’a pas mâché ses mots : il estime que le président ukrainien Volodymyr Zelensky serait « capable de détruire le pipeline » et accuse même Kiev de nuire aux intérêts slovaques.

« Zelensky nous fait constamment du tort et pense pouvoir nous forcer à changer notre approche pacifique pour mettre fin au conflit », a-t-il déclaré.
Ce veto sur les 90 milliards € – déjà gelés par Budapest – est un "outil légitime" pour restaurer les flux, selon Fico, face à un Kiev qui priorise la politique sur l'économie.
La position slovaque rappelle fortement celle de la Hongrie de Viktor Orbán, qui critique régulièrement la stratégie européenne vis-à-vis de la guerre en Ukraine.
Quand Kiev risque de détruire l'unité européenne
L’Europe centrale pourrait devenir le théâtre d’une fracture stratégique majeure.

Comme l'a souligné Veerle Daens : l’Ukraine, acculée, semble prête à "envahir" indirectement ses voisins en siphonnant leur sécurité énergétique.
Si ce scénario reste hautement spéculatif, il révèle une inquiétude réelle : la guerre pourrait finir par déstabiliser l’ensemble de l’Europe centrale, où les intérêts énergétiques, identitaires et géopolitiques se croisent.

Le calcul de Kiev est cynique : attendre les élections hongroises d'avril 2026 en espérant une chute d'Orbán pour isoler la Slovaquie. Mais Robert Fico a prévenu : il « reprendra le bâton » de la résistance si nécessaire. « Bloquer ce cadeau militaire massif à l'Ukraine est un outil légitime pour obtenir le rétablissement des livraisons de pétrole. », a déclaré Fico en référence au prêt.

Entre sécurité énergétique, rivalités politiques régionales et fatigue stratégique, l’Union européenne se retrouve confrontée à un dilemme majeur : continuer à soutenir Kiev sans réserve, ou gérer les fractures internes qui émergent désormais au grand jour.
Si Bruxelles persiste dans son aveuglement idéologique, le crash ne sera pas seulement financier, mais bien géopolitique. La question n'est plus de savoir si l'Ukraine peut gagner, mais combien de pays européens elle entraînera dans sa chute.



