La finance moderne ressemble souvent à un asile psychiatrique géré par les patients eux-mêmes. Entre les algorithmes névrosés qui achètent et vendent en une fraction de seconde et la religion du « tout à l’indice » (ETF) qui sanctifie la paresse intellectuelle, l’investisseur long terme sérieux est traité comme un fossile. Pourtant, au milieu de ce vacarme absurde, quelques esprits clairs persistent à rappeler une vérité élémentaire, mais oubliée : placer son épargne en Bourse n’est pas parier sur des lignes de code, mais posséder réellement des entreprises.
C’est ici qu’intervient la méthode de François Rochon, ex-ingénieur en génie électrique et fondateur en 1998 de la firme d'investissement montréalaise Giverny Capital : pas de fioritures académiques, pas de modèles mathématiques indigestes qui ne servent qu’à masquer l’incompétence des gestionnaires de fonds traditionnels. Rochon, c’est le retour au bon sens paysan appliqué à la haute finance. Voici pourquoi son approche est, tout particulièrement en 2026, l’antidote indispensable au masochisme collectif des marchés.

Le culte de l’exceptionnel
La plupart des gens diversifient leur portefeuille jusqu'à l'absurde, diluant leurs gains dans un océan de médiocrité sous prétexte de « réduire le risque ». C’est une erreur tragique. La méthode Rochon part du postulat inverse : pourquoi posséder 500 entreprises moyennes quand on peut en détenir 10 exceptionnelles ?
Une entreprise exceptionnelle, ce n’est pas une start-up qui brûle du cash en vendant du vent : c’est « une forteresse ». Les critères qui ont conduit son fonds au succès sont d’une clarté chirurgicale : un ROE (return on equity, rendement sur capitaux propres) supérieur à 15%, une croissance du bénéfice par action (BPA) de plus de 10% et un ratio dette/profits qui ne dépasse jamais 4. Si la firme ne peut pas se financer elle-même sans mendier auprès des banques, elle ne mérite pas votre épargne ! C’est la sélection darwinienne appliquée au bilan comptable.
Le modèle économique n’est pas un détail
Au-delà des chiffres, il y a la réalité du terrain. Rochon ne cherche pas à faire des « coups de bourse » : il cherche des « monopoles moraux », c’est-à-dire des leaders de marché dotés d’avantages compétitifs durables (ce fameux « fossé » cher à Warren Buffett) et, surtout, une faible cyclicité. Si votre entreprise dépend du bon vouloir d’un comité de régulation ou du prix du baril de pétrole pour survivre, vous n’êtes pas un investisseur, vous êtes une victime en sursis…
