La Haute Autorité de santé (HAS) publie jeudi 12 février ses recommandations actualisées pour la prise en charge de l'autisme chez les moins de 20 ans. Exit la psychanalyse et une dizaine d'approches connexes (Snoezelen, Doman-Delacato, Padovan): place au rôle des parents et à l'inclusion quotidienne.

Le trouble du spectre de l'autisme (TSA) touche entre 1 et 2 % de la population française, soit environ 100 000 jeunes de moins de 20 ans et 600 000 adultes. Dans un document de 90 pages, assorti d'un argumentaire scientifique de 490 pages, la HAS clarifie les bonnes pratiques. Présidé par la professeure Amaria Baghdadli et Sophie Biette, une mère d'une jeune autiste, le groupe de travail s'est appuyé sur des études récentes et des auditions d'experts. L'objectif : guider professionnels et familles vers des interventions efficaces, en actualisant les protocoles pour nourrissons, enfants et adolescents jusqu'à 20 ans.
Psychanalyse et méthodes non validées déconseillées
Autrefois, on utilisait le terme « troubles envahissants du développement » pour qualifier le TSA. Le changement de la classification médicale de référence est dû à la publication des premières recommandations de la HAS en 2012. Elles ont permis à une compréhension du trouble et des problèmes qui lui sont associés. Les stratégies et les modes d’accompagnement des enfants autistes ont par la suite évolué.

La HAS a continué à suivre de près les travaux et les avancées scientifiques en matière de prise en charge de l’autisme. Le 12 février 2026, elle a publié un document renfermant de nouvelles recommandations visant à améliorer les modes d’accompagnement et les pratiques de soins attribués aux nourrissons, enfants et adolescents atteints du TSA. Le but est de leur garantir un « parcours de vie de qualité » en favorisant leur apprentissage et en les rendant plus autonomes.
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La décision la plus emblématique de la HAS réside dans la non-recommandation explicite de la psychanalyse. Jugée « inefficace » ou reposant sur des « preuves insuffisantes », cette approche, ainsi que la méthode Snoezelen ou encore les méthodes Doman-Delacato et Padovan, sont désormais écartées des bonnes pratiques.
La HAS recommande l’intervention d’une équipe pluridisciplinaire (médical, social, éducatif…) et le recours à des aides techniques comme la téléexpertise et les outils numériques.
L’individu au centre : précocité et environnement
La nouvelle doctrine repose sur un pilier central : l'intervention précoce. La HAS préconise d'agir dès les premiers signaux d'alerte, même chez le nourrisson, sans attendre le tampon administratif d'un diagnostic définitif.
Pour la HAS, les familles occupent une place centrale, elle reconnaît leur expertise quotidienne et préconise la co-construction d’un projet personnalisé. La formation et le soutien des parents sont considérés comme essentiels.

L’accompagnement dépasse le cadre thérapeutique. La scolarisation doit être continue et adaptée, en lien étroit avec les parents. Les équipes éducatives sont invitées à renforcer leur formation aux troubles du neurodéveloppement.
L’accès aux activités culturelles, sportives et de loisirs est également encouragé, avec une adaptation des environnements aux particularités sensorielles et communicationnelles.
Cette stratégie valorise la plasticité cérébrale et le potentiel de chaque enfant. Un suivi médical régulier est recommandé, notamment pour dépister les troubles associés, comme l’épilepsie, les troubles du sommeil ou de l’alimentation.
Avec ces recommandations, la Haute Autorité de santé renforce une ligne directrice : agir précocement et associer pleinement les familles. Un cadre normatif clair, destiné à rationaliser la prise en charge de l’autisme sur l’ensemble du territoire.

