Le nombre d’arrêts maladie a bondi de 50 % depuis 2019 selon l’assureur AXA, touchant surtout les moins de 35 ans et les cadres. Face à cette dérive, le Premier ministre Sébastien Lecornu prépare des mesures d’urgence. Louis Sarkozy, lui, va plus loin : il réclame une « thérapie de choc » – licenciement pour faute grave en cas d’abus répétés, sanctions financières sur les médecins pour enrayer ce qu’il qualifie de « dérive ».

Alors que le gouvernement prépare des mesures d'urgence face à un absentéisme record chez les cadres, la sortie de Louis Sarkozy sur la « peur du travail » secoue le débat public. Entre propositions radicales — comme le remboursement des indemnités par les médecins — et critique de la « victimisation » moderne, l'héritier Sarkozy pointe du doigt une vérité qui fâche.
Une explosion chiffrée qui fragilise le modèle social
Selon une étude de l’assureur AXA publiée en 2025, le nombre d’arrêts maladie a bondi de 50 % en six ans. La moyenne atteint désormais plus de 23 jours d’absence par salarié et par an, un niveau historiquement élevé. Fait notable, cette progression concerne prioritairement les moins de 35 ans et les cadres, catégories traditionnellement moins exposées aux arrêts prolongés.

Cette évolution intervient dans un contexte de tension budgétaire aiguë. Les indemnités journalières versées par la Sécurité sociale dépassent 16 milliards d’euros annuels, un coût en constante augmentation. Le Premier ministre Sébastien Lecornu évoque une « dérive préoccupante » et prépare un durcissement des règles, notamment sur les contrôles et les jours de carence.

Au cœur du problème : un système perçu comme permissif, où la prescription médicale devient un point de fragilité. La hausse des arrêts interroge autant sur la santé réelle des salariés que sur les incitations économiques et culturelles à s’absenter.
La « thérapie de choc » : discipline, contrôle et responsabilisation
C’est dans ce contexte que Louis Sarkozy, sur Voix de droite (RMC), ne mâche pas ses mots. Sa proposition : faire de tout arrêt frauduleux un motif de licenciement pour faute grave, en particulier en cas de récidive. Côté médecins, il préconise un contrôle renforcé via un second avis obligatoire pour les arrêts longs, ainsi que l’usage de l’intelligence artificielle pour détecter les prescripteurs atypiques.

Plus encore, il suggère une responsabilisation financière directe des praticiens : en cas de fraude avérée, ceux-ci devraient rembourser les indemnités versées. Une mesure juridiquement explosive, qui déplacerait le risque vers les médecins et poserait la question de leur indépendance.
Autre levier : le renforcement des jours de carence, jusqu’à cinq selon lui, notamment dans la fonction publique. L’objectif est clair : réintroduire un coût immédiat à l’absence et casser ce qu’il décrit comme une « irresponsabilité subventionnée ».

Pour beaucoup, la radicalité des propositions de Louis Sarkozy s’inscrit davantage dans une logique médiatique que dans une stratégie politique. N'ayant aucun mandat, c'est un commentateur qui cherche à exister dans le débat public grâce au capital symbolique de Nicolas Sarkozy. En somme, plus faiseur de bruit que faiseur de politique.
Et pendant ce temps, le gouvernement Lecornu prépare ses propres mesures, moins spectaculaires, mais tout aussi inefficaces si elles ne s’attaquent pas au management toxique et au sens du travail.
La « thérapie de choc » de Louis Sarkozy a au moins un mérite : elle met le doigt sur l’abcès.





