Audiovisuel public : trop cher, trop politisé, trop protégé?

Audiovisuel public : trop cher, trop politisé, trop protégé?


Partager cet article

La commission d'enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public, lancée à l’automne 2025 par le groupe UDR d’Éric Ciotti, continue de gratter là où ça démange : les dépenses folles du service public. Le 28 janvier 2026, Nathalie Saint-Cricq, éditorialiste à France Télévisions, a été auditionnée aux côtés d’Alexandre Kara et Muriel Pleynet. Le rapporteur Charles Alloncle a pointé du doigt les salaires : 72 000 € brut moyen annuel à France Télévisions contre 67 000 € dans le privé. Un privilège de caste qui interroge.

La commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur la neutralité et le financement de l’audiovisuel public agit comme un révélateur. Derrière le discours de service public, se dessine un système coûteux, peu concurrentiel et structurellement dépendant de l’argent du contribuable. L’audition de Nathalie Saint-Cricq en est une illustration emblématique.

Des salaires publics supérieurs au privé

Lors de son audition, le député UDR Charles Alloncle a rappelé un chiffre clé : 72 000 euros de salaire moyen annuel à France Télévisions, contre 67 000 euros dans l’audiovisuel privé. Un écart difficilement justifiable dans un secteur censé faire preuve de sobriété budgétaire.

Commission d’enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public
Commission d’enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public : composition, agenda, actualités, comptes rendus de réunions, rapports au fond, rapports pour avis, Missions d’information, Missions flashs, Missions de suivi, Groupes de travail, rapports d’information, vidéos, archives)

Cette différence contredit un argument souvent avancé par les dirigeants de l’audiovisuel public : celui d’un manque d’attractivité face au privé. En réalité, la sécurité de l’emploi, la visibilité médiatique et les rémunérations élevées composent un modèle largement protégé de la concurrence.

Nathalie Saint-Cricq et la question de l’impôt

Interrogée sur sa rémunération, Saint-Cricq a renvoyé vers la "data room" de France Télévisions, où les chiffres sont consultables. Elle avait déjà révélé en juillet sur RTL toucher 5 789 € nets par mois.

France Télévision : censure, discriminations, privilèges et idéologie, par Michel Goldstein
Les jeux sont-ils déjà faits pour l’élection à la présidence de France Télévisions ? Delphine Ernotte va-t-elle être renouvelée dans

Elle a même glissé n’avoir pas été attirée par "l’appât du gain" – après dix ans de travail bénévole le week-end sur France Inter. Le député Alloncle a noté ce "refus" de transparence publique, soulignant que ces salaires sont payés par l’impôt des Français.

Le contribuable finance, sans possibilité de choix, des éditorialistes et cadres bénéficiant de conditions souvent plus favorables que celles du marché libre.

Neutralité, entre-soi et conflits d’intérêts

Au-delà des salaires, la commission s’interroge sur de potentielles collusions idéologiques. Le cas de Léa Salamé, en couple avec Raphaël Glucksmann, possible candidat à la présidentielle, illustre les limites du système. Nathalie Saint-Cricq lui a publiquement apporté son soutien, invoquant une confiance personnelle plutôt qu’un cadre institutionnel strict.

Omerta médiatique: pourquoi Patrick Cohen est-il intouchable?
Depuis la diffusion d’une vidéo compromettante montrant Patrick Cohen et Thomas Legrand en pleine discussion avec des responsables socialistes, le service public audiovisuel est en crise. France Télévisions a rapidement blanchi Cohen, et la présidente de Radio France, Sibyle Veil, a dénoncé une « campagne de déstabilisation ». Résultat : au lieu

Dans un environnement financé par l’impôt, cette approche pose question. La neutralité ne peut reposer sur des déclarations d’intention.

En France, la légitimité de l'audiovisuel public est morte. Pourquoi obliger les Français à financer un média qui ne les représente pas et qui coûte plus cher que ses concurrents libres ? La seule solution libérale et démocratique est simple : la vente à la découpe de ces entités. La fin de ce privilège de caste est une urgence budgétaire et morale.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Stratégie d'épargne : qu'est-ce qu'un actif de chaos, par Vincent Clairmont

Stratégie d'épargne : qu'est-ce qu'un actif de chaos, par Vincent Clairmont

Dans la Stratégie Barbell (ou stratégie de la "barre d'haltères"), popularisée par l'auteur et ancien trader Nassim Taleb, un actif de chaos (ou pôle spéculatif) désigne l'extrémité agressive et hautement risquée du portefeuille. Contrairement à une allocation classique qui cherche un juste milieu, cette stratégie rejette la zone médiane pour se concentrer sur deux extrêmes. Retrouvez, en fin d'article, notre Guide initial de la Barbell Strategy (1er novembre 2025). Ce Guide opérationnel vou


Rédaction

Rédaction

Faut-il succomber à la tentation des comptes rémunérés Wise? par Vincent Clairmont

Faut-il succomber à la tentation des comptes rémunérés Wise? par Vincent Clairmont

Nous sommes en février 2026, et si vous suivez régulièrement mes analyses, vous savez que le paysage de l’épargne française a bien changé. Avec un Livret A qui plafonne désormais à 1,5%, beaucoup d'entre vous se sentent légitimement frustrés. C’est dans ce contexte que la solution « Intérêts » de la fintech Wise attire tous les regards. Mais attention : derrière la promesse de taux séduisants se cache une mécanique d'investissement qu'il faut comprendre avant de cliquer sur « Activer ». Voici


Rédaction

Rédaction

Une semaine dans la guerre d'Iran, vue d'Iran, par Thibault de Varenne

Une semaine dans la guerre d'Iran, vue d'Iran, par Thibault de Varenne

Alors que le conflit entre dans sa quatrième semaine, les sources non-occidentales — notamment iraniennes, turques, arabes, russes et chinoises — dépeignent une réalité opérationnelle où la supériorité technologique de la coalition se heurte à une résilience asymétrique et à une profondeur stratégique iranienne alimentée par un soutien technique extérieur discret mais déterminant. Cette période est marquée par le passage d'une campagne de frappes chirurgicales à une guerre globale des infrastru


Rédaction

Rédaction

Une semaine dans la Guerre d'Iran, vue d'Occident, par Thibault de Varenne

Une semaine dans la Guerre d'Iran, vue d'Occident, par Thibault de Varenne

La période s'étendant du 21 au 28 mars 2026 représente une phase de transition critique. Cette séquence se caractérise par un glissement doctrinal de la coalition américano-israélienne : passant d'une campagne de bombardements stratégiques à une guerre d'attrition industrielle et infrastructurelle, tout en préparant activement le terrain pour d'éventuelles opérations aéroterrestres. L'analyse de cette semaine charnière révèle non seulement l'état de dégradation des forces de la République islam


Rédaction

Rédaction